12 suggestions de livres québécois… en histoire gourmande!

«Nourrir» son intérêt pour le passé gastronomique du Québec

cferland-livres-gourmandsBon, je fais vite. J’ai des millions de choses à faire, comme chacun de nous en ce monde. Mais j’aime beaucoup le 12 août et sa sympathique injonction «J’achète un livre québécois». Étant spécialiste d’histoire gourmande, j’y vais donc de mon propre palmarès des ouvrages qui vous permettront (oui, oui!) d’en apprendre plus sur les aliments ainsi que sur les manières de boire et manger des Québécois… avec bien sûr une insistance sur ma période fétiche, la Nouvelle-France. Bonne lecture!

  1. Martin Fournier, Jardins et potagers de la Nouvelle-France. Joie de vivre et patrimoine culinaire. Québec, Septentrion, 2004, 246 pages.
  2. Jean-Marie Francoeur, Genèse de la cuisine québécoise, à travers ses grandes et ses petites histoires. Montréal, Fides, 2011, 608 pages.
  3. Hélène-Andrée Bizier, Le menu quotidien en Nouvelle-France. Montréal, Art global, 2005, 125 pages.
  4. Julie Perreault, Les vins du Québec. Vignobles, vignerons et vins d’ici. Montréal, Transcontinental, 2009. (Difficile à trouver en librairie mais possiblement disponible à votre bibliothèque locale)
  5. Yvon Desloges, À table en Nouvelle-France. Alimentation populaire, gastronomie et traditions alimentaires dans la vallée laurentienne avant l’avènement des restaurants. Québec, Septentrion, 2009, 240 pages.
  6. Normand Cazelais, Boire et déboires. Histoires d’alcool au Québec. Montréal, Transcontinental, 2014, 184 pages.
  7. Paul-Louis Martin, Les fruits du Québec. Histoire et traditions des douceurs de la table. Québec, Septentrion, 2002, 224 pages.
  8. Bernard Audet, Se nourrir au quotidien en Nouvelle-France. Québec, Éditions GID, 2001, 368 pages.Sylvain Daignault, Histoire de la bière au Québec. Montréal, Broquet, 2006, 182 pages.
  9. Vincent Parisien, Le bec sucré. Panorama d’une passion québécoise. Montréal, Héliotrope, 2013, 224 pages.
  10. Michel Lambert, Histoire de la cuisine familiale du Québec – Volume 4 : La plaine du Saint-Laurent et les produits de la ferme traditionnelle. Québec, Éditions GID, 2012, 1104 pages.
  11. Jacques Dorion, Les terroirs du Québec. Montréal, Trécarré, 2003, 446 pages. (Épuisé, mais tentez votre chance à la bibliothèque)

Je me suis limitée à douze titres pour respecter le «nombre concept», mais la liste aurait facilement pu doubler. Je me reprendrai l’an prochain, tiens! Et comme j’ai résisté à l’envie de ploguer mes propres écrits à même cette énumération, je me permets de le faire ici. Ah ah ah!

Et je vous promets pour très bientôt la suite de mes fameux «commandements» de l’historien, dont vous avez tant apprécié la première partie.

Bises.

Catherine

Catherine Ferland est historienne, auteure et conférencière. Depuis 15 ans, ses thématiques de prédilection – histoire de l’alimentation, des boissons alcooliques, des petits produits «plaisir» et de la culture en général – lui donnent la chance de participer régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de l’amener à faire des conférences aux quatre coins du Québec.
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12 idées pour découvrir et faire connaître le vin québécois

domaine3moulinsInspiré par le mouvement «Achetons un livre québécois», quelqu’un a eu l’excellente idée de démarrer le mouvement «Le 12 septembre, je déguste un vin québécois».Il faut savoir que la viniculture est à la fois ancienne et nouvelle au Québec. Si on a essayé de faire du vin dès l’époque de la Nouvelle-France, il y a à peine 40 ans qu’on trouve de véritables (et durables) vignobles ici.

Que vous soyez déjà connaisseur ou que vous vouliez simplement faire votre part pour encourager les producteurs d’ici, c’est un rendez-vous! Afin d’encourager cette initiative à ma façon, voici ma liste de 12 idées pour découvrir et faire connaître les vins du Québec, le 12 septembre mais aussi et surtout toute l’année. Santé!

1. À la SAQ, contourner les étalages de vins en promo pour repérer plutôt l’étalage «Origine Québec».

Certains vignobles d’Europe ou d’ailleurs, établis depuis longtemps, disposent de budgets promotionnels faramineux qui leur permettent de se payer des étalages spéciaux, de pleines pages dans les circulaires de la SAQ… et d’offrir des dégustations en succursale. Ce n’est pas encore le cas de nos vignerons québécois, dont plusieurs ne sont même pas encore distribués par la société d’État. Alors la moindre des choses est d’aller au moins voir ce qu’il y a de disponible dans la section «Origine Québec», reconnaissable grâce à son joli logo bleu et blanc. Laissez-vous surprendre!

SOCIÉTÉ DES ALCOOLS DU QUÉBEC - SAQ - Logo Origine Québec

2. Lorsque vous êtes invité quelque part, apportez une bouteille de vin québécois en guise de «cadeau d’hôtesse».

Je vous rassure: il n’existe aucune règle non-écrite qui stipule que seuls les vins de France, d’Australie, d’Italie ou d’Argentine sont des cadeaux acceptables! Si vous ne savez pas quel vin du Québec choisir pour donner en cadeau, l’idée #3 est pour vous.

3. Pour vous guider dans vos choix, fiez-vous aux prix remportés par certains vins québécois.

cferland-prix-vinsLes vins du Québec remportent des prix dans de prestigieuses compétitions nationales et internationales. Oui, oui! Alors pour débuter, il peut être intéressant de repérer les petits autocollants indiquant «Finger Lakes International Wine Competition», «Coupe des nations», «Vinalies Internationales» ou «All Canadian Wine Championships»… vous avez compris l’idée. Lorsque vous aurez appris à reconnaître vos cépages favoris, vous pourrez vous permettre d’être plus aventureux… puisque, il faut bien le dire, ce ne sont pas tous les vins d’ici qui sont mis en lice dans ces concours, souvent parce que cela coûte cher aux vignerons pour y inscrire leurs produits. Voilà pourquoi de très bons vins ne sont pas primés. Il sera toujours le temps de les découvrir ou de vous les faire recommander par vos collègues et amis!

4. Organisez une petite dégustation de vins et fromages du Québec.

Réunissez quelques personnes pour essayer des vins québécois accompagnés de nos succulents fromages d’ici. Voici d’ailleurs quelques propositions d’accords tirés du livre d’Amélie Tendland, Fromages: 100 produits du Québec à découvrir (Éditions Caractère, 2010).

LES BLANCS

LES ROUGES

LES FORTIFIÉS

5. Cuisinez avec du vin du Québec.

cferland-vinsquebecMais oui, pourquoi pas! Par exemple, pour un repas à 2, versez le vin dans un décanteur ou une carafe tout en réservant une demi-tasse pour déglacer un poêlon, parfumer la sauce, donner du caractère au bouillon, ou tout autre usage en cuisine. Amusez-vous. L’harmonie est assurée!

6. Visitez les vignobles de votre région.

La majorité des vignobles disposent d’installations d’accueil et proposent des visites libres ou guidées. Marcher entre les ceps, humer l’air, admirer les chais, goûter les vins, faire un pique-nique… Une belle sortie, même avec des enfants!

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Visite au vignoble, 2014. Crédit photo: Éric Therriault.

7. Participez aux vendanges.

Plusieurs vignobles du Québec offrent cette possibilité entre la fin septembre et la mi-octobre, selon les régions et les cépages. Le repas du midi ou du soir est fourni en échange de votre labeur, et vous pouvez vous procurer du vin au tarif généralement réservé aux employés. Informez-vous… mais faites vite: il faut réserver.

8. Lorsque vous recevez à la maison, profitez-en pour faire découvrir un nouveau vin québécois à vos invités.

Servez un vin du Québec à l’apéro avec des bouchées, présentez un bon rouge avec votre célèbre lasagne, ouvrez un vin fortifié en guise de digestif… et préparez-vous à répondre aux questions enthousiastes de vos visiteurs!

9. Au resto, demandez au serveur ou au sommelier quels sont les vins du Québec disponibles.

DSC_0033Les restaurants commencent timidement à offrir des vins québécois. Montrez votre intérêt en demandant au personnel de l’établissement quels sont les produits du Québec disponibles. Si plusieurs clients font ce type de demande, les restaurateurs emboiteront le pas et se mettront à en offrir davantage.

10. Fréquentez les marchés publics et les boutiques spécialisées en produits du terroir.

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Si les grandes agglomérations urbaines ont souvent un ou plusieurs marchés (Montréal est une ville choyée, vu sa densité de population), bien des villes et villages du Québec ont des marchés publics saisonniers ou annuels où sont distribués des vins du Québec. Visitez la page de l’Association des marchés publics du Québec pour localiser celui le plus près de chez vous. Plusieurs vignobles ou regroupements de vignobles y ont des kiosques.

11. Pour vos cocktails et apéros, utilisez du vin du Québec.

On pense spontanément au kir, ce vin blanc sec coloré d’un peu de liqueur de cassis, mais il peut aussi s’agir d’autre chose. Et lors des froides journées d’automne ou d’hiver, pourquoi ne pas vous concocter un vin chaud à base de produits du Québec, de poivre des dunes et autres aromates d’ici?

12. Lors de la prochaine activité sociale avec le bureau, qu’il s’agisse d’un 5 à 7 ou d’un souper au resto, apportez ou commandez du vin québécois.

Faites rayonner les vins du Québec dans votre propre cercle d’influence et donnez l’exemple à vos collègues et relations d’affaires. Au resto, lorsque les vins sont offerts au verre, saisissez l’occasion de goûter (et faire goûter) des produits que vous ne connaissez pas encore.

BONUS: Lorsqu’un vin québécois vous plaît, parlez-en à vos proches.

Annoncez vos coups de cœur à vos parents, amis et collègues de travail. Si vous êtes un adepte des médias sociaux, publiez une photo et un petit commentaire sur Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest… Vous pourriez être surpris de la réaction positive qui s’ensuivra.

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Catherine Ferland, porte-parole des Fêtes Gourmandes de Neuville 2014. Crédit photo: Catherine Gosselin, attachée politique de Michel Matte, député de Portneuf

Acheter du vin québécois, c’est un geste qui dépasse le simple acte de dépenser puis de consommer: c’est montrer votre fierté d’être Québécois et votre soutien à l’économie locale. Boire un vin du Québec est une manière très concrète d’appuyer ce qui se fait de beau et de bon ici, grâce à la ténacité de nos vignerons. En 2014, il est plus que temps de donner la chance au coureur (tiens, ça me fait penser au Vignoble du Marathonien!), de surmonter les préjugés et de mettre des vins d’ici sur nos tables.

Et vous, prendrez-vous part au mouvement? 🙂

– Catherine

 

Catherine Ferland est historienne, auteure et conférencière. Depuis 15 ans, ses thématiques de prédilection – histoire de l’alimentation, des boissons alcooliques, des petits produits «plaisir» – lui offrent l’occasion de participer régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de l’amener à faire des conférences aux quatre coins du Québec.