12 suggestions de livres québécois… en histoire gourmande!

«Nourrir» son intérêt pour le passé gastronomique du Québec

cferland-livres-gourmandsBon, je fais vite. J’ai des millions de choses à faire, comme chacun de nous en ce monde. Mais j’aime beaucoup le 12 août et sa sympathique injonction «J’achète un livre québécois». Étant spécialiste d’histoire gourmande, j’y vais donc de mon propre palmarès des ouvrages qui vous permettront (oui, oui!) d’en apprendre plus sur les aliments ainsi que sur les manières de boire et manger des Québécois… avec bien sûr une insistance sur ma période fétiche, la Nouvelle-France. Bonne lecture!

  1. Martin Fournier, Jardins et potagers de la Nouvelle-France. Joie de vivre et patrimoine culinaire. Québec, Septentrion, 2004, 246 pages.
  2. Jean-Marie Francoeur, Genèse de la cuisine québécoise, à travers ses grandes et ses petites histoires. Montréal, Fides, 2011, 608 pages.
  3. Hélène-Andrée Bizier, Le menu quotidien en Nouvelle-France. Montréal, Art global, 2005, 125 pages.
  4. Julie Perreault, Les vins du Québec. Vignobles, vignerons et vins d’ici. Montréal, Transcontinental, 2009. (Difficile à trouver en librairie mais possiblement disponible à votre bibliothèque locale)
  5. Yvon Desloges, À table en Nouvelle-France. Alimentation populaire, gastronomie et traditions alimentaires dans la vallée laurentienne avant l’avènement des restaurants. Québec, Septentrion, 2009, 240 pages.
  6. Normand Cazelais, Boire et déboires. Histoires d’alcool au Québec. Montréal, Transcontinental, 2014, 184 pages.
  7. Paul-Louis Martin, Les fruits du Québec. Histoire et traditions des douceurs de la table. Québec, Septentrion, 2002, 224 pages.
  8. Bernard Audet, Se nourrir au quotidien en Nouvelle-France. Québec, Éditions GID, 2001, 368 pages.Sylvain Daignault, Histoire de la bière au Québec. Montréal, Broquet, 2006, 182 pages.
  9. Vincent Parisien, Le bec sucré. Panorama d’une passion québécoise. Montréal, Héliotrope, 2013, 224 pages.
  10. Michel Lambert, Histoire de la cuisine familiale du Québec – Volume 4 : La plaine du Saint-Laurent et les produits de la ferme traditionnelle. Québec, Éditions GID, 2012, 1104 pages.
  11. Jacques Dorion, Les terroirs du Québec. Montréal, Trécarré, 2003, 446 pages. (Épuisé, mais tentez votre chance à la bibliothèque)

Je me suis limitée à douze titres pour respecter le «nombre concept», mais la liste aurait facilement pu doubler. Je me reprendrai l’an prochain, tiens! Et comme j’ai résisté à l’envie de ploguer mes propres écrits à même cette énumération, je me permets de le faire ici. Ah ah ah!

Et je vous promets pour très bientôt la suite de mes fameux «commandements» de l’historien, dont vous avez tant apprécié la première partie.

Bises.

Catherine

Catherine Ferland est historienne, auteure et conférencière. Depuis 15 ans, ses thématiques de prédilection – histoire de l’alimentation, des boissons alcooliques, des petits produits «plaisir» et de la culture en général – lui donnent la chance de participer régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de l’amener à faire des conférences aux quatre coins du Québec.

Contre la grisaille automnale

L’automne, nombreux sont ceux qui commencent à ressentir les effets du manque de lumière, de la pluie et de la grisaille.

Nos aïeuls n’y échappaient pas… sauf qu’au lieu de se procurer de la vitamine C à la pharmacie la plus proche, ils recouraient volontiers aux pilules, décoctions spéciales et «toniques» vendus par correspondance pour remédier à l’anémie, à la chlorose6883, à la débilité et au surmenage… Certaines se ces préparations comportaient de fortes doses d’alcool – ce n’est pas un grand mal, me direz-vous – mais aussi des ingrédients moins inoffensifs comme de l’extrait de cocaïne, de la morphine, des métaux lourds et des produits qui, de nos jours, seraient évidemment proscrits. Une imagerie soignée venait en renfort publicitaire: les revues et journaux anciens en sont remplis.

Un petit verre de vin Biquina avec ça?

«Vin Biquina: le plus agréable des apéritifs, le plus puissant des toniques», publicité parue dans L’album universel, vol. 22, no 1128 (2 décembre 1905), dernière page. Source: Bibliothèque et archives nationales du Québec, collection numérique d’images anciennes, no. 6883. Domaine public.

 

Catherine Ferland est historienne, auteure et conférencière. Depuis 15 ans, ses thématiques de prédilection – histoire de l’alimentation, des boissons alcooliques, des petits produits «plaisir» – lui offrent l’occasion de participer régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de l’amener à faire des conférences aux quatre coins du Québec.

12 idées pour découvrir et faire connaître le vin québécois

domaine3moulinsInspiré par le mouvement «Achetons un livre québécois», quelqu’un a eu l’excellente idée de démarrer le mouvement «Le 12 septembre, je déguste un vin québécois».Il faut savoir que la viniculture est à la fois ancienne et nouvelle au Québec. Si on a essayé de faire du vin dès l’époque de la Nouvelle-France, il y a à peine 40 ans qu’on trouve de véritables (et durables) vignobles ici.

Que vous soyez déjà connaisseur ou que vous vouliez simplement faire votre part pour encourager les producteurs d’ici, c’est un rendez-vous! Afin d’encourager cette initiative à ma façon, voici ma liste de 12 idées pour découvrir et faire connaître les vins du Québec, le 12 septembre mais aussi et surtout toute l’année. Santé!

1. À la SAQ, contourner les étalages de vins en promo pour repérer plutôt l’étalage «Origine Québec».

Certains vignobles d’Europe ou d’ailleurs, établis depuis longtemps, disposent de budgets promotionnels faramineux qui leur permettent de se payer des étalages spéciaux, de pleines pages dans les circulaires de la SAQ… et d’offrir des dégustations en succursale. Ce n’est pas encore le cas de nos vignerons québécois, dont plusieurs ne sont même pas encore distribués par la société d’État. Alors la moindre des choses est d’aller au moins voir ce qu’il y a de disponible dans la section «Origine Québec», reconnaissable grâce à son joli logo bleu et blanc. Laissez-vous surprendre!

SOCIÉTÉ DES ALCOOLS DU QUÉBEC - SAQ - Logo Origine Québec

2. Lorsque vous êtes invité quelque part, apportez une bouteille de vin québécois en guise de «cadeau d’hôtesse».

Je vous rassure: il n’existe aucune règle non-écrite qui stipule que seuls les vins de France, d’Australie, d’Italie ou d’Argentine sont des cadeaux acceptables! Si vous ne savez pas quel vin du Québec choisir pour donner en cadeau, l’idée #3 est pour vous.

3. Pour vous guider dans vos choix, fiez-vous aux prix remportés par certains vins québécois.

cferland-prix-vinsLes vins du Québec remportent des prix dans de prestigieuses compétitions nationales et internationales. Oui, oui! Alors pour débuter, il peut être intéressant de repérer les petits autocollants indiquant «Finger Lakes International Wine Competition», «Coupe des nations», «Vinalies Internationales» ou «All Canadian Wine Championships»… vous avez compris l’idée. Lorsque vous aurez appris à reconnaître vos cépages favoris, vous pourrez vous permettre d’être plus aventureux… puisque, il faut bien le dire, ce ne sont pas tous les vins d’ici qui sont mis en lice dans ces concours, souvent parce que cela coûte cher aux vignerons pour y inscrire leurs produits. Voilà pourquoi de très bons vins ne sont pas primés. Il sera toujours le temps de les découvrir ou de vous les faire recommander par vos collègues et amis!

4. Organisez une petite dégustation de vins et fromages du Québec.

Réunissez quelques personnes pour essayer des vins québécois accompagnés de nos succulents fromages d’ici. Voici d’ailleurs quelques propositions d’accords tirés du livre d’Amélie Tendland, Fromages: 100 produits du Québec à découvrir (Éditions Caractère, 2010).

LES BLANCS

LES ROUGES

LES FORTIFIÉS

5. Cuisinez avec du vin du Québec.

cferland-vinsquebecMais oui, pourquoi pas! Par exemple, pour un repas à 2, versez le vin dans un décanteur ou une carafe tout en réservant une demi-tasse pour déglacer un poêlon, parfumer la sauce, donner du caractère au bouillon, ou tout autre usage en cuisine. Amusez-vous. L’harmonie est assurée!

6. Visitez les vignobles de votre région.

La majorité des vignobles disposent d’installations d’accueil et proposent des visites libres ou guidées. Marcher entre les ceps, humer l’air, admirer les chais, goûter les vins, faire un pique-nique… Une belle sortie, même avec des enfants!

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Visite au vignoble, 2014. Crédit photo: Éric Therriault.

7. Participez aux vendanges.

Plusieurs vignobles du Québec offrent cette possibilité entre la fin septembre et la mi-octobre, selon les régions et les cépages. Le repas du midi ou du soir est fourni en échange de votre labeur, et vous pouvez vous procurer du vin au tarif généralement réservé aux employés. Informez-vous… mais faites vite: il faut réserver.

8. Lorsque vous recevez à la maison, profitez-en pour faire découvrir un nouveau vin québécois à vos invités.

Servez un vin du Québec à l’apéro avec des bouchées, présentez un bon rouge avec votre célèbre lasagne, ouvrez un vin fortifié en guise de digestif… et préparez-vous à répondre aux questions enthousiastes de vos visiteurs!

9. Au resto, demandez au serveur ou au sommelier quels sont les vins du Québec disponibles.

DSC_0033Les restaurants commencent timidement à offrir des vins québécois. Montrez votre intérêt en demandant au personnel de l’établissement quels sont les produits du Québec disponibles. Si plusieurs clients font ce type de demande, les restaurateurs emboiteront le pas et se mettront à en offrir davantage.

10. Fréquentez les marchés publics et les boutiques spécialisées en produits du terroir.

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Si les grandes agglomérations urbaines ont souvent un ou plusieurs marchés (Montréal est une ville choyée, vu sa densité de population), bien des villes et villages du Québec ont des marchés publics saisonniers ou annuels où sont distribués des vins du Québec. Visitez la page de l’Association des marchés publics du Québec pour localiser celui le plus près de chez vous. Plusieurs vignobles ou regroupements de vignobles y ont des kiosques.

11. Pour vos cocktails et apéros, utilisez du vin du Québec.

On pense spontanément au kir, ce vin blanc sec coloré d’un peu de liqueur de cassis, mais il peut aussi s’agir d’autre chose. Et lors des froides journées d’automne ou d’hiver, pourquoi ne pas vous concocter un vin chaud à base de produits du Québec, de poivre des dunes et autres aromates d’ici?

12. Lors de la prochaine activité sociale avec le bureau, qu’il s’agisse d’un 5 à 7 ou d’un souper au resto, apportez ou commandez du vin québécois.

Faites rayonner les vins du Québec dans votre propre cercle d’influence et donnez l’exemple à vos collègues et relations d’affaires. Au resto, lorsque les vins sont offerts au verre, saisissez l’occasion de goûter (et faire goûter) des produits que vous ne connaissez pas encore.

BONUS: Lorsqu’un vin québécois vous plaît, parlez-en à vos proches.

Annoncez vos coups de cœur à vos parents, amis et collègues de travail. Si vous êtes un adepte des médias sociaux, publiez une photo et un petit commentaire sur Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest… Vous pourriez être surpris de la réaction positive qui s’ensuivra.

*

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Catherine Ferland, porte-parole des Fêtes Gourmandes de Neuville 2014. Crédit photo: Catherine Gosselin, attachée politique de Michel Matte, député de Portneuf

Acheter du vin québécois, c’est un geste qui dépasse le simple acte de dépenser puis de consommer: c’est montrer votre fierté d’être Québécois et votre soutien à l’économie locale. Boire un vin du Québec est une manière très concrète d’appuyer ce qui se fait de beau et de bon ici, grâce à la ténacité de nos vignerons. En 2014, il est plus que temps de donner la chance au coureur (tiens, ça me fait penser au Vignoble du Marathonien!), de surmonter les préjugés et de mettre des vins d’ici sur nos tables.

Et vous, prendrez-vous part au mouvement? 🙂

– Catherine

 

Catherine Ferland est historienne, auteure et conférencière. Depuis 15 ans, ses thématiques de prédilection – histoire de l’alimentation, des boissons alcooliques, des petits produits «plaisir» – lui offrent l’occasion de participer régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de l’amener à faire des conférences aux quatre coins du Québec.

Le vin chaud : plaisir épicé avec un zeste d’histoire

vin-chaud-cferlandLe vin chaud est généralement préparé avec une base de vin rouge à laquelle on ajoute des ingrédients sucrés, des fruits – surtout des agrumes – et des épices, dont l’incontournable cannelle, que l’on met à chauffer. On peut aussi le préparer en partie avec du jus de fruits. Afin de réussir sa macération, il faut compter une bonne heure à feu doux. À retenir : la préparation doit frémir mais ne jamais bouillir. Il est possible de préparer le vin chaud la veille… mais plus la cuisson est longue, plus le degré d’alcool diminue.

Consommé avec modération, le vin chaud permettrait d’éloigner le rhume… enfin, c’est ce qu’on dit! 🙂

 

Un zeste d’histoire

gravure-vin-cferlandIl y a plusieurs milliers d’années que l’on connaît les boissons de ce type. Les vins épicés étaient déjà appréciés à l’époque romaine! Le miel était l’un des ingrédients prépondérants avec, bien sûr, le vin : on y ajoutait des épices, des noix et des dattes. Avec l’extension de l’empire romain, les vins épicés seront popularisés un peu partout en Europe. Des variantes médiévales, très sucrées et comportant plusieurs épices comme le clou de girofle et la cannelle, porteront le nom d’hypocras. À la faveur des grandes explorations, de nouveaux aromates comme la cardamome ainsi que les agrumes viendront accroître les possibilités de mélanges.

Les épices et autres ajouts permettent au liquide de se conserver beaucoup plus longtemps sans s’oxyder et lui confèrent aussi beaucoup de valeur. Le vin épicé est consommé lors des repas et des banquets car il facilite, croit-on, la digestion. On l’offre aussi en cadeau. D’illustres personnages l’apprécient beaucoup : c’est le cas du roi de France Louis XIV!

L’usage de servir chaud le vin épicé, surtout pendant les froides journées d’hiver, provient du nord de l’Europe. Cette pratique y est encore très populaire. Le glühwein, comme on l’appelle dans les pays germaniques, est servi entre autres pendant les marchés de Noël allemands, alsaciens et autrichiens. Il est parfois servi dans des pots marqués de la date du marché de Noël où le vin chaud a été vendu. Les clients peuvent décider de le conserver ou alors le rapporter contre une consigne.

pont-glace-buvette-cferlandAu Québec, il y a longtemps que les boissons à base de vin rouge épicé sont appréciées. À l’époque de la Nouvelle-France, les habitants aimaient boire du rossoli, une eau-de-vie de vin (brandy) aromatisée aux épices et aux agrumes. Au fil du temps, le goût des Britanniques pour les divers punchs et grogs a contribué à maintenir cet intérêt. Vers 1850, les ponts de glace qui permettaient de traverser de la rive nord à la rive sud du Saint-Laurent, notamment devant la ville de Québec, étaient ponctuées de buvettes où l’on servait du vin chaud. Cette tradition s’est évidemment perdue avec l’apparition des brise-glace et des traversiers ainsi que la construction des ponts.

De nos jours, on consomme encore des boissons chaudes épicées en certaines occasions hivernales. Entre autres dans le temps du Carnaval, alors que l’on ressort nos vieilles recettes et, en les mettant au goût du jour, on élabore le célèbre caribou!

 

Recette de vin chaud épicé pour 8 personnes

Ingrédients liquides :

  • Un litre de vin rouge (par exemple pinot noir ou gamay, mais c’est vraiement au goût)
  • Un demi-litre de jus de petits fruits, sans sucre ajouté (canneberge, framboises, cassis, etc.)
  • Une tasse d’infusion (thé ou tisane) aux épices ou à la bergamote
  • Une demi-tasse de vin fortifié de type porto
  • Une demi-tasse d’alcool fort: rhum, cognac, brandy, sherry, voire Southern Comfort
  • Un quart de tasse de crème de cassis, de mûre ou de framboise

Ingrédients sucrés :

  • Un quart de tasse de sucre, sucre de canne roux ou cassonade
  • Deux cuillers à soupe de miel ou de sirop d’érable

Ingrédients fruités :

  • Une tasse de fruits en dés : citrons, oranges, clémentines, pommes (bien laver la pelure)
  • Un quart de tasse de raisins secs et/ou de figues hachées
  • Zeste de deux ou trois agrumes

Ingrédients épicés :

  • Deux bâtons de cannelle ou 1 c. à soupe de cannelle moulue
  • Deux ou trois clous de girofle
  • Un peu de muscade râpée
  • Une gousse de vanille (ou 1 c. à thé d’extrait de vanille)
  • Dix grains de poivre noir
  • Bonus, si vous aimez : une touche de cardamome, gingembre, citronnelle ou genièvre

Préparation

  • Quelques heures avant, faire macérer les dés de fruits (oranges, citrons, pommes, clémentines) dans un peu d’alcool (porto, rhum ou autre).
  • Dans une casserole ou à la mijoteuse, faire chauffer (sans le laisser bouillir!) le vin avec les ingrédients épicés (cannelle, poivre, vanille, etc.) pendant 30 à 120 minutes.
  • Filtrer à l’aide d’une passoire pour retirer les épices.
  • Ajouter les ingrédients sucrés, les fruits macérés, les zestes, le porto et la crème de cassis/mûre/framboise.
  • Refaire chauffer à feu doux pendant une vingtaine de minutes ou remettre à la mijoteuse au niveau le plus bas.

Service du vin chaud épicé

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L’idéal est de servir le vin chaud épicé dans de petites tasses de verre ou de grès. On peut décorer, si on le désire, d’un bâton de cannelle et d’une rondelle d’agrume.

Si la saveur épicée est trop prononcée, il est possible de diluer le vin avec un peu d’eau ou de jus de pomme. Ou, pour les plus audacieux, d’alcool…

Au niveau des accords vins-mets, disons que le vin chaud épicé se déguste bien avec une tranche de gâteau aux fruits, une poignée de noix, un biscuit aux raisins secs ou des fromages au goût prononcé, par exemple un bon cheddar vieilli.

Le vin épicé peut se conserver jusqu’à une semaine au réfrigérateur. Il gagnera même en saveur! Il suffira de le faire réchauffer, toujours en évitant de bouillir.

*

À votre santé! Que cette période de réjouissances ainsi que la nouvelle année vous apportent bonheur, chaleur et prospérité!

Catherine

voeux-cferland

Bordeaux, radio, boulot

J’émerge d’un enivrant maelström (oui, le mot est choisi) : il y a une dizaine de jours prenait fin Bordeaux fête le vin à Québec, un événement auquel j’ai eu l’immense plaisir de participer à titre de conférencière et qui m’a permis de faire la rencontre de gens intéressants et passionnés. Et de découvrir d’excellents vins, évidemment. Une chose en entraînant une autre, de bien belles occasions se dessinent pour moi – tant au niveau professionnel qu’au niveau humain – et j’en éprouve une grande gratitude envers la Vie! Laissez-moi vous raconter tout ça!

Bordeaux fête le vin, la «grande fête épicurienne»

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La foule présente lors de la dernière soirée de Bordeaux fête le vin, 1er septembre 2013. Photo: Renaud Philippe

Imaginez des centaines de personnes, verre de vin à la main, déambulant sur un magnifique site en plein air, où ils ont l’occasion de goûter à des crus allant de très bons à exceptionnels. Imaginez plusieurs dizaines de vignerons venus des différentes régions entourant Bordeaux, affairés à faire découvrir leurs produits aux Québécois. Sourire aux lèvres, chacun côtoie son prochain dans une bonne humeur générale. Les bermudas et gougounes de plage croisent les robes fancy et les petits talons. Certains grignotent un petit quelque chose, qui un satay de canard du MC Chef ou un tartare de boeuf du SSS, qui un cornet de jambon de Bayonne ou des macarons spécialement conçus pour l’événement par la chef Isabelle Plante, du 47e Parallèle. On entend s’exclamer les heureux participants: «Eh, j’ai goûté un super bon liquoreux à la tente des Sweet Bordeaux!» «Va essayer le Château Untel, au pavillon Médoc et Graves!» et tutti quanti. Ou, plus simplement, fusent ici et là des «Oh wow! Que c’est génial d’être ici!»

Organisé par la firme 3E, qui gère de gros événements dont le Festival d’été de Québec, Bordeaux fête le vin est indubitablement une fabuleuse réussite.

J’ai eu de belles opportunités d’en parler, d’abord à la radio, puis à la télé, pendant la semaine de l’événement, comme je le décris plus bas dans ce billet.

Une longue histoire d’amour avec Québec

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Mon «bébé», Bacchus en Canada, a peut-être 3 ans, mais il suscite encore beaucoup d’intérêt! Photo: Luc Blain.

Du jeudi 29 août au dimanche 1er septembre, j’ai donc eu le plaisir d’investir la scène principale du site, à Espace 400e, pour raconter la longue histoire d’amour des Québécois pour les vins de Bordeaux.

Quiconque de plus de 50 ans sait que les Québécois ont longtemps boudé le vin, lui préférant la bière ou le «fort» (dry gin, crème de menthe pour les matantes, etc.) : c’est assez récemment que l’on a découvert – ou plutôt redécouvert – le vin. L’offre actuelle dans les différents points de vente a littéralement explosé depuis les deux dernières décennies.

Pourtant, il fut un temps où les gens de Québec étaient friands de vin. Et tout particulièrement de vin de Bordeaux! Mes recherches sur l’histoire de la consommation d’alcool en Nouvelle-France, dont j’ai publié les résultats dans le bouquin Bacchus en Canada, m’ont permis de découvrir à quel point le jus de la vigne faisait partie de la vie quotidienne de nos ancêtres. Après quelques essais vinicoles plutôt décevants avec les vignes indigènes, puis des tentatives d’acclimatation ratées des vignes françaises – avec les moyens techniques de l’époque, c’était du pur héroïsme de faire du vin ici! – les gens de la Nouvelle-France se sont rabattus sur l’importation.

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Bouteilles de vin de France retrouvées à Québec par les archéologues. Arrière-plan: vigne canadienne sur tuteur. Montage: Catherine Ferland.

Si c’était plutôt La Rochelle qui envoyait ici ses navires au 17e siècle, le port de Bordeaux lui a royalement damé le pion à partir du début du 18e siècle. Et cette ville jouissait d’un avantage commercial très particulier, le Privilège de Bordeaux, ce qui lui permettrait d’expédier ses propres vins avant «d’accommoder» les autres régions. C’est ce qui fait que le vin de Bordeaux représentait environ 90% de tout le vin qu’on pouvait trouver dans la ville de Québec entre 1700 et 1760! Ce n’est pas rien. Notre «carte des vins» locale était plus variée que celle qu’on aurait pu trouver dans une ville de même taille en France pendant cette période!

Évidemment, la Conquête britannique a changé la donne en introduisant ici un goût prononcé pour la bière et le gin, goût qui a fini par imprimer durablement les manières de boire des Canadiens… jusqu’à ce que certains passionnés, vers la fin des années 1970, se réintéressent à la table de nos ancêtres (ah, le retour à la terre! la recherche des racines!) et réalisent que le vin était, justement, très associé à notre identité française. On a reconstruit des liens commerciaux avec les vignobles de France, on a recréé ici des foires vinicoles comme il s’en faisait ailleurs… Et voici comment, en 2013, les Québécois sont décidément tombés amoureux des bons vins.

Merci, monsieur Labeaume

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En compagnie de Régis Labeaume, maire de Québec, 1er septembre 2013. Photo: Martin Plante

L’homme a ses détracteur, et certes ses défauts, mais on ne peut lui reprocher d’être apathique: Régis Labeaume a le grand mérite d’oser attirer à Québec des événements d’envergure. L’idée de Bordeaux fête le vin, par exemple, est née lors d’une visite à Bordeaux, dont les quais vibraient de festivités vinicoles. Il se serait tout simplement exclamé qu’il serait bien d’inviter l’événement à Québec… Ce qui fut fait pour la première fois l’an dernier, pour célébrer les 50 ans de jumelage des villes de Québec et de Bordeaux. Le succès populaire remporté par ce premier opus a incité tout le monde à récidiver dès cette année. Merci, monsieur Labeaume.

Boulot et radio

L’événement Bordeaux fête le vin à Québec a constitué une formidable planche médiatique pour moi. Ça n’avait pas bougé autant depuis la sortie de mon Bacchus en 2010! Côté radio, j’ai été reçue en compagnie de Philippe Lapeyrie à l’émission Première heure, animée par Claude Bernatchez, à ICI Radio-Canada Première, le lundi 26 août. Une rencontre déterminante puisque, tout le reste de la semaine, Philippe a parlé de moi dans presque toutes les entrevues accordées en lien avec l’événement! 🙂 J’ai aussi été invitée à l’émission 3600 secondes d’histoire, animée par Alex T. Lamarche, Kim Chabot et Joseph Gagné, sur les ondes de CHYZ FM 94,3 le mercredi 28 août en soirée.

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En tournage avec la journaliste Josée Guillemette, 30 août 2013. Photo: Luc Samama.

Côté petit écran, c’est le vendredi 30 août – jour de mon anniversaire! – que j’ai accordé une entrevue à Josée Guillemette pour la version électronique du Journal de Québec, puis j’ai participé en direct à l’émission En supplémentaire après le Téléjournal de SRC vers 18h45. Je vous avoue une chose: c’est à ce moment précis que j’ai pris conscience que mes appréhensions face à la caméra étaient définitivement révolues.

Résultat de l’opération: je suis décidée à faire le grand saut vers l’univers médiatique, en mettant de l’avant mon expertise en histoire des boissons, des aliments, des terroirs et de la culture québécoise. Une émission de radio (j’en reparle dans un prochain billet, promis) et des implications dans divers projets télé sont au menu pour les prochains mois. Et, bien sûr, l’écriture.

*

Il arrive de ces moments où l’on prend conscience que notre existence est à un carrefour important, que ce que l’on est en train de vivre est déterminant pour la suite des choses. Je me situe précisément à l’un de ces carrefours. Et, chers amis, c’est d’un pas allègre et confiant que j’entreprends les premiers pas dans cette nouvelle voie. Me suivrez-vous? 🙂

– Catherine