La fois où j’ai eu envie d’en finir… avec l’érudisme
Faire un doctorat n’est pas une sinécure. C’est un processus qui relève à la fois de l’idéalisme, de l’entêtement et d’une certaine dose de folie. Que de sacrifices pour ajouter les petites lettres «PhD» après son nom! J’ai survécu à cette aventure et je m’évertue à présent à aider les nouvelles victimes de cette «terrible» affection… et tout particulièrement leur entourage.
C’était le propos de l’une de mes plus récentes excentricités: la conférence «De l’érudition à la passion: vaincre le PhD» que j’ai eu le plaisir de présenter à l’occasion de l’événement TEDxQuébec le 1er décembre 2015 au Théâtre Périscope. 🙂
Une hausse des cas de PhD
Il faut dire que le nombre de personnes atteintes de PhD [i.e. qui ont obtenu le titre de Philosophiae Doctor après avoir complété un doctorat] est en croissance. Depuis 10 ans, une hausse de 56%, soit 250 000 nouveaux cas par année, a été enregistrée dans les pays de l’OCDE. On estime même que 1,6% de la population des pays dits «développés» serait atteinte de PhD.
Ça fait du monde, ça…
Employant une forme humoristique, j’ai voulu décrire ce qu’est vraiment le PhD. J’ai d’abord présenté les modes de propagation de cette étrange condition. N’étant pas une tare génétique, le PhD se contracte par contact direct avec d’autres personnes affectées, le plus souvent dans ce foyer de propagation très risqué qu’est le campus universitaire. Le signe avant-coureur à surveiller est la maîtrise: connaître un épisode de M.A. ou de M.Sc. rend le sujet beaucoup plus à risque de développer le PhD. Et qui sont les plus dangereux agents de contamination? Les professeurs! 🙂 (Sans rancune, chers amis de Sherbrooke, de l’UQAR, de l’U. Laval, de l’UQTR et d’ailleurs!)
Dans mon intervention, j’ai ensuite tâché de décrire quelques-uns des symptômes les plus pénibles associés au PhD.
Le premier symptôme, la recherchose, apparaît dès les premières phases de l’affection. La recherchose pousse le sujet à accumuler une somme invraisemblable de connaissances et de savoirs sur des choses jugées parfaitement inutiles à la vie quotidienne.
Mal soignée, la recherchose entraîne assez vite l’apparition du second symptôme: la méthodologite.
La méthodologite consiste à la compulsion d’analyser, classer et catégoriser les informations accumulées au moyen de méthodes extrêmement ésotériques. La conception du monde se déforme, ce qui enferme progressivement le sujet dans une sorte d’état permanent de stupeur et de déconnexion avec le réel.
Mais encore là, il est possible de s’en sortir: lorsque le PhD est pris à temps et soigné adéquatement, une rémission presque complète est possible. C’est d’ailleurs ce qui arrive à environ 60% à 70% des cas. Les autres 30% à 40% restants, par contre, s’exposent au pire…
Car si le PhD continue sa progression, un troisième symptôme, le plus grave, apparaît: l’érudisme.
Ah! l’ÉRUDISME. Il entraîne une importante enflure verbale (tant à l’oral qu’à l’écrit) accompagnée d’épisodes aigus où le sujet, à l’instar des gens atteins du syndrome de Gilles-de-la-Tourette, va se mettre à proférer des gros mots… Lesquels? Pour en savoir plus, vous devrez visionner ce qui suit!
Pas facile pour une relation (familiale, amicale ou amoureuse) de survivre à autant de violence verbale! C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de finir en évoquant les différents moyens pour «soulager» le PhD et son entourage. Outre la zoothérapie, l’élément-clé est tout simplement… l’AMOUR.
Parce que je suis persuadée que derrière chaque PhD qui s’est épanoui, il y a (ou il y a eu) au moins une personne qui l’a pris dans ses bras et qui lui a dit : «C’est important, ce que tu fais. Je crois en toi. Et je t’aime.» En mon nom personnel et au nom de tous les PhD, je veux remercier ces personnes d’être là (ou d’avoir été là) au bon moment. C’est grâce à vous que nous pouvons nous reconnecter avec le monde réel et avec ce qui compte vraiment.
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Pour finir, lien vers le livre de Tiphaine Rivière, Carnets de thèse (Seuil, 2015): l’auteure m’a aimablement autorisée à utiliser ses images pour illustrer mes propos! Un livre plein d’humour et qui, bien qu’il décrive une situation parisienne, fera sourire les étudiants de cycles supérieurs de partout dans le monde!
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Ceux qui suivent mon activité professionnelle auront remarqué à quel point je navigue dans des eaux toujours différentes, tout particulièrement depuis la dernière année. C’est vrai que les derniers mois ont très intenses pour moi. Je vous avoue une chose: plus que jamais, je ressens une sorte d’urgence de faire des trucs fous, ce qu’on appelle communément «sortir de sa zone de confort». Je veux profiter de ce que la vie peut offrir d’expérience trépidantes. Certains pratiquent des sports extrêmes ; moi, j’ai choisi de mener une vie extrême!
Cap sur 2016, à présent! Je souhaite à chacun une année épanouissante et pleine d’amour!
Bises.
– Catherine
Madame Catherine Ferland,
Je viens de lire De Passion à Poisson, Les drogues et la construction du monde moderne, et je souhaiterais faire appelle à votre expertise en vous posant, si possible, une ou deux questions. J’étudie la philosophie à l’Université Laval et j’écris des articles dans un petit magasine qui traite des drogue et de la réduction des méfaits. Je n’ai pas trouvé un autre moyen pour vous joindre…
Au plaisir,
Mathieu Rioux