Histoires cochonnes

Maintenant que j’ai attiré votre attention avec ce titre surprenant, lisez bien ce qui suit.

Pour la seconde année, j’aurai le plaisir de donner des conférences d’histoire gourmande sur le porc et le bacon à l’occasion du Québec Bacon Fest. L’événement rassemblera petits et grands amateurs de cette friandise salée le 3 juin 2017 à ExpoCité, à Québec.

Dans la foulée de cette collaboration festive, j’ai préparé neuf cartes-anecdotes intéressantes sur cet animal et sur son sous-produit ô combien apprécié des Québécois, le bacon. Vous les trouverez ci-dessous.

N’hésitez pas à partager votre «histoire cochonne» favorite avec vos amis. Le sourire est gratuit! 🙂 (Images aussi disponibles sur Pinterest)

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(Mon amoureux va sans doute me faire remarquer que j’ai fait un peu «d’humour à deux cesterces» dans certaines cartes. Bah oui, ça me tentait.)

Et vous, comment préférez-vous votre bacon? Au déjeuner avec œufs, rôtie et petites patates? Émietté sur une salade César? Dans un sandwich avec laitue et tomates? Un peu, beaucoup, passionnément? Moi, je l’aime très croustillant, avec échalotes ciselées et un peu de poivre, sur des pâtes Alfredo…

Bises.

Catherine

Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle participe régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de faire des conférences aux quatre coins du Québec. Elle a écrit ou coécrit une trentaine d’ouvrages et articles, dont Bacchus en Canada. Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France et La Corriveau, de l’histoire à la légende.  Elle signe des critiques culinaires au journal Le Devoir et fait des chroniques d’histoire hebdomadaires à Radio-Canada. Elle vit à Québec avec sa famille.

Splendeurs et misères du PhD

La fois où j’ai eu envie d’en finir… avec l’érudisme

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Catherine Ferland à TEDxQuébec, décembre 2015. Photo: Daniel Lévesque Photographe

Faire un doctorat n’est pas une sinécure. C’est un processus qui relève à la fois de l’idéalisme, de l’entêtement et d’une certaine dose de folie. Que de sacrifices pour ajouter les petites lettres «PhD» après son nom! J’ai survécu à cette aventure et je m’évertue à présent à aider les nouvelles victimes de cette «terrible» affection… et tout particulièrement leur entourage.

C’était le propos de l’une de mes plus récentes excentricités: la conférence «De l’érudition à la passion: vaincre le PhD» que j’ai eu le plaisir de présenter à l’occasion de l’événement TEDxQuébec le 1er décembre 2015 au Théâtre Périscope. 🙂

Une hausse des cas de PhD

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Données: OCDE Infographie: Catherine Ferland

Il faut dire que le nombre de personnes atteintes de PhD [i.e. qui ont obtenu le titre de Philosophiae Doctor après avoir complété un doctorat] est en croissance. Depuis 10 ans, une hausse de 56%, soit 250 000 nouveaux cas par année, a été enregistrée dans les pays de l’OCDE. On estime même que 1,6% de la population des pays dits «développés» serait atteinte de PhD.

Ça fait du monde, ça…

Employant une forme humoristique, j’ai voulu décrire ce qu’est vraiment le PhD. J’ai d’abord présenté les modes de propagation de cette étrange condition. N’étant pas une tare génétique, le PhD se contracte par contact direct avec d’autres personnes affectées, le plus souvent dans ce foyer de propagation très risqué qu’est le campus universitaire. Le signe avant-coureur à surveiller est la maîtrise: connaître un épisode de M.A. ou de M.Sc. rend le sujet beaucoup plus à risque de développer le PhD. Et qui sont les plus dangereux agents de contamination? Les professeurs! 🙂 (Sans rancune, chers amis de Sherbrooke, de l’UQAR, de l’U. Laval, de l’UQTR et d’ailleurs!)

Dans mon intervention, j’ai ensuite tâché de décrire quelques-uns des symptômes les plus pénibles associés au PhD.

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Image du fond: Tiphaine Rivière

Le premier symptôme, la recherchose, apparaît dès les premières phases de l’affection. La recherchose pousse le sujet à accumuler une somme invraisemblable de connaissances et de savoirs sur des choses jugées parfaitement inutiles à la vie quotidienne.

Mal soignée, la recherchose entraîne assez vite l’apparition du second symptôme: la méthodologite.

La méthodologite consiste à la compulsion d’analyser, classer et catégoriser les informations accumulées au moyen de méthodes extrêmement ésotériques. La conception du monde se déforme, ce qui enferme progressivement le sujet dans une sorte d’état permanent de stupeur et de déconnexion avec le réel.

cferland-phd-zombieMais encore là, il est possible de s’en sortir: lorsque le PhD est pris à temps et soigné adéquatement, une rémission presque complète est possible. C’est d’ailleurs ce qui arrive à environ 60% à 70% des cas. Les autres 30% à 40% restants, par contre, s’exposent au pire…

Car si le PhD continue sa progression, un troisième symptôme, le plus grave, apparaît: l’érudisme.

Ah! l’ÉRUDISME. Il entraîne une importante enflure verbale (tant à l’oral qu’à l’écrit) accompagnée d’épisodes aigus où le sujet, à l’instar des gens atteins du syndrome de Gilles-de-la-Tourette, va se mettre à proférer des gros mots… Lesquels? Pour en savoir plus, vous devrez visionner ce qui suit!

Pas facile pour une relation (familiale, amicale ou amoureuse) de survivre à autant de violence verbale! C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de finir en évoquant les différents moyens pour «soulager» le PhD et son entourage. Outre la zoothérapie, l’élément-clé est tout simplement… l’AMOUR.

Parce que je suis persuadée que derrière chaque PhD qui s’est épanoui, il y a (ou il y a eu) au moins une personne qui l’a pris dans ses bras et qui lui a dit : «C’est important, ce que tu fais. Je crois en toi. Et je t’aime.» En mon nom personnel et au nom de tous les PhD, je veux remercier ces personnes d’être là (ou d’avoir été là) au bon moment. C’est grâce à vous que nous pouvons nous reconnecter avec le monde réel et avec ce qui compte vraiment.

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9782021125948Lien vers toutes les conférences TEDxQuébec.

Lien vers toutes les conférences TEDx (independantly organized TED event).

Lien vers toutes les chaînes TED.

Pour finir, lien vers le livre de Tiphaine Rivière, Carnets de thèse (Seuil, 2015): l’auteure m’a aimablement autorisée à utiliser ses images pour illustrer mes propos! Un livre plein d’humour et qui, bien qu’il décrive une situation parisienne, fera sourire les étudiants de cycles supérieurs de partout dans le monde!

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Ceux qui suivent mon activité professionnelle auront remarqué à quel point je navigue dans des eaux toujours différentes, tout particulièrement depuis la dernière année. C’est vrai que les derniers mois ont très intenses pour moi. Je vous avoue une chose: plus que jamais, je ressens une sorte d’urgence de faire des trucs fous, ce qu’on appelle communément «sortir de sa zone de confort». Je veux profiter de ce que la vie peut offrir d’expérience trépidantes. Certains pratiquent des sports extrêmes ; moi, j’ai choisi de mener une vie extrême!

Cap sur 2016, à présent! Je souhaite à chacun une année épanouissante et pleine d’amour!

Bises.

Catherine

Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle participe régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de faire des conférences aux quatre coins du Québec. Parmi ses ouvrages, mentionnons Bacchus en Canada. Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France (Septentrion, 2010) et La Corriveau, de l’histoire à la légende (Septentrion, 2014), gagnant du Prix littéraire du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean 2015 et finaliste aux Prix littéraires du gouverneur général 2014 ainsi qu’au Prix Jean-Éthier-Blais 2015.  Elle blogue au catherineferlandhistorienne.com et signe des critiques culinaires au journal Le Devoir depuis 2012.

Le champagne, Veuve Clicquot et nous

160 ans de présence de la célèbre maison champenoise au Québec

(Il s’agit de la version plus longue et étoffée d’un article préparé pour Le Devoir)
Photo: Catherine Ferland

Photo: Catherine Ferland

Voltaire affirmait que «la mousse pressée et l’écume pétillante» du champagne évoquaient l’image des Français. Boisson emblématique de l’impétueux siècle des Lumières, ce vin effervescent et joyeux est lié à la célébration, comme chacun le sait.

Ce qui est moins connu, c’est que Veuve Clicquot Ponsardin a été la première maison à expédier régulièrement des caisses de champagne au Québec dès 1855! Ces célèbres bouteilles sont, par conséquent, complices des meilleures tables d’ici depuis 160 ans.

Veuve Clicquot Canada a tenu à souligner avec panache ce vénérable anniversaire. Le 3 novembre, une cinquantaine d’invités prestigieux, gens d’affaires et membres de la presse gastronomique ont été conviés au Fairmont Le Château Frontenac.

La vie de château

Danse au Château Saint-Louis, 1801. BAC, 1989-472-1.

Danse au Château Saint-Louis, 1801. BAC, 1989-472-1.

Le choix du lieu n’était pas anodin. Bien campé sur le Cap Diamant, il s’agit du site même où s’érigeait autrefois le château Saint-Louis, centre du pouvoir et résidence des gouverneurs pendant plus de 200 ans. Depuis 1892, le Château Frontenac prolonge et confirme le prestige de ce site.

Si l’on tend l’oreille, peut-être entendra-t-on les échos des soirées réunissant toute la meilleure société. Ce brillant foyer de la vie sociale et culturelle était en effet le théâtre de plantureux repas, banquets et réceptions de toutes sortes… où le champagne présidait immanquablement!

Tiens: avant de parler de la splendide soirée donnée le 3 novembre 2015, une petite excursion dans le temps s’impose. Vous ne le regretterez pas, foi d’historienne! 🙂

Le champagne, de France à Nouvelle-France

Verre à pied. Photo : Marc-André Grenier/MCC/LRAQ.

Verre à pied. Photo : Marc-André Grenier/MCC/LRAQ.

Pendant les premières décennies de commercialisation du champagne, les bouteilles étaient trop fragiles pour voyager. On ne pouvait donc les déplacer en grande quantité ni sur de grandes distances. Or, le développement de bouteilles plus solides finit par rendre possible l’exportation de vin effervescent. l’arrêt du 25 mai 1728, Louis XV autorise le transport du champagne en paniers de 50 à 100 bouteilles. Cette décision royale ouvre toutes grandes les portes à ce vin fougueux.

On retrouvera donc du champagne à des centaines de kilomètres de la Champagne… et jusqu’en Nouvelle-France. Il faut dire que nos aristocrates locaux tentent le mieux possible de calquer le mode de vie de la Cour de Versailles, affichant entre autres des manières de table raffinées. Lorsque, après 6 à 8 semaines de transport par bateau, les précieux flacons arrivent au port de Québec, ils trouvent aussitôt preneurs. Et ce, même si le champagne vaut trois fois plus cher que le vin «ordinaire» et deux fois plus cher que meilleurs crus de Frontignan ou de Graves! Les maisons champenoises commerçant avec le Canada ne sont malheureusement pas connues.

Le déjeuner d'huîtres (1735).

Le déjeuner d’huîtres (1735).

À défaut d’une œuvre illustrant nos nobles buveurs de la Nouvelle-France, ce détail du tableau Le déjeuner d’huîtres de Jean-François de Troy (1735) montre bien la dimension élitiste et festive du champagne. Il s’agit d’ailleurs de la première figuration du champagne dans l’iconographie du 18e siècle!

Le retour des bulles

Si le champagne est présent par intermittence vers du Régime français, il se raréfie après la Conquête. En effet, aux difficultés inhérentes au transport transatlantique s’ajoutent d’importantes contraintes commerciales : la France, nation ennemie de la Grande-Bretagne, n’est pas la bienvenue dans la vallée du Saint-Laurent. Hormis quelques initiatives personnelles, les échanges entre le Canada et son ancienne mère-patrie sont presque inexistants.

cferland-menu-bal-belveze-1855Les choses sont appelées à changer au milieu du XIXe siècle, pour deux raisons.

Tout d’abord, en 1849, le gouvernement britannique abolit les lois interdisant aux navires étrangers de naviguer en eaux canadiennes. Ensuite, en 1855, en pleine guerre de Crimée, Français et Britanniques font alliance contre les Russes.

Ce rapprochement favorise la reprise des relations diplomatiques et commerciales avec la France, symbolisées par la venue de la corvette française La Capricieuse, accueillie en grande pompe dans la vallée du Saint-Laurent à l’été 1855. Du champagne de la maison Ruinart est d’ailleurs servi à cette occasion, comme nous l’apprend le menu du bal offert en l’honneur du capitaine Belvèze.

Veuve Clicquot et le Canada

Photo: Catherine Ferland

Photo: Catherine Ferland

Jointe aux nouvelles possibilités amenées par l’industrialisation (songeons simplement aux bateaux à vapeur et aux chemins de fer!), l’ouverture du marché canadien profite aux négociants français les plus hardis, dont madame Clicquot.

Barbe-Nicole Clicquot-Ponsardin, dite Veuve Clicquot (1777-1866), est une personne d’affaires avisée et visionnaire. Dans une lettre datée du 24 février 1855, madame Clicquot explique être « toute disposée à expédier, à titre d’essai » ses meilleurs champagnes au Canada, afin de «propager la réputation de ma marque dans vos contrées. » Dans les mois qui suivent, 25 caisses de Veuve Clicquot Ponsardin sont envoyées à Québec, et tout autant pour Montréal.

L’élite canadienne, aussi bien d’ascendance française que britannique, raffole de ce vin de fête. Les bouteilles de Veuve Clicquot sont de tous les repas gastronomiques, aux côtés du homard, des huîtres, des pintades et autres mets raffinés.

Bien sec, s’il-vous-plaît

cferland-clicquot-carton-jaune-brutFait intéressant, on connaît les préférences des Canadiens en matière de champagne… grâce à madame Clicquot elle-même! Dans sa correspondance d’affaires, cette dame avisée n’hésitait pas à s’enquérir des goûts locaux : « êtes-vous convaincu qu’il est essentiel qu’un vin soit sec et corsé pour réussir chez vous? » demandait-elle sans détour à l’un de ses agents au Canada.

C’est ainsi que, dans les années 1870, on trouvera ici du Veuve Clicquot doux et du Veuve Clicquot brut!

Vin de prestige

Doux ou sec, le champagne est toujours présent aux meilleures tables du Canada. Il est aussi omniprésent lors des visites de la famille royale. Ainsi, c’est du Veuve Clicquot 1928 qui sera servi à l’occasion de la visite officielle au Canada du roi George VI et de son épouse en 1939. Et en 1951, lors du premier voyage officiel au Canada de la princesse Elizabeth (future souveraine) et de son époux, le choix se porte encore vers la célèbre maison champenoise pour désaltérer agréablement Leurs Majestés… au Château Frontenac!

Un pétillant programme

Photo: Karel Chladek pour Veuve Clicquot

Photo: Karel Chladek pour Veuve Clicquot

Le 3 novembre dernier, afin de refléter cette belle histoire, une partie du groupe des invités de Veuve Clicquot Canada a quitté Montréal à bord d’un wagon prestigieux de Via Rail pour se rendre à Québec. Après une petite promenade à pied dans les rues du Vieux-Québec, ces invités ont emprunté le funiculaire pour atteindre la terrasse Dufferin, juste aux pieds du Fairmont Le Château Frontenac.

Du champagne et un goûter ont été offerts dans la verrière donnant sur le fleuve, moment au cours duquel j’ai eu l’honneur de donner une miniconférence sur l’histoire du champagne au Québec. Vous retrouvez d’ailleurs l’essentiel de mes propos ici, dans le présent billet! 😉

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Photo: Karel Chladek pour Veuve Clicquot

Dès 18h30, c’est en présence de personnalités québécoises et notamment de femmes d’affaires prestigieuses – citons mesdames Lise Watier et Charline Ratté – que le cocktail au Veuve Clicquot Rosé a été servi au Salon Rose du Fairmont Le Château Frontenac. J’ai eu la chance de discuter assez longuement avec monsieur Dominique Demarville, chef de cave de la maison Veuve Clicquot.

Le groupe s’est ensuite rendu dans le Cellier afin d’y déguster un repas gastronomique inspiré de celui offert à la reine Elisabeth lors de sa visite au Québec en 1959… arrosé de quatre vins de la maison Veuve Clicquot Ponsardin: le rosé, le blanc millésimé 2004, le brut carte jaune et le demi-sec. Des «tableaux» musicaux – Technopéra, de Bellita Productions – ponctuaient les services avec raffinement et originalité.

J’ai eu le vif plaisir de faire la connaissance de madame Fabienne Moreau, historienne chez Veuve Clicquot, et aussi de rencontrer plusieurs personnalités influentes de la scène culturelle, gastronomique et numérique, telles que Carrie MacPherson, Héloïse Leclerc, Camille Dg, Marie-Claude Di Lillo, Lolitta Dandoy… sans oublier l’ineffable Allison Van Rassel, foodie à la barre de Ça goûte bon! 😀

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Madame Clicquot aura été une figure d’entrepreneuriat féminin hors du commun, dépassant largement les frontières de la Champagne, de la France et de l’Europe à une époque où les possibilités offertes aux femmes connaissaient plutôt une régression. Quand on y songe, c’est un joli retour des choses pour ce vin qu’on a toujours considéré comme si bien approprié aux femmes. Après tout, comme l’aurait affirmé la marquise de Pompadour, le champagne est «le seul vin qui conserve la beauté d’une femme»!

Bises.

Catherine

Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle participe régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de faire des conférences aux quatre coins du Québec. Parmi ses ouvrages, mentionnons Bacchus en Canada. Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France (Septentrion, 2010) et La Corriveau, de l’histoire à la légende (Septentrion, 2014), gagnant du Prix littéraire du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean 2015 et finaliste aux Prix littéraires du gouverneur général 2014 ainsi qu’au Prix Jean-Éthier-Blais 2015.  Elle blogue au catherineferlandhistorienne.com et signe des critiques culinaires au journal Le Devoir depuis 2012.

Devenir historien en 7 étapes (suite et fin)

Ou comment tirer son épingle du jeu dans un contexte chaotique

Dans la première partie de ce billet – qui a d’ailleurs suscité beaucoup de réactions et de commentaires, un grand merci! – je vous révélais mes trois premiers «commandements» de l’historien. Voici le reste de ma réflexion avec les quatre suivants. Je vous avise cependant que j’y vais «un peu raide» à certains moments, parce que c’est mon blogue et qu’il s’agit d’une tribune où j’estime pouvoir vous livrer le fond de ma pensée. Cela n’engage évidemment que moi. Voilà, vous êtes prévenus… Vous êtes prêts? Allons-y. 

4) De stratégie tu useras résolument pour faire ta place

Attaché à suivre les traces du passé, le nez dans ses archives, l’historien n’est PEUT-ÊTRE pas la «bibitte» la plus stratégique de l’univers. Eh oui. Ce n’est pourtant pas l’intelligence ou l’esprit critique qui lui fait défaut, bien au contraire… mais la formation en sciences historiques ne développe pas spécifiquement la «combattivité» indispensable pour s’imposer sur le marché du travail. Tandis que l’étudiant en droit, en sciences ou en marketing a souvent un plan de carrière, avec des stages et des emplois d’été dans son milieu, l’étudiant en histoire a un parcours beaucoup plus… hem… aléatoire.

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible devenir un meilleur stratège. D’apprendre à «fourrer son nez» aux bons endroits pour rencontrer les bonnes personnes (revoir le «commandement» #2), trouver des mandats et décrocher des contrats. Et je vous rassure: être stratégique n’enlève rien à la «noblesse» de notre profession. Il s’agit ici de ne pas attendre passivement et, surtout, d’éviter de manquer de belles opportunités. Alors prenez le temps de vous projeter dans le futur. Où vous voyez-vous dans 6 mois? Dans 3 ans? Dans 9 ans? Quelles seraient les étapes pour y parvenir, en tenant compte de vos connaissances actuelles? Qui pourrait vous aider à atteindre vos objectifs?

cferland-3-cartesJe ne saurais trop vous recommander de vous faire faire des cartes d’affaires et d’en avoir toujours quelques-unes sur vous. Cela projette une image professionnelle et évite de devoir griffonner vos coordonnées sur un bout de papier! Si vous êtes actif dans plus d’un créneau, vous pouvez même avoir des cartes différentes pour refléter vos expertises. Par exemple, désireuse de bien distinguer mes secteurs d’activité, j’ai des cartes d’affaires à titre d’historienne gourmande, de biographe et de coach en communication… ce qui me permet de remettre ce qui convient à mes clients potentiels.

Mais attention: si on ne fait pas sa place en longeant les murs, ce n’est pas non plus en «tassant» les autres que vous laisserez la meilleure impression. C’est vrai en toutes circonstances, remarquez bien. Être stratège, c’est aussi comprendre qu’il est dans l’intérêt général de s’allier plutôt que de s’affronter. N’hésitez pas à recommander vos amis, à leur faire suivre des offres pertinentes. Soyez un joueur d’équipe: notre belle discipline ne s’en portera que mieux!

5) De travailler gratuitement tu refuseras absolument

Bon, il est temps de se dire «les vraies affaires». Un historien est (souhaitons-le) passionné par son travail, mais cette passion ne signifie pas pour autant qu’il travaillera gratuitement. Comptez-vous sur la «passion» de votre comptable pour qu’il fasse votre rapport d’impôts sans se faire payer? Sur la «passion» de votre plombier pour réparer votre évier sans facturer ses honoraires? Ou sur la «passion» de votre dentiste pour repartir de son cabinet sans sortir votre carte de crédit? Certaines personnes semblent pourtant croire que les historiens, eux, peuvent et doivent accepter de travailler pour rien! C’est connu, l’histoire rend scandaleusement riche! 😉

Il y a lieu de définir ce que j’entends par «gratuité». Gratuit, c’est sans cachet ou rémunération, mais aussi sans attrait professionnel ou personnel. Rien pantoute. Si j’estime qu’une activité réalisée bénévolement m’apporte quand même quelque chose (au plan de la reconnaissance, de la renommée, de la philanthropie, etc.), bref que j’y trouve mon compte, il se peut que je décide d’accepter. Et s’il y a une compensation raisonnable, la prise en charge de mes frais de déplacement, de repas ou d’hébergement, bref que je sens que mon interlocuteur fait des efforts sincères pour bénéficier de mes services, ça pèsera aussi dans la balance. Mais en bout de ligne, c’est ma décision et je l’assumerai.

Oui, c’est VOTRE décision: ne laissez personne vous imposer sa vision à coups de «Ça va te faire de l’expérience». Surtout si vous en êtes à une étape de votre carrière où vous avez déjà l’expérience voulue pour gagner votre vie! Usez de  jugement.

Sans compter un effet pernicieux: si vous acceptez trop souvent de travailler en-deçà de votre valeur, les gens finiront par penser que vous valez effectivement moins. Vous connaissez sans doute la propension des gens à accorder plus de respect et de considération à ce qui coûte plus cher… Eh bien c’est la même chose lorsqu’on est historien autonome. Il faut doser, c’est tout.

Laissez-moi vous raconter une petite anecdote. Il y a quelques mois, «on» m’a proposé de faire une conférence historique d’une heure dans le cadre d’un événement. «On» me demandait d’y prendre part à titre gracieux, expliquant que l’organisme était sans but lucratif (ce que je peux comprendre) mais en ajoutant – et c’est ce qui m’a piquée au vif – que l’on comptait «sur la passion pour l’histoire qui anime nos conférenciers» pour accepter de… faire plusieurs heures d’auto et aller carrément travailler à mes propres frais! J’ÉTAIS SUPER FRUE car, comme je lui ai répondu aussitôt, «cet argument est inacceptable et irrespectueux envers les historiens puisqu’il dévalue la nature, le sérieux et l’ampleur de notre travail.» Cibole!!! Si vous souhaitez lire l’histoire complète avec ses détails plus «crunchy», c’est ici.

6) Un meilleur communicateur tu t’efforceras de devenir

cferland-presentation-vintageLa communication, aujourd’hui, c’est le nerf de la guerre. Même pour quelqu’un qui préfère la compagnie des livres et des archives, la prise de parole en public (ou dans l’espace public, numérique compris) est INÉVITABLE. Pour se démarquer en histoire, savoir s’exprimer clairement et avec passion est une aptitude extrêmement précieuse. Là, vous avez envie de me dire «Ouais, c’est facile à dire, ça, Catherine: tu as ça dans le sang!» Eh bien, apprenez ici mon terrible secret: je suis foncièrement introvertie, solitaire et même plutôt timide. C’est un aspect sur lequel j’ai beaucoup, beaucoup travaillé depuis toute ma vie 15 ans. Jeune, j’étais terrorisée par les exposés oraux. Si vous m’aviez entendue lors de mes premières conférences ou lors de mes premiers passages à la radio… ouf!

J’ai lu d’innombrables ouvrages sur la communication pour mieux comprendre les dimensions théoriques. Réflexe d’historienne! Puis, il a bien fallu me «mouiller» : j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai fait des communications dans des colloques, des conférences publiques, des interventions sur diverses tribunes. Parfois, on venait me chercher, alors qu’à d’autres moments, c’est moi qui ai pris l’initiative de me présenter afin d’acquérir de l’expérience. Je puis maintenant dire que je suis parfaitement à l’aise lorsque je prends la parole en public, aussi bien face à un micro de radio qu’en mini-colloque avec 12 personnes ou devant une salle de 200 personnes.

Pendant que j’ai votre attention, j’en profite vous informer qu’avec mon amie – et ancienne étudiante! – Marie-Hélène Janvier, j’ai fondé une compagnie, Académie Odyssée, afin d’offrir de la formation en communication aux étudiants et jeunes chercheurs en sciences humaines. Je veux enseigner mes meilleurs trucs, durement acquis au fil de mon expérience personnelle, pour permettre à d’autres de développer leur potentiel oratoire. Fin de l’infopub! 😉

Malgré tout le chemin parcouru, je dois encore travailler ce que j’appelle mes micro-interactions: vous savez, quand on arrive dans une salle où l’on ne connaît personne et qu’il faut aller se présenter. Il m’arrive encore souvent de «figer» ou d’éprouver une grande timidité, une sorte de syndrome de l’imposteur… Il y a encore place à amélioration et c’est mon défi personnel pour les prochains mois.

7) Au perfectionnement et à la «recherche et développement» tu consacreras du temps

cferland-perfectionnementQuand on est pris dans le quotidien, avec tous les «il faut» et une liste de choses à faire qui s’allonge sans cesse quoi que l’on fasse, il peut être difficile de dégager du temps pour prospecter l’avenir. Pourtant, il est essentiel de le faire et d’aller au-devant, au lieu d’attendre passivement que les choses viennent à soi… il s’agit de mettre en œuvre sa propre stratégie de développement professionnel (revoir le point #4). Pour l’historien, ça peut vouloir dire, concrètement:

  • rédiger le plan d’un prochain article ;
  • prendre position dans un débat (j’inclus ici les médias sociaux) ;
  • communiquer avec une société d’histoire pour proposer une conférence ;
  • suivre une formation d’appoint pour se perfectionner (en médias sociaux, en informatique, en français, en communication, etc.) ;
  • contacter un organisme pour offrir ses services de consultant ;
  • envoyer une proposition de communication ;
  • consacrer quelques heures pour maîtriser une nouvelle application ou un outil (voyez ici ce que j’ai réussi à faire en 2 h sur la plateforme wideo!);
  • écrire à un collègue pour établir une collaboration ;
  • se former en marketing et réseautage ;
  • se tenir informé des actualités du domaine et des domaines connexes ;
  • et tutti quanti.

Cela ne s’arrête jamais, surtout si vous devenez, comme moi, un historien-entrepreneur. Mais c’est aussi une manière extraordinaire de ne pas «s’encroûter» – rien de plus navrant qu’un historien qui ressasse les mêmes sujets pendant des années et des années!

Et j’ai envie de vous apprendre une belle nouvelle. Par un joli retour des choses, j’aurai prochainement l’occasion de «donner au suivant» en devenant MENTOR. Eh oui! le programme de mentorat de l’Université Laval a réussi à me convaincre de prendre des étudiants sous mon aile à compter de l’automne prochain. Ça me remplit de joie! J’ai l’impression que ce sera une expérience très enrichissante et formative pour moi également.

*

Voilà, voilà, ça y est: j’en ai fini avec mes «7 commandements» de l’historien.

La profession d’historien est, comme toutes les professions, jalonnée de défis. La principale difficulté réside, je crois, dans le manque de modèles hors de la sphère universitaire. Il faut donc se montrer créatif. Certaines personnes trouveront leur place dans ce bel écosystème tandis que d’autres préféreront s’engager dans une voie différente. Je respecte cela. Je veux simplement vous dire que oui, c’est possible de se construire une carrière sur mesure en tant qu’historienne ou historien. S’il n’y a pas de recette unique, j’ai voulu vous dévoiler ici mes réflexions et mes meilleurs trucs pour vous y aider. J’espère sincèrement que cela vous sera utile! 🙂 Laissez-moi vos commentaires.

Bises.

Catherine

Catherine Ferland est historienne, auteure et conférencière. Depuis 15 ans, ses thématiques de prédilection – histoire de l’alimentation, des boissons alcooliques, des petits produits «plaisir» et de la culture en général – lui donnent la chance de participer régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de l’amener à faire des conférences aux quatre coins du Québec.

Chasse aux trésors

Les Trésors de la capitale : spectacles inédits pour découvrir le patrimoine d’ici

L’historien Gilles Gallichan évoque les années de pouvoir du premier ministre Honoré Mercier, de même que l’Affaire des biens des Jésuites, qui a valu à celui-ci d’être décoré par le Vatican en 1891. Photo : CCNQ, Alexandre Zacharie

L’historien Gilles Gallichan évoque les années de pouvoir du premier ministre Honoré Mercier et l’Affaire des biens des Jésuites qui lui a valu d’être décoré par le Vatican en 1891.
Photo : CCNQ, Alexandre Zacharie

Le 22 octobre dernier, j’ai eu la chance d’être invitée à assister au tout premier spectacle d’une nouvelle série qui vient d’être lancée par la Commission de la capitale nationale du Québec. Les Trésors de la capitale sont six événements artistiques proposant de découvrir six pièces rares ou inusitées tirées de la riche collection des Musées de la civilisation.

Chacun des objets présentés fait l’objet d’une scénarisation raffinée conviant plusieurs faisceaux culturels et scientifiques: théâtre, musique, arts visuels, histoire, muséologie et conservation. Au final, le spectateur en ressort avec une compréhension intime de ces «trésors».

Le premier de ces objets ainsi mis en vedette au Palais Montcalm était le frac d’Honoré Mercier, un habit de cérémonie reçu par l’ancien premier ministre à l’occasion de sa distinction par le pape Léon XIII en 1891.

Une scénographie au service de l’objet

Honoré Mercier (Raphaël Posadas) et son épouse Virginie Saint-Denis (Laurie-Ève Gagnon) sont en pâmoison devant l’habit de cérémonie qui sera porté pour recevoir la Grand Croix de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. Photo: CCNQ, Alexandre Zacharie

Honoré Mercier (Raphaël Posadas) et son épouse Virginie Saint-Denis (Laurie-Ève Gagnon) sont en pâmoison devant l’habit de cérémonie qui sera porté pour recevoir la Grand Croix de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.
Photo: CCNQ, Alexandre Zacharie

La Commission de la capitale nationale du Québec n’en est pas à ses premières armes en matière de spectacles culturels. Rappelons que pendant plus d’une décennie, sa série Le Tribunal de l’histoire a donné la chance au public de se familiariser avec de grandes causes judiciaires ayant marqué l’histoire québécoise – dont La Corriveau en 2002, 2009 et 2013! – par l’entremise de «procès» où théâtre, musique et histoire créaient une riche synergie. L’excellent travail artistique et scénaristique de Cyrille-Gauvin Francoeur a d’ailleurs été salué à plus d’une reprise. Si cette formule a beaucoup plu, la Commission a cru bon de revenir avec une nouvelle proposition, cette fois en impliquant un partenaire majeur: les Musées de la civilisation à Québec.

En mettant six objets «mystérieux» au cœur de cette série, on redonne une place prépondérante à l’objet. L’objet comme support de mémoire, l’objet comme dépositaire d’une signification qui lui est propre. Depuis les années 1990, les grandes tendances en muséologie ont eu pour effet de délaisser l’objet, préférant mettre de l’avant l’interaction et «l’expérience» du visiteur… à telle enseigne que pour les nouvelles générations, gavées de technologies et autres stratégies immersives, l’objet en soi, inerte et dépouillé, présentait bien peu d’attrait!

La culture matérielle est pourtant indispensable pour comprendre une époque passée et lui «donner corps». Les écrits font réfléchir, les idées interpellent, mais l’objet émeut. Le réhabiliter comme support historique, culturel et artistique est par conséquent une initiative qu’il faut saluer.

Six objets, six époques

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Nicole Grenier, conservatrice aux Musées de la civilisation, détaille la richesse de l’ornementation du frac d’Honoré Mercier. Photo: CCNQ, Alexandre Zacharie

La démarche entreprise par la Commission et le MCQ permet donc de se plonger dans l’histoire à travers six objets, sélectionnés avec soin dans un catalogue qui en comprend des milliers. Naturellement, il fallait que les pièces choisies puissent être déplacées et présentées au public, ce qui n’est pas toujours possible en raison de la fragilité de certains artefacts.

Sous la coordination de l’historien Frédéric Smith et la direction artistique de Cyrille-Gauvin Francoeur, tout est mis en œuvre pour déployer la richesse de ces objets et les replacer dans leur contexte historique. Plusieurs cordes sensibles sont touchées grâce aux bons soins d’intervenants, de spécialistes et d’artistes de Québec.

On fait appel à l’histoire: pour comprendre qui était Honoré Mercier et les circonstances de fabrication du frac, l’historien Gilles Gallichan a présenté une synthèse de l’époque et amené de nombreux détails d’un grand intérêt. Nous avons par exemple appris ce que signifiaient les broderies d’argent au motif de feuilles de chêne…

On a fait appel à la muséologie: la conservatrice Nicole Grenier est venue expliquer la signification des motifs et ornementations présents sur le frac, donnant de fascinantes précisions sur le mode de fabrication de cet habit par l’illustre tailleur parisien Auguste Dusautoy. Des projections de plans rapprochés des détails vestimentaires permettaient de bien voir.

Tout au long de la soirée, les musiciens Richard Roberto (flûte), Mary-Ann Corbeil (violon), Philippe Amyot (violon), Daniel Finzi (violoncelle) et Marie-Claude Tardif (contrebasse) ont interprété quelques airs du répertoire classique de l’époque. Photo: CCNQ, Alexandre Zacharie

Les musiciens Richard Roberto (flûte), Mary-Ann Corbeil (violon), Philippe Amyot (violon), Daniel Finzi (violoncelle) et Marie-Claude Tardif (contrebasse) ont interprété des airs du répertoire classique de l’époque.
Photo: CCNQ, Alexandre Zacharie

On fait appel à la musique: afin de se plonger dans l’ambiance sonore propre à l’époque d’Honoré Mercier, le quintette de musiciens a joué des œuvres – guillerettes ou solennelles – de Jacques Offenbach, Léo Delibes, Calixa Lavallée, Charles Gounod et Émile Waldteufel.

On fait appel au théâtre: notre «hôte» de la soirée, René Sin-Paul (Serge Bonin) et ses débats avec l’agent de sécurité (Martin Perreault), ainsi que les apparitions intermittentes des «fantômes» d’Honoré Mercier (Raphaël Posadas) et de son épouse Virginie Saint-Denis (Laurie-Ève Gagnon) donnaient une intéressante touche d’humanité.

À la fin de la représentation, le public est invité à monter sur scène pour contempler l’objet de près et poser des questions. Un privilège rare dont une centaine de personnes se sont prévalues le 22 octobre dernier pour contempler le près le splendide frac d’Honoré Mercier!

D’autres trésors à découvrir

Les cinq autres trésors et leur date de représentation (oui, vous n’aurez qu’une seule chance de les découvrir!) sont les suivantes:

  • Lundi 24 novembre – Le wampum huron-wendat
  • Lundi 22 décembre – La maquette de St.Andrew
  • Lundi 23 février 2015 – Le moulin à cuir American St.Louis
  • Lundi 23 mars 2015 – Le premier fleurdelisé du Québec
  • Lundi 20 avril 2015 – Le sarcophage de Nen-Oun-Ef

J’y serai: je vous en reparlerai! Pour télécharger cette programmation, c’est ICI. Et voyez ci-dessous un petit avant-goût:

Présenté jusqu’en avril 2015 à la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm. Billets: 24,40 $ (taxes et frais compris).
Début des présentations: 19h30. Pour informations et réservation: 418 641-6040 ou palaismontcalm.ca

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Personnellement, cela me ravit de constater que l’on remet l’objet au centre de l’attention. Il sert de billet pour accéder à un voyage dans l’histoire puisqu’à travers lui, c’est toute une époque que l’on revisite. Et parfois même plus d’une époque, en fait, puisque le sens accordé aux objets est appelé à changer au fil du temps. Ainsi, j’ai particulièrement hâte de voir le sarcophage égyptien, un trésor de plusieurs milliers d’années qui a été utilisé comme outil pédagogique auprès des élèves du Séminaire de Québec au XIXe siècle!

Catherine

Catherine Ferland est historienne, auteure et conférencière. Depuis 15 ans, ses thématiques de prédilection – histoire de l’alimentation, des boissons alcooliques, des petits produits «plaisir» – lui offrent l’occasion de participer régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de l’amener à faire des conférences aux quatre coins du Québec.