Esprits frappeurs et spiritisme au Québec

À la mi-août 1851, la cage de la Corriveau est exposée à Québec, comme nous l'apprend cet entrefilet paru dans Le Canadien, 15 août, 1851, p. 3.

À la mi-août 1851, la cage de la Corriveau est exposée à Québec, comme nous l’apprend cet entrefilet paru dans Le Canadien, 15 août, 1851, p. 3.

À l’approche des Fêtes, je constate que ce blogue est resté plutôt inactif depuis les derniers mois. J’ai été fort occupée… mais à présent, j’ai bien envie de «commettre» un petit article amusant sur un thème qui sort de mes habitudes. (J’ai même pris la peine de vérifier si Vicky Lapointe avait écrit à ce sujet, puisqu’il s’agit clairement de son «terrain de jeu», mais le champ est libre!) 🙂 Considérez cela comme une friandise, un petit cadeau de Noël.

Pourquoi ai-je envie de vous parler de cela? C’est que récemment, j’ai eu le bonheur de prendre part à la série Trésors de la Capitale pour raconter le fascinant parcours de la cage de la Corriveau. Quand est venu le temps de décrire les années 1850, moment où a été retrouvée la cage pour la première fois près du cimetière de Saint-Joseph de Lévis, j’ai expliqué qu’il s’agit d’une époque où tout l’Occident est très friand de merveilleux, d’exotique, de surnaturel.

Au 19e siècle, des promoteurs comme P.T. Barnum font des affaires d’or avec leurs cirques, expositions, muséums, cabinets de curiosités et spectacles d’«humanités monstrueuses» (gens atteints de malformations, femmes à barbe, nains, géants, etc.) et d’animaux étranges. On essaie de communiquer avec les défunts, des séances de spiritisme sont organisées… Et les tables tournantes et autres manifestations d’esprits frappeurs suscitent l’attention du public. Mais aussi de l’Église, qui y voit une intervention diabolique destinée à détourner les âmes chrétiennes de leurs devoirs! C’est d’ailleurs ce qui explique que la cage de la Corriveau connaît un destin impressionnant dès 1851 : elle sera exposée à Québec, Montréal, puis New York, Boston et pour finir Salem…

Le film Les Autres (The Others, 2001), mettant en vedette l’actrice Nicole Kidman, fournit une bonne représentation de cette époque.

Mais comment ça se passait, ici même?
Y a-t-il eu des séances de spiritisme au Québec?

En fait, il semblerait que nous ayons eu notre lot de mediums, spirites et autres incantateurs. Des gens de toutes catégories sociales les fréquentent, mais ils attirent surtout la bourgeoisie aisée. Au milieu du 19e siècle, les tables tournantes sont même tellement populaires que l’archevêque de Québec finit par se fâcher!

Illustration de Louis Le Breton pour l’article «Tables tournantes», Dictionnaire infernal de Collin de Plancy, 1863.

Illustration de Louis Le Breton pour l’article «Tables tournantes», Dictionnaire infernal de Collin de Plancy, 1863.

Le 23 janvier 1854, monseigneur Pierre-Flavien Turgeon fait paraître une lettre pastorale dans plusieurs journaux, notamment Le Canadien et le Journal de Québec, pour décrire et condamner ce qu’il considère comme une véritable nuisance, un «moyen de séduction que l’esprit des ténèbres veut introduire pour égarer les âmes faibles et les faire tomber dans le péché».

L’archevêque dénonce tout particulièrement le fait que «on veut s’en servir comme d’un moyen pour connaître l’avenir et les choses les plus secrètes, pour évoquer les âmes des morts, pour les obliger à répondre aux questions qu’on juge à propos de leur faire, à révéler les mystères de l’autre monde», ce qui risque d’inciter à se laisser aller «aux illusions les plus dangereuses.»

S’il ne prétend pas connaître le principe même qui permet aux meubles de s’agiter de la sorte, il exhorte ses paroissiens à cesser de s’adonner au spiritisme. «Tous ces oracles, toutes ces révélations, que vous croyez obtenir au moyen des tables ou de tout autre objet mis en mouvement, par nous ne savons quel agent, ne viennent ni des âmes trépassées, ni des anges de Dieu, ni même probablement des anges des Ténèbres ; ce ne sont que des effets, des produits de votre imagination exaltée ou le reflet, l’écho de vos propres pensées.»

Et même s’il y avait effectivement une quelconque intervention spirituelle, elle serait forcément mauvaise… puisque les bonnes âmes sont au Paradis et ne s’occupent pas de ces choses! «Cette divination consistant à interroger Satan est interdite par l’Église» conclut-il. Pour lire cette lettre pastorale au complet, c’est ici.

Mais si l’Occident de l’époque industrielle a l’impression d’avoir «découvert», en quelque sorte, ce soi-disant système de communication avec l’au-delà, il faut admettre que certaines méthodes (et bien d’autres choses qu’on croit très novatrices) existent déjà depuis fort longtemps dans les cultures éloignées! Il faut parfois faire acte d’humilité… comme le souligne bien cet article de 1857!

Extrait du Journal de l'instruction publique, mai 1857

Extrait du Journal de l’instruction publique, mai 1857

 

Est-ce que les Québécois cessent pour autant de tenir des séances où les esprits sont interrogés? Il semble que non. Les archives révèlent notamment des perles, comme ce Rapport authentique des phénomènes de spiritisme observés dans la soirée du 8 novembre 1871. Quelques messieurs présents à cette soirée, Philéas Carrière, Adolphe Lamarche, Louis Labelle, Charles Labelle et Léandre Coyteux-Prévost, y témoignent de ce qu’ils ont vu et ressenti… Si quelqu’un a l’occasion de passer aux archives du Vieux-Montréal pour consulter ce dossier, je serais ravie de lire le compte rendu!

*

Les systèmes de croyances révèlent beaucoup de chose sur les sociétés, ne trouvez-vous pas? Quand on s’intéresse à ce qui se passe dans la tête des gens des siècles passés, on comprend beaucoup de choses. J’ai envie de laisser le mot de la fin à l’auteur des Soirées canadiennes qui, en 1861, estime que les contes et légendes populaires sont finalement plutôt inoffensifs face à ces histoires de tables tournantes! Quant à la cage de la Corriveau, si elle a révélé la plupart de ses secrets lors de l’expertise menée au Centre de conservation de Québec entre 2013 et 2015, on n’a heureusement pas tenté de l’utiliser pour communiquer avec sa malheureuse «locataire». Qui sait, peut-être nous apprendrait-elle enfin la vérité sur le meurtre de Louis Dodier…

– Catherine

Les soirées canadiennes, 1861, p. 162.

Les soirées canadiennes, 1861, p. 162.

Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle participe régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de faire des conférences aux quatre coins du Québec. Elle blogue au catherineferlandhistorienne.com et signe des collaborations gourmandes dans Le Devoir depuis 2012.
Advertisements

La Poutine Week à Québec (partie 2)

Parcours #1- Vieux-Port et Saint-Roch

(Au fait, si vous atterrissez sur mon blogue pour la première fois, bienvenue à vous! Consultez cette page pour savoir qui je suis!)

Comme je vous le racontais dans l’article précédent, j’ai rassemblé une équipe de collaborateurs-goûteurs dévoués afin de tester pour vous une quarantaine de poutines en pré-dégustation pour la Poutine Week de Québec, qui aura lieu du 1er au 7 février 2016. Voici un premier lot de critiques/appréciations réalisées par cet escadron gourmand dans le Parcours #1, soit les secteurs du Vieux-Port et de Saint-Roch!

Le Cercle

228, rue Saint-Joseph Est, Québec, (418) 948-8648
Photo: Myriam Nickner, 2016

Photo: Myriam Nickner, 2016

Pour ce premier arrêt, le chef du Cercle nous présente sa poutine aux pommes de terre style Heston Blumenthal. Différentes étapes de cuisson ont été utilisées afin de leur donner une belle texture craquante. Les frites sont coupées en quartiers de pommes de terre plutôt que de suivre la traditionnelle forme Pontneuf. On retrouve des fromages en grains de la fromagerie La Chaudière marinées aux herbes. Un bon squik squik classique, mais lors de notre passage, le fromage était un peu froid alors il ne fondait pas avec la sauce bordelaise montée à la moelle délicieusement sucrée qui accompagnait les patates. En revanche, la sauce, bien cochonne, se marie joyeusement avec une portion agréable de bœuf braisé que l’on apprécie beaucoup lors des jours froid de janvier. Signe d’une tendance à venir – et que nous croiserons à quelques reprises sur notre parcours – un petit bouquet d’échalotes vertes ciselées surmonte l’amas de viande fondante à souhait. Un bon départ! (M. NICKNER)

District Saint-Joseph

240, rue Saint-Joseph Est, Québec, (418) 717-0240
cferland-poutineweek-District-sv

Photo: Samuel Venière, 2016

cferland-coupcoeurgourmandDepuis une décennie, de véritables petits joyaux de restaurants émergent des tréfonds du quartier Saint-Roch, un des quartiers ouvriers les plus importants du XIXe siècle. Ouvert depuis le 9 décembre dernier dans un flamboyant décor rock-folk rétro très urbain, l’ambiance du District Saint-Joseph reflète la gentrification du quartier. Pour la Poutine Week, on y offre une poutine renversante. Servie avec de la brisket de BBQ finement émincée et agrémentée d’une sauce maison dont seul le chef Sébastien Laframboise a le secret, cette poutine a de quoi ravir les papilles et les cœurs. Très douce en bouche, elle a un goût assez smokey qui tranche avec les saveurs traditionnelles. La brisket est généreuse, nappée d’une succulente sauce style gravy légèrement sucrée, qui se marie parfaitement avec le Vermouth Campari aux notes épicées qui est suggéré avec la poutine, dans un accord met-drink ridiculement savoureux. Toutefois, le coup de grâce est donné par le choix du fromage, élément incontournable de toute poutine réussie. Le Crotte de Bouc est à l’honneur, un chèvre de l’Île d’Orléans à couper le souffle! Ni trop savoureux, ni trop mou sous la dent, juste assez différent pour offrir le petit punch tant recherché pour une poutine qui se démarque, la texture s’apparente à celle du fromage qui fait squick-squick, dont chaque Québécois est un fin connaisseur. Sérieusement, ce fromage… Ce fromage! Mon royaume pour ce fromage! Qu’on se le tienne pour dit, la poutine du District Saint-Joseph est MON coup de cœur de la Poutine Week 2016. (S. VENIÈRE)

Deuxième arrêt, un verre de vermouth et campari nous accueille avec ses amers et ses bulles dans le dernier venu de la rue Saint-Joseph. Le chef nous présente sa version de la poutine qui met en valeur les saveurs inspirées des saveurs du Sud des États-Unis. De bonnes frites, toutes simples et «crispy», se combinent dans la fourchette avec une belle découverte fromagère. On a utilisé des Crottes de bouc, un fromage au lait de chèvre fabriquée par une fromagerie de l’île d’Orléans. La texture est moelleuse, s’émiettant agréablement sous les dents. C’est délicieux et facile à aborder, même pour ceux qui sont pas trop amateurs de fromage caprin. La sauce à poutine est bien brune et un peu sucrée, faite de gravy de poulet frit composée d’un roux et de sel de céleri. Enfin, une portion de brisket surmonte le tout. Il s’agit d’une pièce de viande de bœuf cuite assez longtemps pour se défaire à la cuillère. La brisket est elle-même enrobée d’une sauce BBQ maison avec un petit côté fumé, sucré et un peu piquant très agréable, avec verdurette d’échalotes. Miam! (M. NICKNER)

La Korrigane

380, rue Dorchester, Québec, 418 614-0932
Photo: Samuel Venière, 2016

Photo: Samuel Venière, 2016

La poutine est une chose sérieuse. Les tenanciers de La Korrigane l’ont compris depuis longtemps. Vous pensiez qu’on n’y servait que de la broue et que les cuisines n’y sont que des supplétifs voués à satisfaire les appétits précipités de fin de soirée? Vous n’avez jamais autant été dans l’erreur. La poutine offerte par l’établissement pour la Poutine Week saura confondre les sceptiques et convertir les néophytes de cet mets raffiné, qui fait la gloire et le prestige (admettons) du Québec. La Korrigane innove en servant la poutine « Chimi » à la bière, qui n’a plus rien à voir avec la régulière poutine à la bière… Comme si on l’avait envoyé à Pimp ma Poutine! Piquante. Saisissante. Son goût ravive les sens et les esprits. En plus des pommes de terre fraîches de l’île d’Orléans et du fromage Perron, qui combinent des saveurs irréprochables, la poutine est recouverte d’un bacon de poulet bio fait maison avec un croustillant qui fait merveille en bouche! Que l’on lise bien ici: un bacon de poulet! Déjà très crunchy, ajoutez-y les oignons frits croquants pour couronner cet amoncellement goûteux et votre appétit sera conquis. En suggestion d’accord avec la bière Feu Follet, crémeuse et ambrée, c’est le party garanti pour vos papilles gustatives. Pourquoi « Chimi »? C’est là toute l’affaire. Car la poutine est servie avec un époustouflant chimichurri (oui, vous pouvez taper ça sur Google), un savant mélange de piments, d’aneth, de paprika, origan, thym, citron, alouettes, carrément explosif qui vous prend par les sentiments dès la première bouchée. Honte à vous si vous manquez l’occasion d’y goûter! (S. VENIÈRE)

Table

395, rue de la Couronne, Québec (418) 647-2458

Le restaurant Table, situé à l’Hôtel Pur, dans sa blancheur minimaliste et chic, propose la Cornichon-cochon, une poutine élaborée par le chef François Privé et le sous-chef Maxime de la Durantaye. Le parfum de cette création s’immisce doucement vers l’estomac qui gargouille sous l’odeur des cornichons frits. On a éparpillé du fromage Rivière Authentique de la Fromagerie des Rivières (située dans le secteur Chauveau) et de l’échalote caramélisée sur le dessus. Au premier abord, l’aspect du fromage n’annonce rien qui vaille : il me rappelle le fromage de cafétéria à l’école secondaire. Toute une surprise: s’il semblait en retenue comme un écolier, le fromage en grains éclate (ou fugue) de façon surprenante en présentant un fameux squik squik 4 étoiles, indispensable à une poutine de caractère. Le fromage étant un élément essentiel de la poutine, le chef de la Table surprend avec un produit frais et nouveau. J’ai beaucoup parlé du fromage, mais vous découvrirez aussi le jambon fumé rôti, un peu gêné et écrasé par les autres parfums mais qui est, à mon avis, la pièce maîtresse de cette poutine, ainsi que l’excellente sauce perlée à base de fond de veau réduit deux fois à l’aide de vinaigre de cidre et de bière rousse, que l’on pourrait sans gêne déposer sur une belle pièce de macreuse ou de bavette. (D. CHAMPAGNE)

Photo: Dominic Champagne, 2016

Photo: Dominic Champagne, 2016

Inspirée du menu de cabanes à sucre, cette délicieuse poutine nous surprend avec ses mélanges de saveurs et de textures. Une portion généreuse de frites se mélange avec des crottes de fromage de la Fromagerie des Rivières, dont la petite taille permet d’apprécier la saveur fondante… et l’expérience amusante d’étirer un long filament de fromage avec sa fourchette. Par dessus les frites et le fromage, une sauce riche et travaillée nous fait fondre de plaisir avec ses saveurs sucrées-salées-fumées. Cette sauce maison contient de la bière, du fond de veau et d’autres ingrédients que l’on aura fait réduire deux fois pour créer un bel ensemble complexe. Une touche de moutarde et de sirop d’érable à cette réduction confère un petit côté qui évoque la mélasse. N’oublions pas la belle portion de jambon, cuit longuement afin de le rendre bien savoureux et moelleux. Une dernière phase de cuisson au sirop d’érable rappelle les repas de cabane à sucre en famille. Finalement, des rondelles de cornichons bien juteux et salés sont frits dans une panure craquante. Ces petites bouchées évitent la monotonie et permettent d’apprécier encore plus la qualité de la sauce. (M. NICKNER)

Aux abords de l’ancien mail Saint-Roch, qui bordait la très fameuse rue Saint-Joseph, principale artère commerciale de Québec dans les années 1960, se trouve le restaurant trop peu connu de l’hôtel Pur. Et pourtant! Ambiance sophistiquée, épurée, charmante à souhait : voici ce qui vous attend en entrant dans la salle à manger de la Table, apprécié pour sa cuisine moderne et réinventée. La poutine offerte dans le cadre de la Poutine Week est prodigieusement opulente. Très chargée, lourde en saveurs complexes et travaillées, elle porte le nom évocateur de «Cornichon cochonne»… Ou «Cornichon cochon»… Ce n’est pas encore vraiment établi, mais qu’à cela ne tienne! Cette poutine aux allures non conventionnelles est tout sauf une banale affaire. Le clou de cette poutine est réservée aux amoureux de légumes (pour une fois), en offrant un mélange de fromage frais de la Fromagerie des Rivières et de pommes de terres frites comme dans un rêve et surmontée de cet intriguant ingrédient qui stimule la fantaisie : des cornichons à l’aneth, frits et panés… MY GOD! Cela vous pousse dans vos retranchements culinaires, laissez-moi vous le dire. La poutine est aussi agrémentée d’un jambon effiloché, braisé, rissolé, habilement fumé et caramélisé à l’érable, qui nous jette carrément par terre. Mais sa toute force réside dans la sauce. Très concentrée, réduite deux fois plutôt qu’une, elle est produite avec le soin d’un Panoramix concoctant sa potion magique dans le secret des dieux (Sérieusement, sa préparation est si complexe que l’on se perd dans sa description). Généreusement sucrée, elle saura autant charmer autant les fines bouches que les plus grands appétits. Bref, une poutine décadente aux saveurs uniques! (S. VENIÈRE)

Pub du Parvis

481, rue Saint-Joseph Est, Québec, (418) 524-0812
cferland-poutineweek-Parvis-sv

Photo: Samuel Venière, 2016

Pourquoi faire simple quand on peut faire mieux? La rue Saint-Joseph recèle de grands et petits restaurants qui restent à découvrir. Vous vous y êtes déjà promené, vous vous êtes peut-être même attardé sur la terrasse du réputé Pub du Parvis pour siroter un cocktail, peinard, en admirant la façade de l’église Saint-Roch, nichée au cœur de ce quartier tant de fois transformé. La poutine que le Parvis vous propose pour la Poutine Week vous sortira des sentiers battus. Dès la première bouchée, on est en terrain inconnu, exotique… mais l’on ne peut plus s’arrêter. Et c’est là que l’on flanche définitivement pour cette poutine Bollywood, style indienne: une poutine complètement repensée qui vous fait voyager là où une poutine ne l’a jamais fait. Poulet, poivrons rouges, fragments d’ananas doux et sucrés, cari et coriandre fraîche forment un mélange survolté. Contre toute attente (et je ne suis pourtant vraiment pas un fan de saveurs hawaïenne), cette poutine tropicale, sautée et étonnante, est un véritable pied-de-nez à la poutine classique. Encore une fois, la sauce vole le show : une sauce au lait de coco et curry, qui ferait se retourner Gandhi dans sa tombe. Na-miam-sté! (La pognes-tu?) Proposée avec la Death Valley, une bière forte et claire, ô combien adaptée à la situation, voilà une poutine qui vous feras dire « à la prochaine fois »! #CopyrightRenéLévesque (S. VENIÈRE)

Versa

432, rue du Parvis, Québec, (418) 523-9995
Photo: Myriam Nickner, 2016

Photo: Myriam Nickner, 2016

cferland-coupcoeurgourmandPoutine italienne à la Benito du chef Benoît au resto Le Versa. Cette délicieuse assiette de bonheur tout moelleux et réconfortante est fait avec des gnocchi maison à la ricotta. Celles-ci sont frites et garnies d’une bonne sauce style Osso Bucco, douce, relevée, avec de la moelle fondante et de la viande de veau braisée très tendre. Le fromage est une mozzarella fraîche exquise, moelleuse comme un nuage. Bref, c’est excellent et c’est une de mes favorite de la soirée : même si on s’éloigne de l’idée générale de ce qu’est une poutine, le plat respecte les concepts principaux à sa façon. En fait, on n’a pas l’impression de manger une poutine mais un bon plat italien réconfortant et chaleureux. Mon coup de coeur. Bien agréable pour se réchauffer au mois de janvier! (M. NICKNER)

Poutineville

735, rue Saint-Joseph Est, Québec, (581) 981-8188
cferland-poutineweek-Poutineville-gb

Photo: Geneviève Bergeron, 2016

Un soir de première! Ma première poutine de 2016, ma première visite dans ce resto et ma première participation à ce genre d’exercice. Pour la Poutine Week, Poutineville nous accueille en ses murs de briques rouges avec une assiette de frites, fromage et sauce, certes! Or, le tout est accompagné de morceaux de bavette de bœuf marinée 24h, d’un coulis de piment fort et de beaucoup d’échalotes. J’adore les échalotes, et il y en a pas mal, donc ça me plaît au premier regard. La taille de l’assiette est généreuse (peut-être pas pour un bûcheron, par contre) et la présentation format gratte-ciel est originale et nous fait oublier que c’est un resto de poutines. Disons-le, la bavette marinée et le piment fort, c’est un bon plan. C’est relevé et assez doux pour ceux qui préfèrent ne pas boire un litre d’eau en même temps! Cependant, je suis un peu déçue par les frites. Pour un resto « spécialisé » dans la poutine, les frites, il me semble que c’est crucial! Elles sont quelconques. Le fromage, puisqu’il fait partie des éléments essentiels, il est correct, mais il ne retient pas mon attention. Mais admettons que, pour rendre justice à la bavette, un fromage trop goûteux aurait nui. Mon appréciation générale étant très bonne, j’envisage même d’y retourner pour essayer la formule «poutine personnalisée»! (G. BERGERON)

Wok’n’roll

761, boul. Charest Est, Québec, (418) 522-8800
Photo: Dominic Champagne, 2016

Photo: Dominic Champagne, 2016

Le légendaire restaurant Wok’n’Roll propose cette année une poutine végétarienne sucrée et salée. Elle a l’aspect d’un pad thaï mais, lorsqu’on l’examine de plus près, on retrouve les fameuses frites et le fromage. Car il s’agit bien de poutine : ce plat où l’on tente d’atteindre l’équilibre parfait entre trois ingrédients incontournables. Dans cette version végé, nous y trouvons aussi du poivron, des champignons, des fèves germés et un peu de carottes râpées. La sauce thaïlandaise épicée au lait de coco et pâte de cari rouge est surprenante. Nous avons une longue histoire coco et moi: lorsque j’en retrouve un plat, je me revois, enfant, devant enfiler un casque de bain pour entrer dans une piscine… Bref cette sauce, avec son coco sucré un peu trop prononcé, est certes audacieuse mais m’a moins plu. Tous les goûts sont dans la nature. Le décor «Mad Men» immersif vaut le détour. Je n’ai pu m’empêcher de monter à l’étage pour prendre en photo le magnifique salon au dessus des cuisines. L’endroit a conservé son charme d’une époque soignée, mais au cours de laquelle on détruisait des quartiers entiers pour construire des bretelles d’autoroute inutiles. Le Wok’n’Roll, vestige du quartier chinois de Québec, présente une poutine à son image : tenace et explosive comme son enseigne lumineuse. (D. CHAMPAGNE)

La poutine végé-thaï concoctée par le Wok’n’roll pour la Poutine Week est très est surprenante. Moins photogénique que d’autres, mais surtout, la première bouchée surprend : la sauce thaï est épicée et légèrement sucrée. Le résultat est très bon, mais loin de ce que l’on goûte habituellement dans une poutine. Une fois la surprise passée, on revient rapidement pour d’autres bouchées! Sous la sauce onctueuse, on trouve des légumes qui croquent sous la dent : fèves germées, carottes, champignons et poivrons. Bien que nous goûtions peu les légumes dans la sauce, ils s’avèrent frais et très appréciés, ajoutant de la vitamine à un plat qui en contient habituellement peu. Les frites font bonne figure, mais c’est la sauce qui vole la vedette (et prend un peu le dessus sur le reste). Une poutine originale que je verrais volontiers sur le menu régulier. À l’heure où on a tendance à rendre nos poutines gastronomiques avec toutes sortes d’ingrédients plus impressionnants les uns que les autres, la végé-thaï me plaît par sa simplicité. Si la végé-thaï risque de passer un peu inaperçu parmi les 63 choix offerts pendant la Poutine Week, elle est tout de même une digne concurrente de la semaine, qui réussira à vous faire voyager! (L. F.-A.)

Un resto asiatique, dont la décoration est inspirée des années 1960, qui se lance dans la poutine! Moi aussi, j’ai sourcillé. Mais puisque le débat de la paternité entre Victo’ et Drummondville n’est pas réglé, je ne suis dit qu’on pouvait aussi bien y ajouter l’Asie! Le Wok’n’Roll propose donc des frites et un soupçon de fromage avec une sauce thaï de lait de coco épicé au cari. On y ajoute les éternels légumes à sauter, dont les fèves germées et les champignons. C’est une «version mets chinois» de la poutine, ça, il n’y a pas de doute. On peut même tenter l’expérience avec les baguettes! Est-ce que je suis charmée pour autant? Non. Le lait de coco et les frites sont davantage un mariage de raison que d’amour. Et quant à moi, les quelques petits morceaux de fromage sont insuffisants. L’ensemble manque aussi un peu de couleur: c’est plutôt pâlot! Je dois quand même souligner qu’il s’agit d’une poutine végé, mais il s’agit du seul bon point que j’ai pu lui trouver, et j’ai vraiment tenté d’être objective. (G. BERGERON)

Pub Edward

824, boul. Charest Est, Québec, (418) 523-3674
Photo: Geneviève Bergeron, 2016

Photo: Geneviève Bergeron, 2016

L’esprit des lieux est bien représenté dans cette assiette, avec cette poutine Oktobeerfest (oui, oui, il y a un jeu de mots très subtil dans le nom de la poutine), cette proposition du Pub Edward se voulant un hommage à la célèbre tradition bavaroise! Sur le dessus de l’assiette trône littéralement une demi-saucisse Oktobeerfest. Vient ensuite une bonne portion de choucroute à la bière (il y a des traditions qui ont fait leurs preuves depuis longtemps). Les frites ne se démarquent pas particulièrement et, comme le plat est déjà plein de saveurs, je n’ai pas trop remarqué leur présence. Mais j’ai adoré la sauce aux fines herbes, à laquelle on a cru bon d’ajouter un coulis de caramel à la bière. Sa saveur sucrée est vraiment surprenante avec l’acidulé de la choucroute et le salé de la saucisse grillée. Si le fromage est en quantité très limitée, ce qui est un peu décevant pour l’œil, on comprend le choix éditorial une fois qu’on entame l’assiette! C’est très bien balancé ainsi. Suis-je emballée? Je pense qu’un amateur carnivore appréciera davantage cette poutine que moi. Dois-je préciser qu’il faut évidemment l’accompagner d’une bière? C’est un must! (G. BERGERON)

Mo Resto Bar

810, boul. Charest Est, Québec, (418) 266-0221
Photo: Dominic Champagne, 2016

Photo: Dominic Champagne, 2016

Que dire sur la Pout’tiflette, une poutine sans fromage en grain? Qu’elle est une audacieuse. Mais l’audace est risquée et s’avère parfois être un couteau à deux tranchants. Ici nous tombons du côté douillet de la lame. Un risque calculé savamment. Il s’agit de juliennes (un format que je n’aime habituellement pas pour la poutine mais qui est adéquat ici) sur lesquelles sont déposées des lamelles de double crème Brise du matin de la fromagerie Alexis de Portneuf, une pâte molle de lait de vache. Est-ce que le brie fonctionne sur une poutine? Absolument. Même si on a voulu le faire discret, ses deux ou trois tranches torchaient la ligue. Est-ce que les crottes de fromage m’ont manqué? Certainement, et un mélange des deux aurait été incroyable, mais il faut respecter le budget. Peut-être que, en 2085, les poutines seront garnies de fromages affinés, Marty!!? La sauce demi-glace crémeuse aux lardons et poireaux me semble trop discrète: j’aurais aimé en retrouver davantage. L’effiloché de poireaux sur le dessus de la poutine nous rappellent par contre sa présence. On nous a servi cette poutine avec un demi-verre de bière Belle Gueule ambrée, une bonne idée.(D. CHAMPAGNE)

Elle s’appelle la Pout’iflette. Eh oui, le lien de parenté avec la tartiflette n’est pas un hasard, il est avéré et assumé! Cette poutine se compose de poireaux émincés et frits, d’une sauce crémeuse avec des lardons et des tranches de brie double crème fondant. En plongeant sous la surface, on retrouve aussi des juliennes de frites. Cette poutine est très riche : oui, je le concède, il s’agit tout de même d’une poutine et non d’un repas approuvé par Montignac. Tout de même, la sauce, les lardons et le brie, c’est costaud! Au goût, c’est bon, crémeux et légèrement fumé grâce aux lardons. Et la touche croustillante des poireaux (quoique frits) donne bonne conscience. Dans les faits, j’ai essayé les frites pour le principe, car la sauce à elle seule s’avère très nourrissante et suffisamment goûteuse! La portion est généreuse, très généreuse de mon humble point de vue. Je recommande particulièrement cette poutine dans un contexte d’après-ski lounge (j’ai eu une image de chalet suisse en contemplant cette assiette, je ne sais pas pourquoi). (G. BERGERON)

Restaurant SSS

71, rue Saint-Paul, Québec, (418) 692-1991

Le Restaurant SSS propose une poutine haute en couleur. Ce resto a bien réussi l’exercice de style en mariant élégamment la finesse de sa cuisine et la tradition de la poutine. Le résultat est appétissant dès le premier regard. La présentation est élaborée et soignée. On ose à peine y plonger la fourchette. Après un instant de retenue par contre, on ose et on ne le regrette pas! Les ingrédients sont nombreux et très savoureux. Les éternelles frites sont accompagnées d’une compote d’échalotes grises confites avec de la moutarde, de canard confit avec de la coriandre et du piment d’Espelette et du fromage de chèvre. Le tout est surmonté de tomates confites, de roquette, de croûton de chèvre et d’un filet de vinaigre de Xérès. La liste est longue. La complexité de l’assiette fait qu’on en perd des bouts et c’est dommage! Heureusement, il s’agit d’un mélange qui est très bon au goût, je vous l’assure! C’est audacieux et surprenant. Je n’ai qu’une réserve à formuler quant à l’ajout du vinaigre. Avec la « salade », c’est excellent, par contre, sur les frites et le fromage de chèvre, un peu moins! J’ai particulièrement aimé la proposition de légumes qui, en plus de colorer l’assiette, rendent le tout moins lourd, c’est frais et croustillant. Bonne nouvelle, la taille de l’assiette permet probablement de prendre un dessert… ce qui est loin d’être une torture dans ce resto, bien au contraire! (G. BERGERON)

Étant plutôt puriste côté poutine, je dois dire qu’il n’y a rien de classique dans la poutine du SSS (Simple Snack Sympathique). Cette poutine gastronomique est peut-être justement un brin trop «gastronomique», sans être mauvaise pour autant. Si l’odeur du vinaigre et de la coriandre a saisi mon gros nez dès l’arrivée, il s’est par la suite rempli de joie en sentant la poutine arriver. La composition du plat est très recherchée. Le canard confit est accompagné d’une purée d’échalote, de fromage de chèvre, de moutarde, de pesto aux noix de Grenoble et citron, de tomates confites, de coriandre et de roquette. Il y a évidemment des frites ; de toutes petites frites, cachées sous une énorme montagne de garniture. Chaque bouchée est une véritable surprise: certaines étaient malheureusement un peu trop acides, en raison du citron, de la roquette et du pesto, ou alors le goût du fromage de chèvre s’avérait un peu trop présent, ce qui me fait dire que cette poutine est loin d’être «équilibrée». Au final, j’aime bien cette audace, même si la complexité du plat m’a fait un perdre l’idée que je mangeais une poutine. C’était la première fois que je goûtais une «poutine-roquette»… c’est très original. Le goût de la coriandre aussi était aussi excellent et rehaussait bien le plat. (L. SAINT-LAURENT)

Photo: Léa Fischer-Albert, 2016

Photo: Léa Fischer-Albert, 2016

En entrant au SSS, on est automatiquement enveloppé par l’ambiance feutrée, moderne et chaleureuse. Alors que le chef vient décrire son œuvre concoctée spécialement pour la Poutine Week, que mes narines sont titillées par l’odeur succulente et que les couleurs harmonieuses me remplissent les yeux, le premier mot qui vient à l’esprit, c’est « ouf! ». On est à un niveau élevé d’exécution ici! Très loin de la poutine conventionnelle, celle du SSS est une version gastronomique. Dès la première bouchée, je suis transportée de bonheur. Oui, je mange un plat si éloignée des frites, sauce brune et fromage en grains que je ne peux presque plus l’appeler une poutine, mais l’harmonisation surprenante des ingrédient pardonne tout! Pris séparément, chaque ingrédient est merveilleusement bien exécuté, mais signe qu’un excellent chef est derrière les fourneaux, c’est goûtés ensemble qu’ils se révèlent vraiment. Ainsi, la sauce au chèvre et le canard confit sont bons, mais s’éveillent complètement lorsque ingérés en même temps que la salade de roquette. Quel délice! Dans la catégorie gastronomique, cette poutine est la meilleure que j’ai mangée. Son côté complexe et l’utilisation d’ingrédients forts comme la moutarde, le chèvre et la vinaigrette risquent de ne pas de plaire à tous, mais à mon avis, c’est le 10$ le mieux investi de la semaine si vous voulez une poutine originale, haut-de-gamme et qui va vous reverser! (L. F.-A.)

Fin Gourmet

774, rue Raoul-Jobin, Québec, (418) 682-5849

Le chef du Fin Gourmet, M. Cotton, nous présente une belle poutine à la sauce aux deux poivres. C’est à la fromagerie Les Chèvres, de l’île d’Orléans, qui fournit le Crottes de Bouc, dont les énormes morceaux, faits de lait de chèvre frais, donnent du punch à la présentation et au goût. La sauce aux poivres rose et des dunes, accompagnée d’oignons caramélisés et de lardons, est excellente. Le goût des poivres est très bien équilibré. Le poivre des dunes, un genre de poivre long du Québec, donne un petit goût particulier au plat. Le tout est servi sur de bonnes frites maison croustillantes. C’est une poutine bien équilibrée : la simplicité a parfois bien bon goût! Le Fin Gourmet est bien caché au cœur de Saint-Sauveur. Ce petit resto coquet met en valeur les produits de notre terroir. Vous gagnerez à le découvrir. Aussi, il parait que les brunchs y sont excellents. Bref, ce que je retiens de cette poutine : les mégas-super-gros morceaux de fromage… délicieux! Une excellente poutine dans son ensemble. (L. SAINT-LAURENT)

Photo: Geneviève Bergeron, 2016

Photo: Geneviève Bergeron, 2016

cferland-coupcoeurgourmandCe resto, je ne le connais pas. Jamais entendu parler de ma vie! Je ne connais même pas la rue sur laquelle il est situé. Et pourtant, je suis une urbaine, oui, une vraie. L’aventure me tente déjà! Alors au détour de cette fameuse rue inconnue se trouve un petit local charmant qui gagne à être découvert. Le Fin gourmet est chaleureux dès qu’on en franchit le seuil. Le chef y propose sa poutine «La Chèvre de M. Cotton». Comme son nom l’indique, le fromage de chèvre est à l’honneur et pas n’importe lequel, celui d’un producteur de l’île d’Orléans. En plus c’est terroir. On aime ça! Les frites sont recouvertes d’une sauce aux deux poivres (pour les curieux, il s’agit du poivre des dunes produit au Québec et du poivre rose) et d’une tombée de lardons et d’oignons caramélisés. De généreux morceaux de fromage de chèvre sont parsemés sur le dessus. C’est juste super bon! J’ai fait l’expérience frites, sauce et fromage tous mélangés et pris séparément. C’est bon dans tous les cas. La sauce aux poivres est un peu piquante, le poivre ressort bien sans prendre toute la place. Parce qu’on veut laisser respirer le fromage de chèvre, délicieux avec les oignons caramélisés, c’est presque divin. La portion était un peu trop petite puisque la gourmande en moi disait « Encore »! Celle-là, on ne la partage pas avec beaucoup d’entrain et je parle de fait vécu! Vous l’aurez compris, c’est MON coup de cœur, mon cinq étoiles, mon plus meilleur au monde sans le moindre doute! Et je fais la promesse d’y retourner sous peu. Vraiment un petit bijou de resto… mais comme il n’y a pas beaucoup de place, je conseille de réserver! (G. BERGERON)

Griendel

195, rue Saint-Vallier Ouest, Québec, (581) 742-2884

Pour finir la soirée en beauté, la dernière dégustation se déroule au nouveau spot gourmand du quartier Saint-Sauveur. Au Griendel, on nous offre une interprétation de la Poutine râpée acadienne croisée avec le hot chicken. Servie sur une belle ardoise, cette énorme portion de réconfort est une construction plutôt complexe. Une boule pomme de terre frite farcie de poulet, de fromage et de leur sainte-sauce. L’ensemble est déposé sur un amas de frites, de poulet, de grains de fromage et de petits pois verts bien colorés. Les convives se sont régalés de son délicieux fromage en grain de (la Chaudière? Pas sûre). Un peu de légumes sous la forme des petits pois verts comme verdure étaient bienvenu après plusieurs plats. La poitrine de poulet coupée en tranche fine évoque la galvaude ou le hot chicken, mais sans cette texture désagréable de pain blanc ramolli de sauce brune. Parlant de sauce, celle-ci est super bonne et en quantité raisonnable, ce qui évite de noyer les frites et permet d’apprécier la saveurs des différents ingrédients. Une belle expérience à partager à 2 ou plus. Après autant de tests, c’est une des rares fois où je ne me suis pas trop retenue de revenir piger car c’était excellent! (M. NICKNER)

Photo: Geneviève Bergeron, 2016

Photo: Geneviève Bergeron, 2016

Cette toute nouvelle brasserie de Saint-Sauveur a fait le choix d’une recette comfort food, de celle qui éveille les souvenirs d’enfance ou d’after hour sur Grande Allée : la galvaude! En effet, le Griendel propose une boule de poutine farcie de style galvaude servie sur assiette d’ardoise. Évidemment les petits pois et le poulet se démarquent et sont en abondance. De leur côté, la sauce et le fromage sont classiques et il s’agit là d’une qualité puisque cela permet de bien mettre en valeur le goût assez doux des autres ingrédients. L’ambiance est sympathique, les grandes fenêtres nous laissent voir l’hiver, mais bien au chaud! La présentation de l’assiette est plutôt bon enfant et cela va de pair avec cet endroit sans prétention (il s’agit, encore là, d’une qualité). Personnellement, je n’ai pas aimé ce mélange de petits pois et de poulet, mais les gars autour de moi ont raffolé. Par contre, je me permets de souligner que les frites sont très, très, très bonnes. Vraiment, elles valent le détour et je suis experte en la matière! La portion est généreuse. Un bon appétit en viendra à bout, pour les autres, on peut partager. J’oubliais, une dernière chose et non la moindre… la poutine du Griendel est servie avec un galopin de bière locale. Poutine et bière dans une brasserie artisanale, on joue avec des valeurs sûres! (G. BERGERON)

*

BONUS : des suggestions pour faciliter le stationnement dans ce secteur de la ville 🙂

*

Suivez ces liens pour lire ma très, très brève histoire de la poutine ainsi que les critiques/appréciations des Parcours #2, Parcours #3, Parcours #4 et Parcours #5.

Collaborateurs pour ce parcours

Myriam NICKNERJeune femme d’affaire créative et passionnée par les saveurs d’ici, finissante au bacc. en ethnologie et patrimoine de l’Université Laval avec profil entrepreneurial.

Samuel VENIÈRE – Né à Québec, amoureux de sa ville, fou raide d’histoire, de mangeaille et de bonne buvaille.

Dominic CHAMPAGNE – Épicurien, amateur de culture, aussi blogueur à MonLimoilou.com et MonSaintRoch.com.

Geneviève BERGERONOriginaire de Québec, passionnée d’histoire, de livres et de cinéma.

Luc SAINT-LAURENT– Fier résident de Saint-So, aime la bonne bière et la nourriture saine et bien grasse.

Léa FISCHER-ALBERT – Beauportoise de naissance, « St-Sauvée » par choix! Passionnée de théâtre, de bonne bouffe et de rires aux éclats. Gestionnaire d’une compagnie de théâtre jeunesse et blogueuse, elle s’intéresse aux initiatives citoyennes et communautaires, aux arts, et encore plus à une combinaison des deux!

*

Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle effectue des chroniques à la radio et à télé, en plus de faire des conférences et animations gourmandes aux quatre coins du Québec. Parmi ses ouvrages, mentionnons Bacchus en Canada. Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France (Septentrion, 2010) et La Corriveau, de l’histoire à la légende (Septentrion, 2014). Elle signe des critiques culinaires au journal Le Devoir et blogue au catherineferlandhistorienne.com.

La Poutine Week 2016 à Québec (partie 1)

Variations sur le thème des patates, de la sauce brune et du fromage

(Au fait, si vous atterrissez sur mon blogue pour la première fois, bienvenue à vous! Consultez cette page pour savoir qui je suis!)
Poutine du resto la Table, 2016. Photo: Dominic Champagne

Poutine du resto la Table, 2016. Photo: Dominic Champagne

Alors que nous sortons à peine de la période des Fêtes – et de ses innombrables repas et rencontres de famille où l’on mange systématiquement trop – je me suis retrouvée avec un épineux problème…

Voilà : l’organisation de la Poutine Week de Québec, qui aura lieu du 1er au 7 février 2016, m’a invitée à tester autant de poutines que je le désirais en pré-dégustation. La liste en comptait 63. Soixante-trois, oui. Wow! Une telle entreprise étant peu compatible avec ma volonté de «faire attention» à ma santé, j’ai décidé de me constituer une équipe de collaborateurs-goûteurs enthousiastes afin de couvrir le plus grand nombre possible de restaurants participants!

(Pour moi qui suis collaboratrice resto pour Le Devoir, gérer les critiques réalisées par des collaborateurs représente d’ailleurs un très agréable changement! 😀 )

J’aurai donc le plaisir de vous présenter une quarantaine de poutines réparties en cinq parcours, soit:

#1. Vieux-Port–Saint-Roch

#2. Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge

#3. Montcalm–rue Saint-Jean

#4. Lebourgneuf–Limoilou

#5. Grande Allée–Quartier Petit Champlain

~ Vous pourrez ainsi faire un choix éclairé lors de la Poutine Week! Youppi! ~

*

Mais avant de plonger la fourchette, voici un petit topo – OH QUE OUI, vous n’y échapperez pas! – sur l’histoire de la poutine. Puisque vous salivez déjà, je serai magnanime : je promets de faire ça vite.

Et pour vous mettre dans l’ambiance, je vous invite à écouter la désopilante pièce Hommage en grain du groupe québécois Mes Aïeux (album «En famille», Disques Victoire, 2004). La ritournelle risque de vous coller aux tympans. Soyez prévenus.

(Très, très brève) histoire de la poutine

Patates, sauce brune et fromage, c’est engraissant, quel dommage !
Patates, sauce brune et fromage, une part de notre héritage…
– Mes Aïeux, Hommage en grains, 2004

Je pourrais bien sûr étirer la sauce (ah ah ah), mais il se trouve qu’on peut facilement résumer la mythique création de la poutine en six points:

  1. Il y a environ 9000 ans, la pomme de terre apparaît en Amérique du Sud.
  2. Il y a environ 8000 ans, le fromage est «inventé» – accidentellement – à l’autre bout du monde, quelque part au Proche-Orient.
  3. Un beau jour (il doit y avoir autour de 3500 ou 4000 ans, qui pourrait le dire?), quelqu’un décide d’épaissir un bouillon de viande avec un peu de farine grillée puis de réduire le tout. La sauce demi-glace est née.
  4. Introduite en Europe suite aux grandes explorations du XVIe siècle, la pomme de terre y est adoptée dans certaines régions. On commence à la cuisiner de diverses manières, notamment en friture.
  5. Grâce aux avancées de la modernité, un inventeur parvient, dans les années 1830, à créer une version en poudre, transportable et pratique, de la sauce brune.
  6. Vers la fin des années 1950, à quelque part au Québec dans la région des Bois-Francs*, quelqu’un a l’idée de génie de combiner les patates, la sauce brune et le fromage frais en grains, aussi affectueusement appelé «fromage chouik-chouik», créant ainsi la POUTINE.

cferland-idee-genie* Non, je ne me prononcerai pas sur ce brûlant sujet géopolitique qu’est le réel berceau de la poutine. J’ai des amis qui proviennent des villes «pressenties», voyez-vous, et je tiens à les conserver! 😉

À vos fourchettes!

Je vous avais promis que l’historique serait bref! Prêts? Allons-y! C’est par ici:

*

Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle effectue des chroniques à la radio et à télé, en plus de faire des conférences et animations gourmandes aux quatre coins du Québec. Parmi ses ouvrages, mentionnons Bacchus en Canada. Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France (Septentrion, 2010) et La Corriveau, de l’histoire à la légende (Septentrion, 2014). Elle signe des critiques culinaires au journal Le Devoir et blogue au catherineferlandhistorienne.com.

Devenir historien en 7 étapes (première partie)

… ou comment tirer son épingle du jeu en contexte chaotique

Il y a maintenant plus d’un an que j’ai décidé de créer mon entreprise et de travailler à mon compte comme historienne professionnelle. En ces temps sombres où, presque tous les jours, de nouvelles coupes/compressions/austérisations nous tombent dessus, je m’en sors plutôt bien. Pourquoi? J’essaie de de comprendre. Je réfléchis à ce qui, en 2015, constitue le métier d’historien. Quel est le devoir de l’historien? Quelles sont les caractéristiques qui le définissent? Comment identifier les attitudes à adopter et les pièges à éviter? Voici le résultat de mon remue-méninges… sous forme de sept «commandements» ou préceptes. Sans prétention, pour le plaisir… et, surtout, pour vous amener à poursuivre la réflexion!

1) Une spécialité tu développeras afin d’être reconnu comme un expert

cferland-colloque-100ans-10J’aime bien établir un parallèle entre l’histoire et la médecine. Vous le savez déjà, il existe de nombreuses spécialités en médecine. En cas de problème aux oreilles, vous vous tournerez naturellement vers un oto-rhino-laryngologiste (ORL) car son titre vous informe qu’il a longtemps étudié pour acquérir cette expertise pointue. Personne ne songerait à consulter un ORL pour une verrue plantaire, n’est-ce pas! D’une manière analogue, une personne qui veut développer sa crédibilité comme historien doit préférablement choisir une spécialisation et y consacrer suffisamment de temps pour devenir un expert et se démarquer. Comme cela, c’est à VOUS qu’on pensera lorsqu’on aura besoin d’un point de vue historien sur une question précise.

Il existe plusieurs stratégies pour vous positionner comme expert. Cela peut être au moyen d’articles dans des publications à large diffusion (je pense à l’excellente revue Cap-aux-Diamants), de conférences publiques ou d’interventions dans divers événements. Bien sûr, la réalisation d’une maîtrise (et même d’un doctorat) peut s’avérer un atout car cela démontre votre «sérieux» en plus de vous donner du matériel pour publier et donner des conférences dans des bibliothèques, des sociétés d’histoire et ailleurs.

cferland-jmlebel-tresors-capitaleCe qu’il faut comprendre, c’est que tous les moyens que vous choisirez auront une influence les uns sur les autres, contribuant à construire votre crédibilité comme historien. Et à vous donner du travail! Commencez simplement. L’article que vous avez publié vous donnera une occasion de passer à la radio, ce qui vous vaudra une invitation à faire une conférence, au cours de laquelle vous jaserez avec quelqu’un qui vous proposera un petit contrat, qui vous amènera ensuite à préparer un nouvel article, etc. Il s’agit ici de synergie. Ce faisant, votre nom circulera de plus en plus comme étant un spécialiste de ces questions. Bien sûr, avant d’avoir la renommée d’un Jean Provencher, d’un Jean-Marie Lebel ou d’un Jacques Lacoursière, vous devrez travailler fort… mais ça viendra!

2) Les occasions de réseautage tu rechercheras activement

Le Rat de bibliothèqueLes historiens ont parfois une petite tendance asociale. On ne se le cachera pas: si quelques-uns développent des habiletés de communication  – j’élaborerai au point 6… dans la suite de ce billet –, on retrouve beaucoup de chercheurs en histoire qui sont beaucoup plus à leur aise lorsque cachés derrière leur écran d’ordinateur, leur(s) pile(s) de livres(sss) menaçant de s’écrouler sur leur clavier! Le cliché du «rat de bibliothèque» a un petit fond de vérité.

Or, si vous souhaitez faire votre place dans le milieu des historiens, il vous faudra sortir un peu et construire votre réseau professionnel. Les mandats et contrats n’apparaitront pas comme par magie. Si on ne sait pas que vous existez, on ne pourra pas penser à vous. Pas besoin de prendre un abonnement dispendieux dans un club de golf: quand on y songe, les occasions de réseautage (sociales, institutionnelles, professionnelles, etc.) sont nombreuses! Recherchez-les.
Voici quelques suggestions, en vrac, pour rencontrer des gens:

  • accepter l’invitation de collègues qui vont «prendre un verre» quelque part;
  • participer aux assemblées, comités, C.A. ou autres structures administratives en lien avec la profession;
  • assister à des lancements de livres et, pourquoi pas, à des vernissages d’expositions;
  • suivre les actualités du milieu des historiens par l’entremise des réseaux sociaux (voir le point suivant);
  • participer à des colloques, congrès et journées d’étude, même si c’est seulement comme auditeur;
  • convoquer quelques collègues et amis pour un café autour d’un thème particulier.

De manière générale, soyez simplement à l’affut de situations où vous pourrez discuter avec des personnes influentes.

3) Les nouveaux médias tu mettras à profit intelligemment

Comme la plupart des gens, les historiens apprécient les réseaux sociaux tels que Twitter, Instagram et Google+ et les outils de diffusion numérique comme Vine, Youtube ou Vimeo. Cependant, peu d’entre eux utilisent ces plateformes pour développer leur carrière. Le raisonnement est souvent le suivant: «J’utilise LinkedIn pour le travail, Pinterest pour le fun»… C’est un bon début, mais ce faisant, ils se privent de belles opportunités.

cferland-medias-sociauxSans nécessairement se créer une page Facebook professionnelle (encore que cela puisse s’avérer une bonne idée, selon votre situation), il y a moyen de mettre à profit ces outils pour consolider votre expertise, vous positionner clairement comme historien et étendre votre réseau. Pour continuer avec l’exemple Facebook, j’ai opté pour la possibilité de laisser les gens «s’abonner» à mon profil public, ce qui me permet de communiquer avec eux sans devoir obligatoirement les accepter comme «amis». Vous pouvez aussi utiliser les diverses fonctionnalités pour créer des catégories («Amis proches», «Contacts professionnels», etc.) auxquelles vous posterez des contenus différents.

En matière de ce qu’on peut publier sur ces différents médias, je n’entrerai pas dans les «à faire ou à éviter». Il existe pas mal de ressources sur les sites et blogues spécialisés en médias sociaux qui vous expliqueront parfaitement pourquoi c’est une mauvaise idée d’utiliser telle photo de party en guise d’image de profil ou de partager tel article potentiellement polémique. Je dirai cependant trois choses:

A- Comme historien, il est tout à fait possible d’utiliser vos différents profils à la fois de manière personnelle et professionnelle… en évitant bien sûr de verser dans la constante autopromotion pour ne pas agacer les gens qui vous «suivent»! Ici comme en d’autres domaines, le jugement est de mise. Alternez les réflexions personnelles et la photo de votre dernier repas entre amis avec des éléments plus «sérieux» susceptibles d’intéresser les gens qui vous suivent. Et soyez généreux: commentez et partagez les publications de vos amis historiens. Nous sommes si peu nombreux, il faut bien s’entraider!

B- Apprenez si possible à utiliser les différentes plateformes pour maximiser la portée de vos nouvelles… mais pas toutes les plateformes en même temps! Des ressources existent pour vous indiquer quels sont les meilleurs moments (jour de semaine, heure, etc.) pour publier sur Twitter, Pinterest, Facebook et tous les autres. Personnellement, je vous l’avoue, ça m’agace de recevoir en MÊME temps des «notifications» de la MÊME personne sur quatre réseaux pour la MÊME chose. Étudier le passé n’excuse en rien le manque d’habileté avec les outils actuels. My two cents, comme le disent nos amis anglophones.

cferland-troll-internetC- En tant qu’historien, votre réseau familial, amical et professionnel vous accorde sa confiance en ce qui a trait aux questions d’histoire. Mais nul n’est parfait et l’erreur est possible. Si vous avez fait fausse route, par exemple en partageant un article qui, après coup, s’avère provenir d’un site dont la crédibilité est douteuse, il n’y a pas de honte à faire amende honorable. D’un autre côté, ne passez pas votre temps à traquer les erreurs dans les publications de vos relations, au risque de vous retrouver avec l’étiquette de «troll historique». 😉

*

En attendant le prochain billet où je vous livrerai les 4 autres points, voici un collage que vous avez peut-être vu passer sur les médias sociaux, selon la formule du «What […] thinks I do». J’aurais aimé vous le proposer en français, mais je manque de temps pour en bricoler un. Si quelqu’un se dévoue et me l’envoie (sans fautes de français SVP… tant qu’à faire, faisons-le bien!), je promets de remplacer cette image par la version française.

MISE À JOUR, 7 juillet 2015 – Un collègue historien a rapidement répondu à l’appel : on dira ce qu’on voudra, mais le numérique, c’est l’fun et ça permet d’atteindre des objectifs avec une efficacité exceptionnelle! Merci, René Beaudoin! Comme promis, voici donc la version française du fameux collage.

Ce qu'on pense

À très bientôt pour la suite!

Bises.

Catherine

Catherine Ferland est historienne, auteure et conférencière. Depuis 15 ans, ses thématiques de prédilection – histoire de l’alimentation, des boissons alcooliques, des petits produits «plaisir» et de la culture en général – lui donnent la chance de participer régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de l’amener à faire des conférences aux quatre coins du Québec.

Contre la grisaille automnale

L’automne, nombreux sont ceux qui commencent à ressentir les effets du manque de lumière, de la pluie et de la grisaille.

Nos aïeuls n’y échappaient pas… sauf qu’au lieu de se procurer de la vitamine C à la pharmacie la plus proche, ils recouraient volontiers aux pilules, décoctions spéciales et «toniques» vendus par correspondance pour remédier à l’anémie, à la chlorose6883, à la débilité et au surmenage… Certaines se ces préparations comportaient de fortes doses d’alcool – ce n’est pas un grand mal, me direz-vous – mais aussi des ingrédients moins inoffensifs comme de l’extrait de cocaïne, de la morphine, des métaux lourds et des produits qui, de nos jours, seraient évidemment proscrits. Une imagerie soignée venait en renfort publicitaire: les revues et journaux anciens en sont remplis.

Un petit verre de vin Biquina avec ça?

«Vin Biquina: le plus agréable des apéritifs, le plus puissant des toniques», publicité parue dans L’album universel, vol. 22, no 1128 (2 décembre 1905), dernière page. Source: Bibliothèque et archives nationales du Québec, collection numérique d’images anciennes, no. 6883. Domaine public.

 

Catherine Ferland est historienne, auteure et conférencière. Depuis 15 ans, ses thématiques de prédilection – histoire de l’alimentation, des boissons alcooliques, des petits produits «plaisir» – lui offrent l’occasion de participer régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de l’amener à faire des conférences aux quatre coins du Québec.