Bilan de 25 mois d’entrepreneuriat et de passion

Ce que j’ai appris, espéré, réfléchi, accompli

Il y a maintenant un peu plus de deux ans que j’ai osé me lancer en affaires. N’ayant presque jamais côtoyé d’entrepreneurs (les membres de ma famille et mes amis étant, pour la plupart, employés de l’État ou d’entreprises privées), j’ai dû me former et puiser l’inspiration ailleurs. Je vous présente ici, bien humblement, quelques réflexions sur mon parcours entrepreneurial encore tout jeune, tant sur les facteurs de réussite que sur les éléments n’ayant pas abouti.

N’hésitez pas à me livrer vos réactions à la fin de cet article!🙂

Photo: Crawford Iffland/Unsplash

Photo: Crawford Iffland/Unsplash

1. L’organisation est la clé de tout. Sans structure, même les meilleures idées ou les projets les plus prometteurs n’ont aucune chance d’aboutir. Il est essentiel de planifier les étapes et le temps nécessaire pour les mener à bien. Dans ma première année en affaires, j’ai «échappé» un mandat important parce que ma gestion de projet laissait à désirer et que j’avais mal évalué le temps, les délais, les éléments relevant des collaborateurs… De manière générale, je ne me préparais pas assez, étant dispersée dans autre chose. Je manquais d’expérience et d’outils. Pour y remédier, j’ai lu sur le sujet et je me suis trouvé (en les adaptant) des modèles de gestion de projets. Je vous assure que j’ai mené mes mandats suivants de façon beaucoup plus serrée!

2. L’audace est payante à court, moyen et long terme. Ça semble une évidence, mais ce n’est pas toujours facile d’oser et de s’afficher avec enthousiasme et confiance en soi. Est-ce notre fameux «héritage judéo-chrétien» qui sabote parfois la volonté de réussir en nous soufflant à l’oreille «Ben voyons, pour qui te prends-tu?» Mais c’est important de s’affranchir de la peur d’avoir l’air vaniteux, car après tout, lorsqu’on parle de son travail ou de son produit avec passion, on a tout simplement l’air… passionné! Personnellement, j’ai dû travailler beaucoup sur ma timidité naturelle, qui freinait le réseautage. Le fait de m’appuyer sur ma passion pour proposer mes services m’a aidée à surmonter mon sentiment d’imposteur et, surtout, m’a permis de décrocher de très intéressants contrats.

3. Exprimer un souhait publiquement contribue à sa réalisation. Une bonne idée, l’envie d’entreprendre un projet, le désir d’explorer une avenue n’auront aucun retentissement concret si vous gardez cela pour vous! Mais quand on en parle autour de soi, cela produit deux effets. D’abord, on engage sa parole, d’une certaine façon, puisque notre entourage nous en parlera: «Puis, ton livre, ça avance?» Si vous saviez le nombre de trucs (mandats professionnels ou projets personnels) que j’ai complétés par orgueil!😉 Ensuite, j’ai remarqué que le fait d’en parler «attire» bien souvent les bonnes personnes pour en permettre la réalisation. Si on est informé de votre intérêt, l’information circule et il y a bien plus de chances qu’on vous propose quelque chose en ce sens. Bah, cela fait quelque fois que j’exprime mon désir de trouver un mécène pour m’envoyer en Europe… qui sait? Hi hi!

4. La chance est un élément non négligeable dans la réussite entrepreneuriale. Eh oui, rien ne sert d’être hypocrite, il est vrai que le facteur chance intervient souvent en affaires. Être au bon endroit au bon moment, rencontrer «par hasard» la personne qu’il faut, voir ou entendre quelque chose qui nous permet de débloquer une situation sur laquelle on butait depuis quelques temps… Mais en même temps, s’agit-il vraiment de chance ou bien d’une sorte de synchronicité qui s’installe et «fait arriver les choses», quand on est connecté à sa passion et aux humains qui nous entourent? Je n’ai pas la réponse à cette question. Je continue à m’interroger…

5. Rigueur et persévérance sont garantes de succès. Ces jours-ci, j’ai le grand bonheur de collaborer à nouveau avec un homme pour lequel j’ai beaucoup d’estime, Jean-Robert Leclerc, ancien président des Biscuits Leclerc. J’apprends beaucoup en côtoyant monsieur Leclerc, notamment au chapitre de la rigueur: l’entreprise qu’il a dirigée existe depuis 111 ans, de père en fils, et ce n’est pas par hasard! Être exigeant envers soi-même, se perfectionner, mettre du temps et de la constance dans les efforts, voilà qui mène à la réussite, bien plus que des attitudes défaitistes. Mais attention, il ne faut pas confondre persévérance et entêtement. Ce qui m’amène au point suivant.

6. Oser écouter son instinct. Ah! l’instinct. Dans les sphères intellectuelles, c’est un élément qu’on a tendance à mettre de côté au profit d’arguments rationnels. Pourtant, être à l’écoute de ses sensations, de son feeling par rapport à un projet, à une personne, à un client, c’est indispensable. Dans les dernières années, il m’est arrivé à trois reprises de faire fi de cette petite voix (qui me prévenait que quelque chose ne marchait pas) et de m’entêter en me «raisonnant»: que pensez-vous qu’il s’est produit? Ces trois expériences ont été insatisfaisantes, voire éprouvantes. Je m’en suis sortie, j’ai appris, certes… mais à quel prix! Bref, le jugement combiné à l’instinct, c’est gagnant. Et dorénavant, quand je ne «sens» pas quelque chose, je rectifie le tir.

7. L’innovation et le développement aident à se renouveler. J’en avais parlé un peu dans mes billets sur le métier d’historien (voir partie 1 et partie 2), mais l’ouverture à la nouveauté est comme un vent frais qui vient aérer une pièce et l’empêcher d’accumuler trop de poussière. Je n’ai jamais compris que certaines personnes fassent la même conférence depuis 20 ans, écrivent des articles qui parlent toujours de la même chose, ou exercent leur profession de manière identique à ce qu’ils ont toujours fait. Le monde change, nous devons changer aussi, au risque de s’encroûter. Par exemple, mes trucs sur l’histoire des boissons sont bien sûr mon «fond de commerce» depuis mon doctorat, mais j’ai peaufiné ma manière d’en parler (avec dégustation: une formule qui plaît beaucoup!) et, surtout, exploré plein d’autres champs. Et je continue de le faire. J’aime me lancer des défis.

8. Être proactif: démarrer des projets et proposer des collaborations. Ce constat ne s’applique peut-être pas à tous les domaines, mais dans celui où j’exerce, c’est une attitude qui m’a bien servie jusqu’à présent. Communiquer avec des réalisateurs pour proposer des chroniques d’histoire, avec des rédacteurs pour offrir des articles sur des sujets précis, avec des responsables de sociétés d’histoire pour indiquer mon intérêt à faire des conférences… Si j’étais restée «sagement» dans mon bureau à attendre les mandats, je pense que bien des choses se seraient passées autrement! Et j’admets que c’est très satisfaisant, d’un point de vue personnel, lorsqu’une démarche porte fruit!

Photo: Kendall Lane/Unsplash

Photo: Kendall Lane/Unsplash

9. Garder le focus, toujours. C’est si facile de se laisser submerger par les courriels, les réseaux sociaux, les médias électroniques, les vidéos d’enfants cutes ou d’animaux, les «p’tits jeux niaiseux», les pétitions, les trop nombreux abonnements à des sites, listes d’envois ou pages qui nous inondent de trucs… Certaines journées, j’avoue être plus dissipée et me laisser engluer par tout cela. Mais après 25 mois en affaires, je suis devenue plus efficace dans ma «gestion de l’essentiel» et j’en suis très fière! Je me fixe des objectifs hebdomadaires et, au jour le jour, des objectifs plus immédiats, ce qui m’aide à garder la concentration. Donnons la priorité aux priorités, comme disait l’autre.

10. En cas d’erreur, faire amende honorable et en tirer une leçon. Il m’est arrivé, comme à tout le monde, de commettre des erreurs. C’est humain, de se tromper! Au lieu d’en faire tout un plat et se terrer dans son lit pendant 6 mois, il me semble nettement préférable de présenter des excuses et de déterminer la marche à suivre pour éviter de refaire la même gaffe. Par exemple, une fois, je venais de finir de préparer un chouette article pour une revue et, tout heureuse de l’avoir terminé et envoyé, j’ai publié une mention à cet effet sur Facebook… oubliant l’embargo qui avait été demandé pour garder secrète la thématique du numéro. Je ferai sans doute encore bien des gaffes, mais certainement plus celle-là!

*

Voilà, il y aurait sans doute bien d’autre chose à dire, mais j’avais envie de témoigner ici, dans ce petit bilan, des éléments qui me semblent les plus significatifs. Si vous avez envie de réagir, que vous soyez entrepreneurs ou non, je vous y encourage!

Catherine

Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle participe régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de faire des conférences aux quatre coins du Québec. Elle blogue au catherineferlandhistorienne.com et signe des collaborations gourmandes dans Le Devoir depuis 2012.

Vino, musica e gastronomía

Immersion dans la culture italienne… à Québec

Un jour, j'irai là-bas... Photo: Barone Ricasoli, Italie.

Un jour, j’irai là-bas… Barone Ricasoli, Italie.

Il faut que je vous confie quelque chose. Je viens de la classe moyenne ouvrière. Élevée au Lac–Saint-Jean, ayant fréquenté l’école publique puis ayant travaillé dur pendant toutes mes études pour payer ma scolarité (j’ai même dû recourir aux banques alimentaires à certains moments, eh oui), je vous jure que RIEN n’aurait pu laisser présager le mode de vie qui est maintenant le mien.

Si on m’avait dit qu’un jour, mes activités professionnelles me vaudraient autant de beaux moments, charmantes invitations et rencontres fascinantes, je ne l’aurais pas cru!

Je mesure donc pleinement ma «chance»: c’est un privilège que j’apprécie énormément. Et j’ai envie de vous partager deux expériences récentes qui m’ont fait particulièrement plaisir puisqu’elles m’ont permis de plonger dans la culture italienne.

Par souci de transparence – et aussi pour «rendre à César ce qui lui revient» – je précise que ces invitations m’ont été faites par l’entremise de l’agence de communication BROUILLARD. Merci!

Ricasoli, les siècles et les siècles, amen

Le 17 février, le restaurant le 47e Parallèle, en association avec la Société de vins fins, accueillait une centaine de convives pour prendre à une soirée de dégustation commentée. Le repas, élaboré par le chef Joseph Sarrazin, était créé pour être en accord parfait avec les vins de la maison Barone Ricasoli.

La soirée a débuté avec des mises en bouche de calmars, crevettes et arancini, servie avec le lumineux Albia rosé 2014. Nous avons ensuite pris place à table pour se régaler d’une trilogie de tartares et d’un verre de Brolio Bianco 2013. Les entrées chaudes ont suivi: boudin noir, canard confit et ris de veau croustillant ont fait merveille avec le Chianti del Barone 2013! Le baron Francesco Ricasoli s’est ensuite adressé aux convives pour parler de son domaine et de ses vins, dans un français chantant fortement teinté d’accent italien.

cferland-trilogie-47e-entreesAprès un petit granité à la grappa en guise d’entremets, mes compagnes de table et moi (toutes issues des médias gourmands et de l’événementiel) avons été invitées à visiter les cuisines, où le chef et sa brigade complétaient le montage du plat principal. Nous avons pu «savourer visuellement» (avant d’y mettre réellement la fourchette) les médaillons de bison servis sur galettes de patate douce et Monterey Jack avec sauce au whisky, ainsi que les parts de braisé de bœuf avec sauté de pleurotes noirs avec réduction au vin rouge, lard salé et huile de noisette.

Deux vins ont alors été servis, pour permettre une dégustation comparative: le Chianti Classico Brolio 2013 et le Chianti Classico Gran Selezione Castello di Brolio 2011. De somptueuses interprétations du sangiovese, le cépage «noble» qui fonde le Chianti.

Mais le pinacle gustatif a été atteint quand j’ai goûté à un Chianti 1957. Comment dire… On goûte les années, le travail du vin à travers des générations de vignerons, le raisin qui a muri au soleil il y a près de dix décennies… Des arômes déroutants, qui évoquent le sous-bois, le fromage vieilli… Un voyage dans le temps dans mon verre! Encore renversée de cette expérience, un second privilège m’a été offert: celui d’un tête-à-tête avec le signore Francesco, 32e baron Ricasoli!

C’est ainsi que je me suis retrouvée à discuter pendant une quinzaine de minutes avec un authentique baron italien! Pincez-moi, quelqu’un. Pour une ancienne duchesse (de la Revengeance), c’est plutôt piquant comme situation, non?😀

Le château Brolio et le domaine se situent en Toscane, entre Sienne et Florence. Figurez-vous que le premier Ricasoli s’y est établi en 1141! Ouah, presque 900 ans: mon émotion d’historienne est à son comble. Le baron m’explique que son aïeul, Bettino Ricasoli, a établi les canons du chianti en 1872 en fixant les proportions de cépages, créant ainsi cet élégant fleuron de l’Italie viticole. Le château familial a connu des années magiques entre 1920 et 1940, puis quelques décennies de gestion plus lâche ont passé bien près de mener à la faillite. En 1993, Francesco Ricasoli a repris les affaires en mains. Il a redressé la situation et a redonné au domaine ses lettres de noblesse, travaillant dans le respect de la tradition (il est très fier de son héritage) mais en y faisant entrer la modernité.
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La soirée s’est conclue sur un fondant de chocolat noir accompagné d’un verre de Santo del Chianti Classico 2007, un liquoreux moelleux à souhait. C’est décidé, je veux aller en Italie visiter le Castello di Brolio!!!

Viva la musica… à la Trattoria La Scala

cferland-scala-1L’Italie est un important berceau de civilisation. On y a vu éclore ou se développer bien des éléments culturels qui sont, encore de nos jours, largement valorisés et admirés: les arts (pensons aux peintures, fresques, mosaïques, sculptures, …), les sciences et mathématiques, mais aussi la gastronomie et l’opéra. C’est à ces deux derniers éléments que je veux m’attarder ici, puisqu’ils sont au cœur d’un très beau concept offert à Québec: les soupers-opéras de la Trattoria La Scala.
À noter que les splendides photos de cette sections sont toutes de Marc-Éric Baillargeon, pour Les Festifs. J’étais bien trop occupée à profiter de la soirée pour sortir mon propre appareil! 😉
Offerts une fois par mois, La Scala propose aux amoureux des belles choses ce combo art lyrique/bonne bouffe sous forme de quatre «tableaux» auxquels correspondent des services. En excellente compagnie, j’ai donc pu découvrir le concept par moi-même le 28 février dernier.
En entrée, nous avons eu droit à un carpaccio de bœuf avec pesto maison, réduction de balsamique et copeaux de parmesan. Une valeur sûre qui plaît toujours. Les raviolis maison farcis au veau, en sauce au poireaux, suivis d’une onctueuse crème de panais et poire, ont bien failli nous sustenter totalement. Heureusement, un petit granité canneberge et romarin a accordé une pause rafraîchissante à nos estomac… en attendant la suite!
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Le plat principal était constitué d’un trio : médaillon de bœuf, paillard de poulet au citron et tilapia en sauce vierge. Une bavaroise au Cointreau et des boissons chaudes ont été proposées pour conclure.
Mais, rappelez-vous, toutes ces délicieuses choses étaient servies en alternance avec les blocs de chant!
Bien sûr, l’opéra est au premier plan (Mozart, Bizet, Pucini, Massenet, Verdi) mais aussi l’opérette (Offenbach, Strauss) et même le répertoire issu de la comédie musicale et du cinéma. Les artistes se déplacent dans la salle à manger, circulant parmi les convives et créant de beaux moments de complicité. Plusieurs duos créent une émotion palpable. Tout est en place pour passer un excellent moment! Il faut souligner le beau travail d’organisation et de supervision de la soprano Émilie Baillargeon, qui sait s’entourer de chanteurs et de musiciens (tant chevronnés qu’issus de la relève) afin de proposer ce riche registre. J’ai vraiment passé une agréable soirée: il me tarde d’y retourner!
cferland-scala-3(Oui, c’est bien mon amoureux Dave au premier plan, à gauche. Hi hi!)
*
Vous le savez, on dit souvent qu’il faut profiter pleinement des belles choses de la vie. Si un voyage en Italie est actuellement hors de mes moyens et des vôtres, ces escapades gourmandes et artistiques procurent un ravissement des sens qui fait du bien à l’âme. Je vous souhaite de bien belles occasions, à vous aussi!

Bises.

Catherine

Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle participe régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de faire des conférences aux quatre coins du Québec. Parmi ses ouvrages, mentionnons Bacchus en Canada. Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France (Septentrion, 2010) et La Corriveau, de l’histoire à la légende (Septentrion, 2014), gagnant du Prix littéraire du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean 2015 et finaliste aux Prix littéraires du gouverneur général 2014 ainsi qu’au Prix Jean-Éthier-Blais 2015.  Elle blogue au catherineferlandhistorienne.com et signe des critiques culinaires au journal Le Devoir depuis 2012.

Splendeurs et misères du PhD

La fois où j’ai eu envie d’en finir… avec l’érudisme

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Catherine Ferland à TEDxQuébec, décembre 2015. Photo: Daniel Lévesque Photographe

Faire un doctorat n’est pas une sinécure. C’est un processus qui relève à la fois de l’idéalisme, de l’entêtement et d’une certaine dose de folie. Que de sacrifices pour ajouter les petites lettres «PhD» après son nom! J’ai survécu à cette aventure et je m’évertue à présent à aider les nouvelles victimes de cette «terrible» affection… et tout particulièrement leur entourage.

C’était le propos de l’une de mes plus récentes excentricités: la conférence «De l’érudition à la passion: vaincre le PhD» que j’ai eu le plaisir de présenter à l’occasion de l’événement TEDxQuébec le 1er décembre 2015 au Théâtre Périscope.🙂

Une hausse des cas de PhD

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Données: OCDE Infographie: Catherine Ferland

Il faut dire que le nombre de personnes atteintes de PhD [i.e. qui ont obtenu le titre de Philosophiae Doctor après avoir complété un doctorat] est en croissance. Depuis 10 ans, une hausse de 56%, soit 250 000 nouveaux cas par année, a été enregistrée dans les pays de l’OCDE. On estime même que 1,6% de la population des pays dits «développés» serait atteinte de PhD.

Ça fait du monde, ça…

Employant une forme humoristique, j’ai voulu décrire ce qu’est vraiment le PhD. J’ai d’abord présenté les modes de propagation de cette étrange condition. N’étant pas une tare génétique, le PhD se contracte par contact direct avec d’autres personnes affectées, le plus souvent dans ce foyer de propagation très risqué qu’est le campus universitaire. Le signe avant-coureur à surveiller est la maîtrise: connaître un épisode de M.A. ou de M.Sc. rend le sujet beaucoup plus à risque de développer le PhD. Et qui sont les plus dangereux agents de contamination? Les professeurs!🙂 (Sans rancune, chers amis de Sherbrooke, de l’UQAR, de l’U. Laval, de l’UQTR et d’ailleurs!)

Dans mon intervention, j’ai ensuite tâché de décrire quelques-uns des symptômes les plus pénibles associés au PhD.

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Image du fond: Tiphaine Rivière

Le premier symptôme, la recherchose, apparaît dès les premières phases de l’affection. La recherchose pousse le sujet à accumuler une somme invraisemblable de connaissances et de savoirs sur des choses jugées parfaitement inutiles à la vie quotidienne.

Mal soignée, la recherchose entraîne assez vite l’apparition du second symptôme: la méthodologite.

La méthodologite consiste à la compulsion d’analyser, classer et catégoriser les informations accumulées au moyen de méthodes extrêmement ésotériques. La conception du monde se déforme, ce qui enferme progressivement le sujet dans une sorte d’état permanent de stupeur et de déconnexion avec le réel.

cferland-phd-zombieMais encore là, il est possible de s’en sortir: lorsque le PhD est pris à temps et soigné adéquatement, une rémission presque complète est possible. C’est d’ailleurs ce qui arrive à environ 60% à 70% des cas. Les autres 30% à 40% restants, par contre, s’exposent au pire…

Car si le PhD continue sa progression, un troisième symptôme, le plus grave, apparaît: l’érudisme.

Ah! l’ÉRUDISME. Il entraîne une importante enflure verbale (tant à l’oral qu’à l’écrit) accompagnée d’épisodes aigus où le sujet, à l’instar des gens atteins du syndrome de Gilles-de-la-Tourette, va se mettre à proférer des gros mots… Lesquels? Pour en savoir plus, vous devrez visionner ce qui suit!

Pas facile pour une relation (familiale, amicale ou amoureuse) de survivre à autant de violence verbale! C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de finir en évoquant les différents moyens pour «soulager» le PhD et son entourage. Outre la zoothérapie, l’élément-clé est tout simplement… l’AMOUR.

Parce que je suis persuadée que derrière chaque PhD qui s’est épanoui, il y a (ou il y a eu) au moins une personne qui l’a pris dans ses bras et qui lui a dit : «C’est important, ce que tu fais. Je crois en toi. Et je t’aime.» En mon nom personnel et au nom de tous les PhD, je veux remercier ces personnes d’être là (ou d’avoir été là) au bon moment. C’est grâce à vous que nous pouvons nous reconnecter avec le monde réel et avec ce qui compte vraiment.

*

9782021125948Lien vers toutes les conférences TEDxQuébec.

Lien vers toutes les conférences TEDx (independantly organized TED event).

Lien vers toutes les chaînes TED.

Pour finir, lien vers le livre de Tiphaine Rivière, Carnets de thèse (Seuil, 2015): l’auteure m’a aimablement autorisée à utiliser ses images pour illustrer mes propos! Un livre plein d’humour et qui, bien qu’il décrive une situation parisienne, fera sourire les étudiants de cycles supérieurs de partout dans le monde!

*

Ceux qui suivent mon activité professionnelle auront remarqué à quel point je navigue dans des eaux toujours différentes, tout particulièrement depuis la dernière année. C’est vrai que les derniers mois ont très intenses pour moi. Je vous avoue une chose: plus que jamais, je ressens une sorte d’urgence de faire des trucs fous, ce qu’on appelle communément «sortir de sa zone de confort». Je veux profiter de ce que la vie peut offrir d’expérience trépidantes. Certains pratiquent des sports extrêmes ; moi, j’ai choisi de mener une vie extrême!

Cap sur 2016, à présent! Je souhaite à chacun une année épanouissante et pleine d’amour!

Bises.

Catherine

Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle participe régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de faire des conférences aux quatre coins du Québec. Parmi ses ouvrages, mentionnons Bacchus en Canada. Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France (Septentrion, 2010) et La Corriveau, de l’histoire à la légende (Septentrion, 2014), gagnant du Prix littéraire du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean 2015 et finaliste aux Prix littéraires du gouverneur général 2014 ainsi qu’au Prix Jean-Éthier-Blais 2015.  Elle blogue au catherineferlandhistorienne.com et signe des critiques culinaires au journal Le Devoir depuis 2012.

La Poutine Week à Québec (partie 6)

Parcours #5- Grande Allée et Quartier Petit-Champlain

Les «missions» de pré-dégustations pour la Poutine Week de Québec se concluent avec cette dernière série de restaurants pour le Parcours #5, soit Grande Allée et le quartier Petit Champlain! Ouf, que de choix, des plus classiques aux plus exotiques! En espérant que ces critiques/appréciations vous auront aidés à fixer vos «objectifs» gourmands pour la semaine du 1er au 7 février 2016!🙂

L’Atelier Tartares et cocktails

624, Grande Allée Est, Québec, (418) 522-2225
Photo: Catherine Ferland, 2016

Photo: Catherine Ferland, 2016

La poutine… notre «plaisir coupable national». Bien que sa recette de base soit toujours un classique, il est bon parfois de se permettre de sortir des sentiers battus. C’est ce que j’ai fait en compagnie d’un groupe d’épicurieux franchement sympathique. Le premier arrêt de la soirée est à l’Atelier Tartare et cocktails où le chef Amado Saucedo Grimaldo nous offre une poutine style nacho. Oui, vous avez bien lu. Composée, entre autre choses, d’oignons rouges, de porc effiloché tendre et juteux (il a cuit une nuit entière!), de concassé de tomates, de frites croustillantes et de mozzarella gratiné au four, cette poutine ressemble à un rayon de soleil du Sud au milieu des froideurs de l’hiver québécois! Visuellement, ça fait du bien! Agréablement assaisonnée de coriandre, cette poutine est également accompagnée de guacamole et de crème sure… comme un nacho, quoi. Déjà que le visuel est plus qu’alléchant, voilà que les arômes pénètrent dans mes narines et me font saliver tel un chien de Pavlov! Je plonge ma fourchette avec envie au cœur de cette poutine pleine de soleil et porte une généreuse bouchée à ma bouche. Le résultat? Succulent! J’en savoure chaque instant. La sauce est savoureuse quoique subtile et sans être trop abondante, ce qui permet à toutes les autres saveurs de se manifester. Le porc effiloché fond littéralement dans la bouche et son mariage avec l’ensemble de l’œuvre est selon moi un franc succès. Je dois admettre que je ne m’attendais pas à cela: voir un plat typiquement mexicain et notre gourmandise de fin de soirée préférée être amalgamés avec autant d’art et de créativité. Pour accompagner ce plat, la mixologue Julia nous propose une margarita qui se marie à merveille avec cette poutine. (D. CORRIVEAU)

cferland-coupcoeurgourmandMes occupations professionnelles m’amènent à manger dans les meilleurs restaurants. Pourtant, je dois confesser que je demeure une fan finie de poutine. Je me réjouissais donc d’aller en goûter quelques-unes dans le cadre de la Poutine Week de Québec! J’avais déjà eu l’occasion d’aller à l’Atelier Tartares et cocktails il y a 2 ans pour une critique resto au Devoir et j’avais beaucoup aimé, alors mes attentes étaient élevées quant à leur propre interprétation de ce mets. J’ai été servie! La Poutine Nacho présente un heureux mariage gastronomique entre le Québec et le Mexique, l’influence latine du chef Grimaldo s’exprimant ici avec bonheur. Les trois ingrédients canoniques s’y trouvent : frites bien dorées, sauce – en fait, c’est celle du merveilleux porc effiloché qui remplit ce rôle –  et fromage, à ceci près qu’on a employé de la mozzarella gratinée pour rappeler les nachos. S’ajoutent des ingrédients qui apportent une fraîcheur inattendue (et beaucoup d’originalité) à l’ensemble, soit une salsa tomates-jalapenos-oignons rouges-coriandre offrant un contrepoint relevé à la viande de porc, ainsi que deux petites parts de crème sure et de guacamole. J’ai trouvé MON Graal poutinien (ne cherchez pas ça dans le dictionnaire). Avec le joli cocktail composé de mezcal, tequila, jus de pamplemousse et sirop d’agave, relevé d’un peu de poivre rose et d’un trait de limette, je rends les armes : pas besoin d’une semaine à la Rivera Maya. Quoique…  (C. FERLAND)

Talea

634, Grande Allée Est, Québec, (418) 523-7979
Photo: Catherine Ferland, 2016

Photo: Catherine Ferland, 2016

Toujours sur Grande Allée, je me dirige, avec mon groupe, vers le Bistro le Talea. «Convivial» est clairement le mot d’ordre lorsqu’on entre dans ce restaurant. La décoration de style rustique a quelque chose de réconfortant, un peu comme à la maison.  On nous apporte un verre de stout pour accompagner le plat qui sera bientôt servi. Si je m’attendais à quelque chose de classique, avec peut-être quelques ingrédients pour apporter un peu d’originalité, il s’avère que je ne pouvais être plus loin de la vérité. Ce qui se présente devant moi est visuellement tellement génial et hors de l’ordinaire que ma mâchoire se décroche presque! Sur un bâtonnet de bois, des croquettes de patates douces sont montées en alternance avec des morceaux de gouda légèrement fondu, le tout nappé d’une sauce fumée au cognac et parsemé de copeaux de chorizo de Viandes biologiques de Charlevoix. Je reste béat un instant avant d’attaquer cette pièce, ma foi, unique créée par le chef Jérôme Bouchard. D’abord, le fumet. Hum! l’arôme subtil du cognac dans la sauce stimule allègrement ma curiosité gustative. Je plonge ma fourchette dans les flancs de cette tour à l’allure succulente. Et je ne suis pas déçu! Le goût est tout aussi intéressant que sa présentation est novatrice. C’est audacieux! Le sucré de la patate douce, le gouda fondu, la sauce et le chorizo râpé dansent en farandole dans ma bouche. Une très belle réinvention créative de la poutine. À essayer, préférablement avec des amis! (D. CORRIVEAU)

Savini

680, Grande Allée Est, Québec, (418) 647-4747
Photo: Catherine Ferland, 2016

Photo: Catherine Ferland, 2016

Dans le cadre de la Poutine Week 2016, le Savini revendique son statut de restaurant italien avec une création capiteuse. Après un petit verre de calvados Boulard pour se mettre en appétit (le trou Normand, vous connaissez?), on nous apporte de belles assiettes où fument encore des frites de pommes de terre Yukon Gold, des dés de fromage balsamique et de parmesan… et d’appétissantes boulettes de viande. Une sauce tomatée et quelques pousses de verdure animent le tout. Le chef Luc Sainte-Croix a créé ici une poutine où chacun des ingrédients est harmonieux et, surtout, conserve son intégrité et son caractère. Un excellent point: les boulettes de viande sont tendres mais conservent leur jus sans ramollir le reste, alors les frites restent bien croustillantes. Il en résulte que chaque bouchée est différente, en fonction de ce que vous piquez sur votre fourchette. La texture friable du parmesan, un peu de sauce et une frite… Une autre frite, un morceau de boulette, un coin de cheddar… Wow! Prions pour que le Savini l’inscrive à son menu régulier: j’irais certainement faire goûter cette poutine à toute ma famille. (C. FERLAND)

Grand Café

690, Grande Allée Est, Québec, (418) 529-6237
Photo: Catherine Ferland, 2016

Photo: Catherine Ferland, 2016

Nous nous attablons une nouvelle fois à un resto de Grande Allée, avec un verre de bière ambrée à la main et une vue sur l’âtre et son feu bien nourri, pour attendre la poutine proposée par l’équipe du Grand Café. Je n’étais jamais entré dans ce lieu auparavant. Ses lumières tamisées et son ambiance légèrement feutrée me plaisent: j’y resterais bien pour la soirée, mais le devoir nous appelle! La poutine qui nous est apportée est inusitée, mais pas dénuée de personnalité, au contraire. Elle ne contient pas de patates frites, qui ont plutôt été replacées par des gnocchis… des pâtes confectionnées à partir d’un mélange de farine de blé et de pomme de terre. Mais laissez-moi vous présenter la «bête» correctement, vous vous ferez une idée. Nous avons ici un mélange intéressant de fromage cheddar coupé en languettes, d’oignons frits, de gnocchis et de côtes levées enrobées d’une sauce barbecue à la bière, le tout se mariant à merveille avec la boisson alcoolisée que je déguste. Les côtes levées, succulentes en elles-mêmes, fondent sur la langue, tandis que les délicieux oignons frits s’accordent bien avec le fromage et les autres ingrédients. Bien que je sois un grand gourmand, c’est ma première expérience avec des gnocchis. C’est très bon. L’idée des gnocchis est une alternative inventive et agréable à la patate frite, mais je n’en tombe pas de mon siège pour autant. Bref, si vous avez envie d’être dépaysés un brin, vous pourriez vous laisser tenter par cette délicieuse expérience. (D. CORRIVEAU)

Bello Ristorante

73, rue Saint-Louis, Québec, (418) 694-0030
Photo: Catherine Ferland, 2016

Photo: Catherine Ferland, 2016

cferland-coupcoeurgourmandMa mission pour la Poutine Week se conclut au Bello Ristorante sur la rue Saint-Louis, où le directeur général de l’établissement, Pierre-Olivier Gingras, nous accueille avec un enthousiasme chaleureux et communicatif. D’entrée de jeu, on nous gâte en nous servant un verre de Barolo rouge. Et voici qu’arrive ce qui sera – je vous le dis d’emblée – ce qui sera MON coup de cœur. Le serveur pose l’assiette et, tout de suite… je crois halluciner. Des frites croustillantes accompagnées de morceaux de fromage 1608 de Charlevoix (juste pour ça, ça vaut le détour!) et d’une sauce à base de lardons, prosciutto et de bourbon Jack Daniel’s. Cette sauce est divine: le chef utilise la même pour le filet mignon! Si ce n’était que ça, ce serait déjà formidable. Mais voici la cerise sur le sundae : au centre de la poutine est posée une délicieuse fondue parmesan! La présentation du mets à elle seule suscite l’acclamation de la tablée. Si le visuel séduit, le goût de l’ensemble des ingrédients de cette poutine rassemblés en une seule bouchée finit de me convaincre. Mes papilles gustatives papotent à souhait! Créativité, originalité, goût… tout y est, et même plus. L’odeur est sublime, l’accompagnement avec le vin est parfait. Mon verdict : cette poutine vaut vraiment le détour et de toutes celles que j’ai goûtées, c’est ma préférée. (D. CORRIVEAU)

Chic Shak

15, rue du Fort, Québec, (418) 692-1485
Photo: Jessica Landry, 2016

Photo: Jessica Landry, 2016

Les délégués de la Poutine Week se retrouvent au Chic Shack, où l’on nous attend avec la Pout-Inde. Le plat qui arrive sur la table est coloré et vraiment appétissant, et on se jette dessus avec joie. Il faut dire qu’on capote dès la première bouchée : la sauce crémeuse au garam masala est vraiment incroyable et se marie à merveille avec l’ensemble. Le poulet façon tandoori est délicieux et chaque élément de la poutine apporte une nouvelle surprise, mais la sauce est vraiment ce que je retiens de l’ensemble de l’œuvre. Chaque bouchée provoque la même réaction : WOW. La coriandre ajoute un goût vraiment frais qui nous plaît particulièrement et qui nous donne presque (j’ai bien dit presque) l’impression de manger quelque chose de santé. On apprécie également le petit « kick » piquant qu’on retrouve à chaque bouchée. La seule petite chose qu’on trouve à dire, c’est qu’on avait pas vraiment l’impression de manger une poutine au final, mais plutôt un plat indien «de style» poutine. Quand même, c’est un maudit bon plat indien de style poutine! Une grande gagnante dans la catégorie «Ce n’est pas vraiment une poutine, mais on est bien content pareil». Est-ce que je vais retourner la manger? Définitivement. (J. LANDRY)

Le Sam Bistro évolutif

1, rue des Carrières, Québec, (418) 692 3861
Photo: Jessica Landry, 2016

Photo: Jessica Landry, 2016

cferland-coupcoeurgourmandAu très chic Sam Bistro évolutif au Château Frontenac, le groupe s’apprête à déguster la Vladpoutine. J’avais vraiment super hâte de faire cette dégustation et je n’ai pas été déçue! Cette poutine se révèle être mon grand coup de cœur de la soirée… et la compétition était somme toute assez féroce! J’adore l’idée du fromage en grains fumé et des champignons en pickles, qui ont vraiment gagné mon cœur (je raffole de tout ce qui est fumé et particulièrement de tout ce qui est pickle). La viande, la sauce, et même l’intriguant œuf mauve qui donne à la poutine un look qui en jette vraiment, tout est bon. Chacun des éléments de cette poutine est une surprise et se démarque en goût et en texture, tout en «fittant» merveilleusement bien avec le reste. Dans la catégorie « C’est bel et bien une vraie de vraie poutine », c’est une grande gagnante. En fait, je réalise que je n’ai pas vraiment envie d’écrire sur cette poutine, mais plutôt de retourner immédiatement la manger. Définitivement, une poutine d’action donc, que je vous invite à aller essayer par vous-mêmes! Je termine par une série de hashtags : #miam #wow #poutinegastronomique. (J. LANDRY)

Pain Béni

24, rue Sainte-Anne, Québec, (418) 694-9485
Photo: Léa Fischer-Albert, 2016

Photo: Léa Fischer-Albert, 2016

Au Pain Béni, nous dégustons la Poutine blanquette. La particularité de celle-ci? La sauce est montée au beurre de homard! Douce saveur aux essences marines. Vous cherchez la meilleure version des frites-sauce brune-fromage en grain? Venez au Pain-béni! La portion est généreuse et le tout est vraiment bien exécuté, même si la Poutine ne sort pas complètement de l’ordinaire. La sauce est onctueuse et enveloppante a souhait! On retrouve de bons morceaux de veau, avec des carottes et du céleri, très tendres. Une vraie réussite d’un classique peu dénaturé. Un bonheur! Le tout servi avec des bières québécoises. Si vous aimez les India Pale Ales, goutez à la Corne du diable de la microbrasserie Dieu du Ciel : elle a le côté surette et relevé d’une IPA tout en étant très florale. Le tout accompagne bien la poutine blanquette du Pain Béni. (L. FISCHER-ALBERT)

C’est Pain Béni que l’on nous présente une version «poutine» de la blanquette de veau, avec une sauce à la crème de homard, fromage en grains et légumes. La présentation est magnifique et vraiment appétissante, une des plus réussies de la soirée d’ailleurs. Juste à la regarder, j’ai le goût de m’emballer dans une couverte sur le coin d’un feu et de regarder la neige tomber de façon nostalgique en mangeant un délicieux plat cuisiné maison, avec un gros verre de vino. Lorsqu’on s’attaque véritablement au plat, par contre, on est un peu confus sur les origines. Pour ma part, je cherche vraiment le goût de blanquette de veau que ma mère cuisinait quand j’étais jeune. Il faut dire que j’étais vraiment vendue à l’idée d’une poutine à la blanquette de veau, rencontre culinaire fantastique entre mes origines québécoises et françaises. Ma nostalgie culinaire d’immigrante de deuxième génération fut immédiatement déçue. Oui, il y a bel et bien des morceaux de veau, mais oubliez la blanquette. C’est plutôt la sauce au homard qui prend toute la place, ce qui fait d’ailleurs dire à mon chum qu’il a l’impression de manger une «super bonne coquille St-Jacques, mais avec un extra patates». Il faut dire que mon chum vient du Bas-du-Fleuve, alors le homard vient particulièrement le chercher. À force d’y goûter, on ne sait plus trop ce qu’on mange: on est full secoué dans nos repères identitaires, même si c’est vraiment bon. Veau, frites, légumes, fromage, homard… Ça marche étonnamment bien mais ce n’est pas, selon nous, ni une poutine, ni quelque chose qu’on est capable de nommer : est-ce une coquille St-Jacques sur frites? est-ce un ragoût avec du fromage en crottes dessus? est-ce un oiseau? un est-ce Superman? Encore à ce jour, on se pose la question. Un plat qui est vraiment un enfant de son époque donc, éclaté et ouvert sur le monde, mais qui se demande où il va et d’où il vient vraiment. (J. LANDRY)

Côtes-à-Côtes Resto Grill

21, rue Sous le Fort, Québec, (418) 692-5151

Arrêt au Côtes-à-Côtes Resto Grill pour déguster la Poutine Bourguignonne. Je dois avouer que mes attentes étaient plus basses pour cette poutine, cet endroit étant pour moi un peu catalogué «restaurant pour touristes». Comme j’ai été agréablement surprise et j’ai dû admettre combien j’étais «dans le champ»! Proposée comme une poutine qui revisite un grand classique culinaire, le bœuf bourguignon, la poutine Bourguignonne est un pari vraiment réussi. C’est un plat réconfortant et plein de goût que je vous conseille vraiment d’aller essayer. La viande est délicieuse et la sauce au Jack Honey, parfaite. Un gros coup de cœur pour les champignons sauvages du Québec et les oignons perlés à l’érable, qui complètent le tout à merveille. On a l’impression de manger un délicieux rôti de notre grand-mère, cuit longtemps et avec amour, avec un extra poutine qui est vraiment plaisant. Avec un bon verre de vin, c’est le bonheur total. D’ailleurs, on apprécie que les frites soient bien crunchy et on décerne à ce resto notre mention spéciale «frite» de la soirée. Un clin d’œil à l’accueil incomparable et exceptionnel que nous avons reçu, ainsi qu’au fait que le resto met en valeur des aliments québécois également. Le seul petit petit hic: on a trouvé que la poutine manquait un peu de fromage. Prends ça en note pour la prochaine fois, grand-maman! Quand même, une poutine que je retournerai certainement manger durant la Poutine Week. (J. LANDRY)

Photo: Léa Fischer-Albert, 2016

Photo: Léa Fischer-Albert, 2016

cferland-coupcoeurgourmandLa poutine du Côtes-à-Côtes se classera assurément parmi les meilleures de la semaine. Je n’ai pas goûté aux 63 poutines, mais je considère que j’ai tout de même de l’expérience, et la Poutine Bourguignonne risque de rafler la couronne (et pas celle de Reine du Carnaval!). Le rôti de bœuf au vin rouge de grand-mère, mijoté pendant 8h au cours de la nuit, est tendre à en pleurer. On y retrouve une sauce parfaite et extrêmement goûteuse. En complément, nous découvrons des champignons, lardons et mini oignons surettes. Les champignons sont savoureux, ce qui signifie que la sauce est équilibrée! Les frites sont croustillantes et faites maison. Un pur délice, j’irais même jusqu’à dire que c’est la meilleure poutine que j’ai goûtée!  Servie avec un bon verre de merlot par un proprio enthousiaste qui a réussi un accord poutine et vin, la bourguignonne donne envie d’ajouter du fromage en grain à mon prochain bœuf bourguignon. (L. FISCHER-ALBERT)

Q de sac

10, rue du Cul de Sac, Québec, (418) 692-4862
Photo: Léa Fischer-Albert, 2016

Photo: Léa Fischer-Albert, 2016

On termine le périple de dégustation dans l’ambiance feutrée et chaleureuse du Q de sac. Dès qu’on met les pieds dans le resto, on se sent au chalet, avec une bonne odeur de feu de bois qui nous accueille, shooters et match du Canadien en prime. La poutine par contre nous transporte plutôt sur une terrasse, en été. Étrange, mais pas déplaisant du tout. C’est une poutine déconstruite, qui met de l’avant des boules de pommes de terre frites (plutôt que des frites comme telles) et du fromage en grains… pané. Beaucoup de friture donc, une chance qu’on a un peu de roquette et de crème sure pour apporter de la fraîcheur à l’ensemble. La crème sure fumée est d’ailleurs une addition vraiment intéressante qu’on apprécie beaucoup, mais on en aurait pris un peu plus dans l’assiette. Les cubes de bacon fumé sont également une belle idée et la sauce est bonne, quoique un peu surpassée par tout cette friture. Encore une fois, c’est vraiment bon, mais ce n’est pas vraiment une poutine. Pas nécessairement un coup de cœur donc, mais plutôt un bon plat original qu’on prendrait du plaisir à remanger l’été sur une terrasse, avec une bonne IPA! (J. LANDRY)

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Vous aviez manqué les premiers billets pour la Poutine Week de Québec? Relisez ma (très, très brève) histoire de la poutine, ainsi que les critiques/appréciations des Parcours #1, Parcours #2, Parcours #3 et Parcours #4!😉

Collaborateurs pour ce parcours

Dave CORRIVEAUGrand amateur de poutine devant l’éternel et disciple épicurien de la maxime «bonne bouffe, bon vin et bonne compagnie».

Catherine FERLAND – Originaire du Lac-Saint-Jean, maman de trois enfants (aussi amateurs de poutine qu’elle-même), historienne gourmande, fière Québécoise et heureuse propriétaire du présent blogue.

Jessica LANDRY – Duchesse revengeante de Vanier 2015. La poutine est sa religion, le fromage en grains, son Dieu.

Léa FISCHER-ALBERT – Beauportoise de naissance, « St-Sauvée » par choix! Passionnée de théâtre, de bonne bouffe et de rires aux éclats. Gestionnaire d’une compagnie de théâtre jeunesse et blogueuse, elle s’intéresse aux initiatives citoyennes et communautaires, aux arts, et encore plus à une combinaison des deux!

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Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle effectue des chroniques à la radio et à télé, en plus de faire des conférences et animations gourmandes aux quatre coins du Québec. Parmi ses ouvrages, mentionnons Bacchus en Canada. Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France (Septentrion, 2010) et La Corriveau, de l’histoire à la légende (Septentrion, 2014). Elle signe des critiques culinaires au journal Le Devoir et blogue au catherineferlandhistorienne.com.

La Poutine Week à Québec (partie 5)

Parcours #4- Lebourgneuf et Limoilou

Toujours dans le cadre des pré-dégustations pour la Poutine Week de Québec qui commence dans quelques jours (1er au 7 février 2016), voici ce que mes collaboratrices-goûteuses dévouées ont pensé des poutines testées dans le Parcours #4 couvrant les secteurs Lebourgneuf et Limoilou. Bon appétit!

Nourcy comptoir et traiteur Lebourgneuf

5600, boulevard des Galeries, Québec, (418) 653-4051
Photo: Jessica Landry, 2016

Photo: Jessica Landry, 2016

Pour ma première expérience officielle de goûteuse de poutine, j’arrive toute énervée chez Nourcy comptoir et traiteur. Il faut dire que ça commence très bien : l’accueil est cordial et super sympathique et le décor, magnifique. On nous présente sans tarder la Poutine de route, spécialement conçue pour LE CAMION Nourcy, un «food truck» qui répand littéralement le bonheur partout où il va… sauf à Québec parce qu’il n’a pas vraiment le droit (allô, monsieur le Maire!). Servie dans des petits cups de cartons et accompagnée d’une bonne bière Tremblay, la poutine est ravissante, voir même vraiment cute. L’ajout de mini fondues parmesan nous remplit de joie. Les frites maison sont délicieuses et on est content que le tout soit accompagné de bon fromage en grains frais du jour, tout simplement. La sauce est toutefois ce qui nous fait complètement capoter et ce qui vaut vraiment le détour selon nous : une sauce vraiment supérieure avec fond de veau, crème et moutarde, qui s’harmonise à merveille avec tout le reste. Onctueuse et parfaite. Avec les lardons et les champignons, c’est un mariage savoureux et décadent. Ce n’est pas compliqué, on boirait cette sauce dans un verre et on serait bien contents. Un sans-faute selon nous : une vraie de vraie poutine, originale, classy, parfaite. On en mangerait encore et encore. (J. LANDRY)

Cosmos Lb9

5700, boulevard des Galeries, local 103, Québec, (418) 628-2013
Photo: Jessica Landry, 2016

Photo: Jessica Landry, 2016

Prochain arrêt : le décor très rouge et éclectique du Cosmos LB9 pour essayer la Poutine Braisée, accompagnée d’un fort joli drink et d’un vidéo de coucher de soleil sur la plage en background. Quand la poutine arrive sur la table, on est un peu déçu. Peut-être qu’on s’attendait à quelque chose d’aussi visuellement recherché et original que le décor du restaurant? Noyée dans sa sauce, il faut admettre que la vedette ressemble un peu à n’importe quelle autre poutine de «shack à patate frite». Une chance qu’un verre de Bourbon Sour (Maker’s Mark, amaretto, une touche de citron et du sirop simple, explique le serveur) avec sa cerise, sa petite tranche de lime et une paille colorée accompagne le tout, pour égayer un peu le portrait et nous ramener sur le bord de la plage, avec le coucher de soleil et tout. Mais bon, l’habit ne fait pas le moine (comme on dit) et à la première bouchée, on est agréablement surpris : la joue de porc braisée est savoureuse et la sauce au bourbon, très réussie,  accompagne bien l’ensemble. Les frites sont correctes et le fromage en grains, classique. Les champignons caramélisés sont un ajout intéressant, sans quoi la poutine serait un peu trop ordinaire à mon goût. Pour ce qui est des épices de Madagascar, qu’on avait bien hâte de découvrir, on les cherche toujours… Bref, une poutine dans l’ensemble «ben correcte» et agréable à manger, mais qui sombre malheureusement un peu dans l’oubli par rapport au reste du parcours. (J. LANDRY)

Le Maizerets

2006, chemin de la Canardière, Québec, (418) 661-3764
Photo: Jessica Landry, 2016

Photo: Jessica Landry, 2016

cferland-coupcoeurgourmandSi vous êtes, comme moi, une éternelle amatrice (ou un éternel amateur) d’une bonne poutine sauce BBQ, précipitez-vous de ce pas au restaurant le Maizerets pour déguster la Maizerets deluxe. Vous ne serez pas déçus. Mon amour profond et fidèle pour la sauce BBQ me pousse d’ailleurs à la proclamer mon coup de cœur de la soirée. Si on me demandait de me lancer dans une comparaison douteuse, je dirais que cette poutine est pour moi le Elvis Gratton de la Poutine Week : certes un peu rustre et sans élégance, moins recherchée que plusieurs de ses concurrentes, mais un classique bien québécois dont je ne me tanne juste pas (c’est peut-être mon petit côté Vanier qui parle ici). Et puis, si on me demandait de nommer une grande gagnante de la catégorie «Poutine d’après-brosse», ce serait celle-ci. Dès la première bouchée, les «bacon bites», des croquettes de bacon et de fromage 1608, me font pleurer des larmes de joie et me donnent envie d’attaquer mes compagnons de table à la fourchette pour en avoir plus. Pour une raison inconnue, ces croquettes réveillent mon instinct animal et primitif : c’est gras, c’est frit, c’est fromagé, c’est décadent, et il y a du vrai et délicieux bacon dedans. Nappées de la sauce Backfire du Bootlegger, une sauce punchée et pleine de goût, elles ajoutent le « kick » parfait à l’assiette et valent selon moi à elles seules le détour. En dessous des divines croquettes en question, on retrouve une super bonne poutine classique avec sa sauce maison et du fromage en grains frais, qui m’a laissée heureuse d’avoir fait le détour dans une contrée jusque-là inconnue. Seul petit bémol, on aurait bien apprécié que les frites soient « vraiment maison », plutôt que de « type maison ». Mais bon, si vous deviez retenir deux mots de cette critique : DIVINES CROQUETTES. Mention spéciale par ailleurs à l’accueil authentique et chaleureux, qui nous a fait sentir comme chez nous. (J. LANDRY)

Brasserie artisanale La Souche

801, chemin de la Canardière, Québec, (581) 742-1144
Photo: Francesca Désilets, 2016

Photo: Francesca Désilets, 2016

cferland-coupcoeurgourmandGagnante du prix du public de l’édition 2015 de la Poutine Week, la brasserie artisanale La Souche propose à nouveau une recette prometteuse. La poutine de pommes de terre rouge maison, de fromage frais du jour de la Fromagerie La Chaudière et de la sauce à la bière de La Souche est ornée de trois saucisses enrobées de bacon, de cheddar fort, d’oignons et de sucre d’érable. L’oignon légèrement frit ajoute une texture croustillante à l’ensemble. Les tendres saucisses se marient agréablement à la sauce. Un accord met-bière avec une bière noire rehausse les saveurs. Le sucre d’érable est généralement gage d’un mariage sucré/salé. J’ai cherché en vain le sucré au fil de la dégustation. Où est le sucre d’érable? Son goût est si subtil. Certains convives à ma table disent qu’il se révèle comme une surprise! De toute évidence, ce n’était pas mon jour chanceux ce soir… Je concède que je suis une véritable bibitte à sucre, accro au pouding chômeur, au chocolat et au sirop d’érable… Ma relation avec les produits d’érable s’apparente à celle d’Obélix avec la potion magique! Je ne suis pas tombée dans le liquide doré, mais presque… J’ai découvert ses saveurs exquises avant même de parler ou de marcher. Bref, il m’en faut davantage pour déceler un goût sucré. Pour tout vous dire, l’arôme de l’oignon était nettement plus présent que le sucre d’érable. Malgré ce bémol, la recette de La Souche ne devrait pas passer inaperçu dans le cadre de l’édition 2016. C’est mon coup de cœur parmi les poutines dégustées pendant ce parcours. (F. DÉSILETS)

Encore une fois cette année, La Souche se surpasse avec une poutine originale et de haut calibre, proposée avec deux choix d’accords bière/mets. La Cochonne Cocktail est une poutine élaborée avec tout plein d’éléments aussi surprenants que diversifiés, mais qui s’harmonisent au final super bien. Les saucisses cocktail à la bière noire maison sont bien réussies et on est surpris par l’ajout des flocons d’érable croquants (pas dans les saucisses mais bien sur la poutine), une touche sucrée inattendue mais très bien balancée. Il faut se le dire, l’idée de mettre des flocons d’érable dans une poutine était risquée, mais il n’y en a pas trop et le mariage sucré/salé s’avère parfait. L’utilisation double du fromage, soit de fromage en grain Chaudière mais aussi de cheddar fort, est également fort trippante. La sauce, qui contient également de la stout, est délicieuse quoiqu’assez discrète. C’est correct : elle complètement vraiment bien le tout et il y a en masse d’autres choses dans cette poutine pour avoir du fun à chaque bouchée. Les oignons frits viennent compléter la patente et apporter une texture que j’apprécie ben gros. Texture, c’est d’ailleurs le mot clé que je retiens de ma dégustation. Au final, ce que j’apprécie le plus de cette poutine, c’est que bien qu’elle soit capotée «ben raide», ça reste quand même une vraie bonne poutine. J’ai préféré de loin prendre la bière noire en accompagnement plutôt que la rousse, dont l’amertume prenait selon moi toute la place. (J. LANDRY)

Fistons

601, 3e avenue, Québec, (418) 977-9239

On se déplace de quelques pas dans Limoilou pour se rendre à notre dernier arrêt, soit aux Fistons, pour déguster une poutine à la côte de bœuf. Ce qui arrive sur la table est pas mal appétissant. La côte de bœuf est une belle pièce de viande goûteuse, sa cuisson est excellente et le goût de fumé apporte beaucoup à l’ensemble. La viande est délicieuse et c’est vraiment ce que l’on retient de ce plat. La pleurote entière est un bel ajout, quoique celle qui se retrouve dans notre assiette soit malheureusement un peu coriace. Encore une fois durant cette soirée, mon instinct animal et primitif aura été réveillé, mais cette fois parce que j’aurai dû me battre avec ma pleurote pour la manger. Ben coudonc! Bien que j’ai été sceptique de trouver des petites patates rissolées dans mon assiette à la place des frites habituelles (je réalise que je suis étrangement conservatrice côté poutine), je suis au final bien contente de cette variante funky qui s’harmonisait bien avec le reste. Le fromage, pas en grain mais plutôt du fromage en cube dont on a oublié le nom, est également une variante intéressante. Ça fond dans la bouche au lieu de faire «squick», mais ça donne une texture riche et fondante et c’est bien le fun. Au final, une poutine riche et savoureuse qui «fait la job» mais qui, encore une fois, pâlit un peu face à ses concurrentes de la soirée. (J. LANDRY)

Photo: Francesca Désilets, 2016

Photo: Francesca Désilets, 2016

Le sympathique restaurant de quartier, Fistons, offre une digne concurrence à la soixantaine de recettes proposées pour l’événement, une poutine à la côte de bœuf fumé et aux pleurotes. Les frites cèdent leur place aux patates rôties en cube, un choix judicieux. Le gravy n’altère pas la fermeté et le croustillant des patates: les Fistons réussissent là où d’autres concurrents ont échoué! Une côte de bœuf finement émincée se marie à merveille aux champignons, aux oignons frits et de jeunes pousses. La verdure est une excellente alternative à l’émincé d’oignons verts, très présent dans le menu de l’édition 2016. La pleurote déçoit. Bien qu’elle convienne tout à fait à cet apprêt, elle s’avère étonnamment coriace. Plusieurs interventions à l’aide d’un couteau de table s’avèrent nécessaires. Le champignon n’est pas plus tendre sous la dent que sous le couteau. Des cubes de gouda fumé rehaussent les saveurs. Au cours du repas, le fromage fond peu à peu et se lie agréablement à la sauce. Le goût fumé, subtil, se révèle dans le gravy. Une fois de plus, je salue l’oignon légèrement frit. Son apport croustillant est le bienvenue: une poutine molle serait un désastre. L’oignon et la viande permettent à Fistons d’éviter cet écueil. Une recette honnête à découvrir dans le charmant bistro limoulois, agrémenté d’un verre de Saint-Ambroise noire! (F. DÉSILETS)

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Si vous lez aviez manquées, revoici les critiques/appréciations des Parcours #1, Parcours #2, Parcours #3 et Parcours #5.

Sinon, vous pouvez relire ma très, très brève histoire de la poutine!

Collaboratrices pour ce parcours

Jessica LANDRY – Duchesse revengeante de Vanier 2015. La poutine est sa religion, le fromage en grains, son Dieu.

Francesca DÉSILETSOriginaire du Centre-du-Québec, région ayant donné naissance à la poutine, adepte des bistros, des bières de microbrasseries et d’histoire.

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Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle effectue des chroniques à la radio et à télé, en plus de faire des conférences et animations gourmandes aux quatre coins du Québec. Parmi ses ouvrages, mentionnons Bacchus en Canada. Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France (Septentrion, 2010) et La Corriveau, de l’histoire à la légende (Septentrion, 2014). Elle signe des critiques culinaires au journal Le Devoir et blogue au catherineferlandhistorienne.com.