Qu’est-ce que tu «voeux» pour l’an neuf?

Bon sang. Force est de constater que j’ai été moins assidue que jamais sur mon blogue cette année. Si on ne fiait que sur ce paramètre, on pourrait bien croire que j’ai passé ces longs mois à flâner nonchalamment, en quasi retraite… mais si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez qu’il n’en est rien. Au contraire.

Permettez-moi de me livrer à un petit exercice tenant à la fois de la récapitulation et de la gratitude, de l’espoir et des résolutions. C’est pour moi l’occasion de remercier plein de monde. Je me concentrerai ici sur la sphère professionnelle, même si mes pensées premières vont à mes enfants, à mon chum, à mes amis… et à mes comparses de karaté! 🙂

Trois choses qui m’ont rendue heureuse en 2017

  • La poursuite de mandats entrepris dans les dernières années. MERCI notamment au journal Le Devoir, pour lequel j’écris depuis 2012, ainsi qu’à Cathy Chenard et à l’équipe de La Voie agricole, qui m’ont fait confiance pour une 4e saison consécutive: attendez de voir les belles capsules d’histoire, de terroir et de patrimoine qu’on vous a préparé!
  • La participation, comme chroniqueuse en histoire, à de nombreuses émissions de radio. J’ai particulièrement apprécié le privilège d’être «l’historienne en résidence» à Radio-Canada cet après-midi pendant une grande partie de l’année, ainsi que mes passages à Aujourd’hui l’histoire. MERCI aux auditeurs qui téléphonent ou écrivent pour dire qu’ils aiment mes capsules d’histoire!
  • La diversité des mandats d’articles en histoire… pour des revues qui ne sont pas du tout spécialisées en ce domaine! (L’histoire, c’est comme le sel : ça rehausse la saveur de pas mal de choses.) MERCI à Maison 1608 de me faire confiance pour plusieurs de ses revues (Magazine Y, Classe Affaires, 1608 et Vie de Château) ainsi qu’à Quatre-Temps et à Reflets.

Trois choses qui m’ont déconcertée et (agréablement) surprise en 2107

  • La participation à plusieurs activités inattendues, par exemple des tournages pour la Fabrique culturelle et pour le Musée de la civilisation à Québec, et surtout la superbe mission de conférences en Bourgogne avec la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs. De beaux cadeaux dans mon année: MERCI!!!
  • La quantité et la qualité des invitations de presse, notamment au Bora Parc, à la Champagnerie, au Petit Manoir du Casino, au Côtes à Côtes resto grill, au Château Frontenac, au Cirque équestre Ekasringa, etc. MERCI à ces partenaires ainsi qu’aux chouettes équipes de Brouillard et de Tac Tic Marketing.
  • J’ai aussi obtenu de nouveaux mandats pour lesquels je dois demeurer discrète, confidentialité des clients oblige. Dans le jargon, on appelle la chose du ghostwriting, c’est-à-dire que, comme à Pierrot, je prête ma plume pour écrire des mots… sans que mon nom apparaisse. Mais puisque ces mandats touchent de très près mes valeurs et mes intérêts, c’est hyper agréable. MERCI à ces clients de m’avoir choisie comme trouvère pour faire chanter des mots sur des thèmes raffinés et gourmands.

La chose dont j’ai été la plus FIÈRE en 2017

  • L’organisation des premiers Rendez-vous d’histoire de la Nouvelle-France. Encore MERCI au Septentrion pour l’appui et au Griendel pour l’accueil, et merci surtout à toutes celles et tous ceux qui m’ont suivie dans cette aventure, prêtant leur savoir et leur être à la communication de l’histoire! Vous avez été fantastiques!

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Maintenant, trêve de récapitulation : cap sur l’avenir!

Cinq choses que je «voeux» et espère pour 2018

  • Entreprendre de nouveaux mandats de rédaction, de biographies et d’édition.
  • Atteindre le cap des 40 conférences dans l’année. (J’en ai donné 34 en 2017.) Pour le moment, il y en a déjà 11 de planifiées, alors ça augure bien. Celles avec formule dégustation «pognent» particulièrement beaucoup! Hi hi hi!
  • Trouver encore de nouvelles manières de communiquer l’histoire avec passion, à toutes sortes de publics. J’aimerais accroître les collaborations avec les musées. Et bien sûr, je compte revenir à la charge avec une seconde édition des Rendez-vous d’histoire
  • Me faire confier d’autres missions de conférences en France. Je l’admets volontiers, j’ai eu la piqûre. Et tant pis pour le décalage horaire, hein.
  • Finir et publier mon nouveau livre

Pour arriver à faire tout ça, je devrai bien sûr renoncer à «être à jour» en matière de sorties de films au cinéma, ma pile de livres à lire continuera de s’accroître, je consacrerai de nombreuses soirées et fins de semaine à travailler, mais le jeu en vaut la chandelle. Parce que j’y crois et que j’adore ça. Mon indice de bonheur n’a jamais été aussi élevé.

*

Et vous, qu’est-ce qui vous a fait vibrer en 2017 et, surtout, qu’espérez-vous de l’année qui vient? La vie est trop courte pour se contenter de laisser s’écouler des jours fades : osez rêver, osez voir grand, osez vous lancer! On ne sera jamais trop de gens passionnés et heureux.

Mes meilleurs vœux pour 2018, chers vous-z-autres!  😀

Bises.

Catherine

Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle participe régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de faire des conférences aux quatre coins du Québec. Elle a écrit ou coécrit une trentaine d’ouvrages et articles, dont Bacchus en Canada. Boissons, buveurs et ivresses en Nouvelle-France et La Corriveau, de l’histoire à la légende.  Elle signe des critiques culinaires au journal Le Devoir et fait régulièrement des chroniques d’histoire à Radio-Canada. Elle vit à Québec avec sa famille.

 

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Bilan de 25 mois d’entrepreneuriat et de passion

Ce que j’ai appris, espéré, réfléchi, accompli

Il y a maintenant un peu plus de deux ans que j’ai osé me lancer en affaires. N’ayant presque jamais côtoyé d’entrepreneurs (les membres de ma famille et mes amis étant, pour la plupart, employés de l’État ou d’entreprises privées), j’ai dû me former et puiser l’inspiration ailleurs. Je vous présente ici, bien humblement, quelques réflexions sur mon parcours entrepreneurial encore tout jeune, tant sur les facteurs de réussite que sur les éléments n’ayant pas abouti.

N’hésitez pas à me livrer vos réactions à la fin de cet article! 🙂

Photo: Crawford Iffland/Unsplash

Photo: Crawford Iffland/Unsplash

1. L’organisation est la clé de tout. Sans structure, même les meilleures idées ou les projets les plus prometteurs n’ont aucune chance d’aboutir. Il est essentiel de planifier les étapes et le temps nécessaire pour les mener à bien. Dans ma première année en affaires, j’ai «échappé» un mandat important parce que ma gestion de projet laissait à désirer et que j’avais mal évalué le temps, les délais, les éléments relevant des collaborateurs… De manière générale, je ne me préparais pas assez, étant dispersée dans autre chose. Je manquais d’expérience et d’outils. Pour y remédier, j’ai lu sur le sujet et je me suis trouvé (en les adaptant) des modèles de gestion de projets. Je vous assure que j’ai mené mes mandats suivants de façon beaucoup plus serrée!

2. L’audace est payante à court, moyen et long terme. Ça semble une évidence, mais ce n’est pas toujours facile d’oser et de s’afficher avec enthousiasme et confiance en soi. Est-ce notre fameux «héritage judéo-chrétien» qui sabote parfois la volonté de réussir en nous soufflant à l’oreille «Ben voyons, pour qui te prends-tu?» Mais c’est important de s’affranchir de la peur d’avoir l’air vaniteux, car après tout, lorsqu’on parle de son travail ou de son produit avec passion, on a tout simplement l’air… passionné! Personnellement, j’ai dû travailler beaucoup sur ma timidité naturelle, qui freinait le réseautage. Le fait de m’appuyer sur ma passion pour proposer mes services m’a aidée à surmonter mon sentiment d’imposteur et, surtout, m’a permis de décrocher de très intéressants contrats.

3. Exprimer un souhait publiquement contribue à sa réalisation. Une bonne idée, l’envie d’entreprendre un projet, le désir d’explorer une avenue n’auront aucun retentissement concret si vous gardez cela pour vous! Mais quand on en parle autour de soi, cela produit deux effets. D’abord, on engage sa parole, d’une certaine façon, puisque notre entourage nous en parlera: «Puis, ton livre, ça avance?» Si vous saviez le nombre de trucs (mandats professionnels ou projets personnels) que j’ai complétés par orgueil! 😉 Ensuite, j’ai remarqué que le fait d’en parler «attire» bien souvent les bonnes personnes pour en permettre la réalisation. Si on est informé de votre intérêt, l’information circule et il y a bien plus de chances qu’on vous propose quelque chose en ce sens. Bah, cela fait quelque fois que j’exprime mon désir de trouver un mécène pour m’envoyer en Europe… qui sait? Hi hi!

4. La chance est un élément non négligeable dans la réussite entrepreneuriale. Eh oui, rien ne sert d’être hypocrite, il est vrai que le facteur chance intervient souvent en affaires. Être au bon endroit au bon moment, rencontrer «par hasard» la personne qu’il faut, voir ou entendre quelque chose qui nous permet de débloquer une situation sur laquelle on butait depuis quelques temps… Mais en même temps, s’agit-il vraiment de chance ou bien d’une sorte de synchronicité qui s’installe et «fait arriver les choses», quand on est connecté à sa passion et aux humains qui nous entourent? Je n’ai pas la réponse à cette question. Je continue à m’interroger…

5. Rigueur et persévérance sont garantes de succès. Ces jours-ci, j’ai le grand bonheur de collaborer à nouveau avec un homme pour lequel j’ai beaucoup d’estime, Jean-Robert Leclerc, ancien président des Biscuits Leclerc. J’apprends beaucoup en côtoyant monsieur Leclerc, notamment au chapitre de la rigueur: l’entreprise qu’il a dirigée existe depuis 111 ans, de père en fils, et ce n’est pas par hasard! Être exigeant envers soi-même, se perfectionner, mettre du temps et de la constance dans les efforts, voilà qui mène à la réussite, bien plus que des attitudes défaitistes. Mais attention, il ne faut pas confondre persévérance et entêtement. Ce qui m’amène au point suivant.

6. Oser écouter son instinct. Ah! l’instinct. Dans les sphères intellectuelles, c’est un élément qu’on a tendance à mettre de côté au profit d’arguments rationnels. Pourtant, être à l’écoute de ses sensations, de son feeling par rapport à un projet, à une personne, à un client, c’est indispensable. Dans les dernières années, il m’est arrivé à trois reprises de faire fi de cette petite voix (qui me prévenait que quelque chose ne marchait pas) et de m’entêter en me «raisonnant»: que pensez-vous qu’il s’est produit? Ces trois expériences ont été insatisfaisantes, voire éprouvantes. Je m’en suis sortie, j’ai appris, certes… mais à quel prix! Bref, le jugement combiné à l’instinct, c’est gagnant. Et dorénavant, quand je ne «sens» pas quelque chose, je rectifie le tir.

7. L’innovation et le développement aident à se renouveler. J’en avais parlé un peu dans mes billets sur le métier d’historien (voir partie 1 et partie 2), mais l’ouverture à la nouveauté est comme un vent frais qui vient aérer une pièce et l’empêcher d’accumuler trop de poussière. Je n’ai jamais compris que certaines personnes fassent la même conférence depuis 20 ans, écrivent des articles qui parlent toujours de la même chose, ou exercent leur profession de manière identique à ce qu’ils ont toujours fait. Le monde change, nous devons changer aussi, au risque de s’encroûter. Par exemple, mes trucs sur l’histoire des boissons sont bien sûr mon «fond de commerce» depuis mon doctorat, mais j’ai peaufiné ma manière d’en parler (avec dégustation: une formule qui plaît beaucoup!) et, surtout, exploré plein d’autres champs. Et je continue de le faire. J’aime me lancer des défis.

8. Être proactif: démarrer des projets et proposer des collaborations. Ce constat ne s’applique peut-être pas à tous les domaines, mais dans celui où j’exerce, c’est une attitude qui m’a bien servie jusqu’à présent. Communiquer avec des réalisateurs pour proposer des chroniques d’histoire, avec des rédacteurs pour offrir des articles sur des sujets précis, avec des responsables de sociétés d’histoire pour indiquer mon intérêt à faire des conférences… Si j’étais restée «sagement» dans mon bureau à attendre les mandats, je pense que bien des choses se seraient passées autrement! Et j’admets que c’est très satisfaisant, d’un point de vue personnel, lorsqu’une démarche porte fruit!

Photo: Kendall Lane/Unsplash

Photo: Kendall Lane/Unsplash

9. Garder le focus, toujours. C’est si facile de se laisser submerger par les courriels, les réseaux sociaux, les médias électroniques, les vidéos d’enfants cutes ou d’animaux, les «p’tits jeux niaiseux», les pétitions, les trop nombreux abonnements à des sites, listes d’envois ou pages qui nous inondent de trucs… Certaines journées, j’avoue être plus dissipée et me laisser engluer par tout cela. Mais après 25 mois en affaires, je suis devenue plus efficace dans ma «gestion de l’essentiel» et j’en suis très fière! Je me fixe des objectifs hebdomadaires et, au jour le jour, des objectifs plus immédiats, ce qui m’aide à garder la concentration. Donnons la priorité aux priorités, comme disait l’autre.

10. En cas d’erreur, faire amende honorable et en tirer une leçon. Il m’est arrivé, comme à tout le monde, de commettre des erreurs. C’est humain, de se tromper! Au lieu d’en faire tout un plat et se terrer dans son lit pendant 6 mois, il me semble nettement préférable de présenter des excuses et de déterminer la marche à suivre pour éviter de refaire la même gaffe. Par exemple, une fois, je venais de finir de préparer un chouette article pour une revue et, tout heureuse de l’avoir terminé et envoyé, j’ai publié une mention à cet effet sur Facebook… oubliant l’embargo qui avait été demandé pour garder secrète la thématique du numéro. Je ferai sans doute encore bien des gaffes, mais certainement plus celle-là!

*

Voilà, il y aurait sans doute bien d’autre chose à dire, mais j’avais envie de témoigner ici, dans ce petit bilan, des éléments qui me semblent les plus significatifs. Si vous avez envie de réagir, que vous soyez entrepreneurs ou non, je vous y encourage!

Catherine

Historienne, auteure et conférencière, Catherine Ferland est spécialiste d’histoire de l’alcool et de la gastronomie et, plus largement, d’histoire culturelle du Québec. Elle participe régulièrement à des émissions de radio et de télé, en plus de faire des conférences aux quatre coins du Québec. Elle blogue au catherineferlandhistorienne.com et signe des collaborations gourmandes dans Le Devoir depuis 2012.