Revêtir la Nouvelle-France

1760-1775 copieÀ Québec, on se prépare pour les Fêtes de la Nouvelle-France qui auront lieu cette année du 6 au 10 août 2014. Même si je n’aurai sans doute pas le temps de me concocter un costume (je suis DÉ-BOR-DÉE ces temps-ci! mais que du bonheur, alors on ne râlera pas…) j’ai pensé vous partager quelques feuillets numérisés d’un livre très inspirant de Rodolphe Vincent, Notre costume civil et religieux (Montréal, Centre de psychologie et de pédagogie, c. 1965).

On trouvera ci-bas des idées intéressantes pour réaliser des costumes de paysans, de bourgeois, de nobles et de membres de communautés religieuses. C’est très centré sur la civilisation occidentale, alors il n’y a malheureusement rien relativement aux Amérindiens, aux traiteurs ou aux voyageurs, bref aux populations en marge des villes et villages bien «français» de la vallée du Saint-Laurent. Il est à noter que les illustrations ont été réalisées en s’inspirant de gravures, peintures et autres images de ces époques, ce qui leur confère une intéressante authenticité. On est à même de constater que le costume évolue assez rapidement dans ces années-là, certes pas aussi vite qu’aux XIXe et XXe siècles, mais quand même.

Détail amusant: je possède ce livre depuis que je suis enfant. Vous verrez d’ailleurs que mes images favorites sont marquées d’un petit cercle bleu ; il faut croire que l’habitude d’annoter mes bouquins a des racines lointaines! Et tant qu’à pousser la confession, je peux d’ailleurs affirmer que c’est l’un des premiers livres qui m’a donné le goût de l’histoire en me permettant d’apprécier de manière très visuelle la notion de «temps qui passe»… et ainsi piquer la curiosité historienne de la petite fille de 8-9 ans que j’étais alors!

Bonnes découvertes!

 

Les débuts: années 1605-1659

1605-1625

1625-1650

1650-1659

La consolidation de la colonie: 1659-1730

1659-1675

1675-1690

1690-1730

La fin de la colonie: 1730-1775

1730-1760

1760-1775

Des détails vestimentaires intéressants

détails régime français 1

détails régime français 2

Comme vous avez pu le voir, la «mode» était loin d’être immobile. Il y a évidemment des éléments du costume qui changent moins rapidement que d’autres, des détails qui perdurent pendant plusieurs décennies, mais la «ligne» évolue.

ligne du temps 1 copie

Outre les Fêtes de la Nouvelle-France, il y a quelques festivals ou occasions – l’Halloween, même – où un costume issu de notre passé peut s’avérer chouette. Alors bonne confection, si vous voulez aller dans cette voie!

Catherine

P.S. À tout seigneur, tout honneur: voici la couverture du livre dont ces pages ont été extraites:

couverture livre

Pacte culturel québécois: une idée à explorer

Il y a déjà quelques temps que je jongle avec cette idée. Une idée un peu folle, mais pas tant que cela. Une idée qui pourrait faire une différence si, comme par magie, des centaines – que dis-je, des milliers! – de personnes y adhéraient. Certains y adhèrent déjà sans le savoir! Cette idée, c’est celle d’une sorte d’entente tacite entre le Québécois et son Québec, un pacte volontaire par lequel chacun s’engagerait vraiment à soutenir la culture d’ici, sous toutes ses formes. Acheter, c’est voter, écrivait Laure Waridel. Je ne parle pas ici d’un engagement au sens politico-partisan-gauche-droite du terme, mais il y a effectivement une dimension politique: et si, une fois pour toutes, nous nous choisissions nous-mêmes?

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Le comédien québécois Antoine Bertrand incarnant Louis Cyr. Que la force soit avec nous! 🙂 Photo: lapresse.ca

Je suis toujours décontenancée quand quelqu’un me dit fièrement «Je suis Québécois» (et le pense!) mais se gave systématiquement de cinéma, de séries télé, de musique et de bouquins américains ou européens. Ça m’attriste, en fait. Pourquoi ne serions-nous pas assez fiers de notre culture pour que cette fierté transparaisse dans nos choix de consommation?

N’est-ce pas un peu «chauvin»? Eh bien peut-être l’est-ce un peu, effectivement. Y a-t-il du mal à cela? Le magnifique succès que remporte le film Louis Cyr depuis sa sortie le 12 juillet dernier constitue une belle occasion de se le rappeler.

«Et si, une fois pour toutes, nous nous choisissions nous-mêmes? Ne serions-nous pas plus forts?»

D’où l’idée d’un accord informel où nos actes seraient le prolongement de nos paroles.

Puisqu’il faut bien commencer quelque part,  voici des suggestions de clauses de cet étonnant pacte. On aime ça, les listes, il paraît. Alors allons-y gaiement!

Chaque année, le ou la signataire du Pacte culturel – catégorie bronze s’engagerait à:

  • Choisir au moins un film québécois au cinéma
  • Louer au moins trois films québécois au club vidéo
  • Acheter au moins un album de musique d’un artiste québécois
  • Lire un livre d’auteur québécois (tous genres confondus et peu importe l’année de parution)

À ces clauses, l’adhérent au Pacte culturel – catégorie argent ajouterait aussi:

  • Aller voir une pièce de théâtre (classique, expérimental, d’été, pour enfant… au choix!)
  • Aller voir une exposition dans un musée (peu importe la région ou le type de musée)
  • Aller à l’opéra ou à l’orchestre symphonique

Le ou la signataire du Pacte culturel – catégorie or pourrait encore y additionner:

  • Prendre un abonnement au théâtre (quatre ou cinq pièces)
  • Assister à un spectacle de danse (contemporaine, ballet, etc.)
  • Se faire un devoir d’amener un(e) ami(e) à quelques-unes de ces sorties culturelles pour devenir un «agent multiplicateur» de la culture d’ici
  • Acheter un tableau ou une œuvre d’un artiste québécois.
Les comédiens de la pièce Les marches à la pleine lune(Jimmy Doucet Productions) au Lac-Saint-Jean

Les comédiens de la pièce de théâtre «Les marches à la pleine lune» (Jimmy Doucet Productions) au Lac-Saint-Jean, 2013. Photo: Denis Hudon/ AFP

Qu’avons-nous à gagner? La connaissance réelle de «ce qui se fait ici» (autrement qu’en ayant regardé le dernier «Tout le monde en parle»…), le plaisir de découvrir de nouvelles choses et peut-être même de nouvelles passions. Et collectivement, nous avons bien sûr encore plus à gagner.

En ce moment, je peux honnêtement affirmer me situer dans la catégorie argent… avec des incursions dans la catégorie or lorsque mon budget me le permet. Je n’ai pas le câble, je n’ai pas de cellulaire, mais j’ai des œuvres d’art sur mes murs. C’est mon choix.

*

Permettez-moi de rêvez. Permettez-vous de rêver un peu, deux secondes. Et si, par ces choix somme toute assez simples, nous en venions à faire une différence pour un artiste, pour un écrivain? Est-ce que c’est toujours aussi fou?

Tant qu’à y être, on pourrait étendre la notion de culture à celle d’agriculture, en ajoutant des clauses gourmandes: accorder systématiquement la préférence aux fromages fins québécois, découvrir les alcools du Québec, s’abonner à un «panier d’agriculteur» pour soutenir les producteurs de sa région et, autant que possible, favoriser les achats de proximité pour la viande, les produits laitiers, les fruits et légumes.

Ben oui, pourquoi pas. Bien des gens de mon entourage le font déjà.

Et vous? Êtes-vous déjà, sans le savoir, un «signataire» de ce Pacte culturel québécois?

– Catherine